Beuzeville-sur-le-Vey

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Site de Beuzeville-sur-le-Vey sur la carte de Cassini.

Beuzeville-sur-le-Vey est une ancienne commune de la Manche, aujourd'hui Les Veys.

Toponymie

Attestations anciennes

  • Bosevilla s.d. (12e s. ?) [1].
  • Beusevilla super Vada 1213 [1], 1273 [2].
  • Bosevilla super Vada 1280 [1].
  • ecclesia de Beusevilla 1332 [3].
  • Beusevilla supra Vada 1351/1352 [4].
  • Beuseville sur le vey 1436 [5].
  • Beuseville sur le Vay 1551 [6]
  • Beuzeville sur le Vé 1589 [7].
  • Beneuille [lire Beu[z]eville] 1620 [8].
  • Beuzeville 1634 [9].
  • Beneuille [lire Beu[z]eville] 1635 [10].
  • Beuzeville sur le Vey 1612/1636 [11].
  • Buzeuille sur Vada [sic; lire Buzeville] 1648 [12].
  • Beuzeville sur le Vey 1677 [13].
  • Beuseville sur le Vay 1689 [14].
  • Beuseville 1695 [15].
  • Beuzeville 1709 [16].
  • Beuzeville sur le Vey 1713 [17].
  • Beuseville 1716 [18].
  • Beusville sur le Vay 1719 [19].
  • Beuzeville-sur-le-Vey 1735 [20].
  • Beuseville sur le Vey 1736 [21].
  • Beuseville sur le Vay 1757 [22].
  • Beuzeville sur le Vay 1763 [23].
  • Beuzeville sur le Vay 1753/1785 [24].
  • Beuzeville sur le Vey 1793 [25].
  • Beuzeville-sur-le-Vey 1801 [26].
  • Beuzeville-sur-le-Vay 1802 [27], 1804 [28].
  • Beuzeville-sur-le-Vé 1828 [29].
  • Beuzeville-sur-le-Vey 1829 [30], 1830 [31], 1837 [32].
  • Beuzeville sur Levey 1854 [33].
  • Beuzeville-sur-le-Vey 1903 [34].

Étymologie

Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). L'ensemble des spécialistes s'accorde à penser que le premier élément est l'anthroponyme (nom de personne) d'origine germanique (francique) Boso [35], d'où le sens global de « domaine rural de Boso » [36]. L'emploi de ce nom au Moyen Âge en Normandie paraît également à l'origine du nom de famille BEUX, centré sur la Seine-Maritime.

Un souci d'exhaustivité nous pousse à considérer une autre hypothèse concernant ce premier élément, qui n'a apparemment été avancée par personne, à notre connaissance : celle d'un nom de personne scandinave, ce qui n'aurait ici rien d'extraordinaire. En l'occurrence, l'ancien norois Bósi, particulièrement bien attesté dans les sources danoises et suédoises (ancien danois Bosi, ancien suédois Bose), ainsi qu'en ancien norois de l'ouest sous la forme Bósi [37]. On le relève aussi en Angleterre sous les formes Besy, Besi, reposant sur la variante Bøsi [38]. Il s'agit tantôt d'un nom individuel, tantôt d'un sobriquet, dans les deux cas issu de l'ancien norois bósi « dodu, grassouillet; joufflu » [39]. En tout état de cause, on peut supposer une réfection francique de ce nom en Normandie, qui devient alors indifférenciable de Boso, et à laquelle pourrait également se rattacher le patronyme BEUX.

Le déterminant -sur-le-Vey, attesté aux 13e et 14e siècles sous les formes latinisées super Vada, supra Vada « sur les Veys », fait référence à la baie des Veys près de laquelle l'agglomération se trouve, et dont le nom est issu de l'ancien normand vei, vey, , forme dialectale normano-picarde du français gué (voir Les Veys). Plus précisément, la forme singulière -sur-le-Vey évoque le Petit Vey, gué sur la Vire près duquel l'ancienne paroisse était située.

À partir de la fusion de Beuzeville-sur-le-Vey avec Auville-sur-le-Vey en 1837 pour former la commune des Veys, le nom de Beuzeville ne figure plus que très rarement sur les cartes. Il en a aujourd'hui totalement disparu, et correspond au hameau de l'Église aux Veys sur la carte IGN.

