Jean-Marie Hervagault

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Jean-Marie Hervagault.

Jean-Marie Hervagault, né à Saint-Lô le 20 septembre 1781, mort au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) le 8 mai 1812, est une personnalité de la Manche.

Il est connu pour avoir prétendu être Louis XVII (1786-1795), fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

Fils de prince et faux dauphin [1]

On le présente souvent comme le fils d’un tailleur d’habits de Saint-Lô, Jean-François Hervagault, et d’une séduisante dentellière, Nicole Bigot. Son véritable géniteur était en réalité le duc de Valentinois, comte de Torigni et fils du prince de Monaco. Alors qu’elle est servante chez le duc à Versailles, Nicole Bigot a des relations très étroites avec son maître. L’annonce de la fâcheuse grossesse nécessite un mariage rapide. Le duc n’a aucune peine à convaincre un autre de ses serviteurs d’accepter d’épouser la belle Nicole. Le mariage a lieu en 1781 et les jeunes époux s’empressent de venir s’établir à Saint-Lô ou Jean-Marie voit le jour la même année.

Le garçon ne tarde pas à décevoir ses parents. À douze ans, il s’enfuit de chez lui et se met à sillonner l’Ouest en commettant escroquerie sur escroquerie. Arrêté une première fois à Cherbourg où on le trouve couvert de bijoux, il s’évade à la première occasion. Il fait ensuite connaissance avec les prisons de Vire, de Chalons-sur-Marne, etc.

Après la Révolution, il tente l’escroquerie de sa vie d’aventures et d’équipées en se faisant passer à son tour pour le légitime héritier de la couronne, le jeune et infortuné Louis XVII. Il raconte avoir été enlevé du Temple par des serviteurs fidèles qui l’ont caché dans une voiture pleine de linge sale. Cette fable fait beaucoup de dupes auxquels Hervagault parvient à soutirer une petite fortune. Arrêté une dernière fois en l’an X, il est condamné à quatre ans de prison. Il meurt en 1812 à la prison de Bicêtre.

Pas plus que les précédentes, cette condamnation n’a entamé la confiance de nombre de ses « fidèles » qui, pendant longtemps, croient que Jean-Marie Hervagault est bel et bien le fils de Louis XVI. Il est vrai que le jeune homme exerce une grande séduction sur ses victimes. Un chroniqueur de l’époque rapporte que ce faux dauphin est très beau, qu’il a l’air candide et qu’il s’exprime avec beaucoup de distinction.

Les aventures de Jean-Marie Hervagault ont inspiré de nombreux écrivains. Un des ouvrages les plus connus est celui du Docteur Vast, Un faux dauphin, Hervagault ou le mystère du Temple (Payot – 1929).

Bibliographie

  • Fernand Maloisel, « Un curieux Saint-lois : Jean-Marie Hervagault dans nombre du Dauphin », Revue du département de la Manche, fasc. 40, octobre 1968, p. 290-332
  • Dr M. Guilbert, « Le faux dauphin Jean-Marie Hervagault était-il un malade mental ? », Revue du département de la Manche, fasc. 43, juillet 1969, p. 360-365

Notes et références

  1. Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, t. 1, éd. Eurocibles, Marigny, 2001, ISBN 2914541090.