René-Gabriel Jacqueline

De Wikimanche

René, Gabriel Jacqueline né à Saint-Lô le 3 août 1889 et mort dans la même commune le 12 juin 1957 [1], maître-imprimeur, éditeur et libraire, est une personnalité économique de la Manche.

Maître-imprimeur de père en fils 

René, Gabriel Jacqueline, est, entre les deux guerres, une des grandes figures de Saint-Lô, où il dirige durant de longues années une célèbre imprimerie fondée en 1845 par son grand-père Anthénor, un descendant de la famille des fameux orfèvres Cousinet [2].

Il est le fils d’Alfred Jacqueline (1844-1895), l’imprimeur du Courrier de la Manche, qui a commencé sa carrière en Égypte comme employé à l’administration du canal de Suez [2]. À la déclaration de guerre en 1870, ce dernier s’est engagé au consulat d’Alexandrie et a combattu avec les troupes de Bourbaki [3].

Comme son père, René Jacqueline fait ses études chez les Oratoriens du collège de Saint-Lô qui s’installent à Agneaux en 1908 [2]. Mobilisé en 1914, il est un des premiers à découvrir en Champagne les terribles effets du gaz moutarde (ypérite). Il se marie le 5 mars 1917 avec Jeanne, Charlotte, Marie Chazalette [4]. Leur premier fils, Bernard nait le 18 mars 1918.

À peine démobilisé, il faillit être emporté par la terrible épidémie de grippe espagnole qui ravage alors l’Europe.

Après avoir d’abord dirigé l’imprimerie de la rue des Images avec sa mère Marie-Amélie Ruault, morte le 18 octobre 1916 [5], René Jacqueline s’emploie jusqu’à la fin de sa vie à développer l’entreprise familiale fréquentée par nombre de célébrités locales de l’époque, notamment par Louis Beuve, alors directeur du Courrier de la Manche [2].

Sous l’Occupation, ce chrétien fervent qui est président de l’Union catholique des hommes de 1930 à 1944 et président de la société de bienfaisance « La Fraternelle » n’hésite pas à imprimer clandestinement l’organe du réseau communiste « Front National » [2].

Comme de nombreux Saint-Lois, il prend avec les siens le chemin de l’exode à l’heure de la Libération [2]. À son retour, il trouve sa maison et son imprimerie anéanties par les bombes [2]. Il s’empresse de les reconstruire avec l’aide de son épouse. Aujourd’hui disparue, l’imprimerie Jacqueline, dirigée par son second fils Henri, quitte Saint-Lô en 1975 pour s’installer un temps à Sainte-Marguerite-d’Elle (Calvados) [2].

Il est inhumé au cimetière de Saint-Lô.

René Jacqueline est le père de Monseigneur Bernard Jacqueline, nonce apostolique, autre grande figure de Saint-Lô.

Notes et références

  1. Dates vérifiées le 26 août 2017 sur le site des archives départementales de la Manche, et revérifiées le 3 janvier 2019 ; le premier prénom est René, Gabriel est le second prénom. AD50, NMD Saint-Lô, an 1889 (5 Mi 1483), page 147/217, acte de naissance n° 148 (lire en ligne).
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 et 2,7 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.
  3. Denis Bourbaki sur Wikipedia.
  4. vérifié le 26 août 2017 sur le site des Archives départementales de la Manche.
  5. AD50, NMD Saint-Lô, an 1916 (3E 502/160), page 149/193, acte de décès (lire en ligne), consulté le 3 janvier 2019.