Pré salé

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Moutons sur les prés salés

Les prés salés aussi appelés communément herbus ou encore schorre par les géologues sont présents dans la Manche, le long des côtes basses.

Il s'agit d'étendues plates submersibles lors des grandes marées, couvertes d'un tapis végétal herbacé et faites d'un sol constitué d'un matériel fin, tangue ou vase [1], où serpentent des chenaux encaissés nommés « criches ».

Leur superficie est en constante évolution. Leur avancée dans la baie du Mont-Saint-Michel est à l'origine de l'opération de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.

Un peu de géologie

Criche dans le havre de Regnévile

Les marais littoraux s’étendent sur toute la zone de balancement des marées. Ces étendues se trouvent entre les niveaux de la marée basse et la marée haute des vives eaux.

Ils constituent des espaces de nourrissage et de repos pour de nombreux oiseaux notamment lors des migrations.

Un marais salé littoral comporte deux parties :

  • la slikke (du néerlandais "slijk" = "boue") qui est la partie basse, immergée à chaque marée
  • le schorre (du néerlandais "schor" = "pré salé") qui commence au-dessus des marées de morte-eau.

La fréquence et la durée des inondations varient en fonction des coefficients de marée et du niveau topographique. Les conditions de vie dans ces marais sont ainsi déterminées par le cycle des marées.

En période de submersion, la teneur en sel correspond plus ou moins à la teneur en sel de l’océan. En période d’émersion, la teneur en sel peut être variable. En période estivale, la salinité peut être très élevée suite à l’évaporation de l’eau. Des précipitations pendant la période d’émersion entraînent la dessalure de la vase.

Les marais littoraux sont des milieux riches en éléments nutritifs et par conséquent très productifs. Ils sont alimentés en matière organique par les rivières débouchant sur les côtes ainsi que par le milieu marin.

Dans un tel habitat extrême, peu d’espèces peuvent survivre, mais celles-ci se développent, en absence de concurrence par d’autres espèces et grâce à la richesse en éléments nutritifs, souvent de façon abondante.

Flore

Les prés salés sont couverts d'une végétation halophile (qui aime le sel). Les espèces sont exposées à des cycles de submersion et d’émersion par l’eau de mer. Au cours d’une journée, la teneur en sel dans le sol peut ainsi varier de façon importante.

La végétation est formée d’obione, de fétuque, de salicornes, d’aster maritime, de troscart maritime, de spartine maritime et de spartine de Townsend (le chiendent maritime, importé en France depuis l’Angleterre pour fixer les dunes). Le problème actuel est la prolifération du chiendent maritime constaté par les écologues depuis 1991 ; il concurrence les autres espèces plus profitables aux moutons (l’obione et la fétuque).

L'obione pédonculée, présente à Courtils est particulièrement menacée de disparition.

Faune

Les prés salés sont utilisés par les éleveurs comme pâture pour les moutons, fournissant les agneaux de pré-salé, mais aussi pour les bovins.

En hiver, les herbus constituent des zones privilégiées pour l'hivernage des oiseaux migrateurs comme les bernaches cravant ou les tadornes de Belon.

Par ailleurs, c’est dans les herbus que naissent les jeunes bars, dans les « criches », légers talwegs par lesquels l’eau salée s’échappe vers la mer à marée descendante et où pondent les bars adultes.

Répartition dans la Manche

Menaces sur les prés salés

  • changements dans les processus de sédimentation (érosion ou ensablement)
  • aménagement du littoral
  • remblaiements
  • activités conchylicoles et piscicoles
  • pollutions marines

Notes et références

  1. Fernand Verger, « Slikkes et Schorres : milieux et aménagement », Norois, n°165, janvier-mars 1995, p.236 (lire en ligne)

Voir aussi