Histoire

  • Du 14e au 15e siècle, le fief de Beuzeville passa par héritage et échanges des DE PIROU aux MEURDRAC et enfin aux DE BEUSEVILLE. Voir le document d'archives qui s'y rapporte à la page correspondante.
  • Au 16e siècle, Beuzeville-sur-le-Vey était réputée pour ses pommes à cidre, comme en atteste Julien du Paulmier, auteur d'un Traité du vin et du sidre en 1589 [7] : « Les meilleurs sidres de la Normandie se trouvent en Costentin, & en premier lieu à Beuzeville sur le Vé, chez le sieur duquel lieu se trouvent Chevalier, pomme rayee de rouge, grosse comme un œuf ou plus, aigrette comme Passe-pomme : mais plus succulente, de couleur un peu vermeille au dedans. Le pommier est moyen, & de menu bois. »

La commune fait partie du canton de Montmartin-en-Graignes avant d'intégrer celui de Carentan en 1801.

Elle fusionne en 1837 avec Auville-sur-le-Vey pour former la commune des Veys.

Démographie

Sous l'Ancien régime

Sous l'Ancien régime, le dénombrement des populations se fait généralement par feux, c'est-à-dire par foyers. Le nombre de personnes habitant sous un même toit variant beaucoup suivant celui d'ascendants et d'enfants [40], ces données sont donc relatives, mais donnent néanmoins une idée de l'évolution démographique.

Depuis la Révolution

Évolution démographique depuis 1793 (Sources : Cassini [42] et INSEE [43])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
420 469 536 477 490 496
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.


Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
.......-1798 Pierre Paul Patin ...1794-
1798-1800 Jacques Gosselin
1800-1807 Pierre Paul Patin décédé en exercice le 17 septembre 1807
1808-1829 Jacques Pigault décédé en exercice le 26 août 1829
1829-1831 Antoine Touzard
1831-1836 Jean Trainel
Source  : liste établie par Jean Pouëssel et Véronique Couillard pour 601 communes et lieux de vie de la Manche. [44]
.



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Saint-Martin.
  • Patron (présentation) : patron laïc, le seigneur local; Jean de Pirou en 1332.
  • Fête patronale : ?

Personnalité liée à la commune

Naissance

Notes et références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 79-80.
  2. Julie Fontanel, Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 356, § 227.
  3. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 329B.
  4. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 375F.
  5. Cartularium Familia de Vernon et de La Haye [BNF, Nouv. acq. fr. 10682, Philipps MS 4395].
  6. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. I), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXI, Caen, 1892, p. 156.
  7. 7,0 et 7,1 Julien du Paulmier, Traité du vin et du sidre, Caen, 1589 (rééd. Éditions des champs, Bricqueboscq, 2003), p. 51.
  8. Damien de Templeux, Description du pais de Normandie, Jean le Clerc éd., 1620 [Archives départementales du Calvados, cote CPL 147].
  9. Sébastien Cramoisy, Carte générale de toutes les costes de France tant de la mer Océane que Mediterranée, 1634 [BNF].
  10. Normandia Ducatus (carte du duché de Normandie), Atlas Van der Hagen, 1635.
  11. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BNF, ms. fr. 4620].
  12. « Benefices du dioceze de Coutances », p. 14, in Pouillié general contenant les benefices de l’Archevesché de Rouen […], chez Gervais Alliot, Paris, 1648.
  13. 13,0 et 13,1 Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BNF, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  14. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BNF, collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  15. P. Mortier / H. Jaillot, Le Duché et Gouvernement de Normandie divisée en Haute et Basse Normandie, Amsterdam, 1695.
  16. 16,0 et 16,1 Dénombrement du Royaume par Generalitez, Elections, Paroisses et Feux, vol. II, Saugrain, Paris, 1709, 53a.
  17. Dénombrement des généralités de 1713 [BNF, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  18. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  19. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  20. 20,0 et 20,1 Nouveau dénombrement du royaume par generalités, elections, paroisses et feux […], t. II, Impr. Pierre Prault, Paris, 1735, p. 53a.
  21. Bernard Jaillot, Carte topographique du diocèse de Bayeux, