Pont de Pontaubault

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Le pont de Pontaubault lors du passage
du tramway d'Avranches à Saint-James.
Arrivée du mascaret au pont de Pontaubault.

Le pont de Pontaubault est un ouvrage d'art de la Manche, situé à Pontaubault et Saint-Quentin-sur-le-Homme.

Il est aussi appelé Pont Aubaud.

Description

C'est le premier pont permettant de franchir la Sélune, entre Saint-Quentin-sur-le-Homme (rive droite) et Pontaubault (rive gauche). Il se trouve sur l'ancienne route d'Avranches à Rennes, passant par Saint-James. Depuis l'apparition de l'autoroute 84, son utilisation est surtout locale.

C'est un pont routier à onze arches, construit en maçonnerie de pierres.

Une aire de pique-nique y est installée près du pont ferroviaire de la ligne Caen-Rennes, non loin des herbus où paissent des moutons de pré-salé. Lors des grandes marées, les spectateurs et les kayakistes sont nombreux à profiter du spectacle offert par le mascaret.

Histoire

Sa construction remonte au 15e siècle, près d'une ancienne voie romaine[1] d'Avranches à Rennes.

La tradition attribue la construction du pont à la reine Anne de Bretagne. Son origine pourrait bien remonter à Charles VIII. Peu éloigné de la Bretagne, il était considéré comme le symbole de leur mariage et de l’union de la Bretagne à la Normandie et à la France [2].

Initialement, il est très étroit, doté de quinze arches dont certaines en ogive et les tailloirs s'élèvent comme des clochetons au-dessus du parapet. Au 19e siècle, une restauration l'élargit, enterre deux arches, cintre les voûtes, abaisse les tailloirs et aiguise leur angle [2].

Chouans et bleus s'affrontent ici en de violents combats en 1793 [1].

De 1901 à 1938 le tramway d'Avranches à Saint-James franchit la Sélune sur ce pont.

Le 16 juillet 1944, il résiste aux attaques des escadrilles de « Liberators » sur Pontaubault, le parapet n'est que partiellement détruit [3].

Le 24 juillet 1944, vers quinze heures, des chasseurs bombardiers, plongeant en piqué sur les ponts, atteignent à nouveau le parapet, qui est réparé dans la nuit [3].

Le 31 juillet 1944 : le jour de la libération de Pontaubault , la commune est sinistrée à 70 %, mais le pont routier est toujours debout. Le lendemain, à l'issue de l'opération Cobra la troisième armée américaine du général Patton peut s'engouffrer en Bretagne par ce pont. Deux arches endommagées ne permettent la circulation que sur une voie, il est doublé d'un pont mobile quelques dizaines de mètres en amont. Il voit passer sept divisions alliées en 72 heures 100 000 hommes et 1 500 véhicules qui avancent au pas d'un homme [4].

C'est un passage emblématique de la voie de la Liberté. Une plaque commémorative rappelle que « le sort de la guerre tenait à ce pont ».

Le pont est ensuite emprunté par la 2e DB du général Leclerc qui se dirige vers Saint-James.

À Pontaubault, l'espace François-Mutschler, présente une maquette de ce pont lors du passage de l'armée de Patton.

Bibliographie

  • Hippolyte Sauvage, « Après la Guerre de Cent ans, le pont de Pontaubault », Revue de l'Avranchin : bulletin... de la Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches et de Mortain, éd.Durand, 1900 (lire en ligne)

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Plaque commérative fixée sur le parapet
  2. 2,0 et 2,1 Édouard Le Héricher, Avranchin monumental et historique, éd. Tostain, Avranches, 1845, p. 135-140.
  3. 3,0 et 3,1 Panneau pédagogique de la voie de la Liberté.
  4. Pontaubault, Espace François-Mutschler, plaquette municipale, juin 2019.

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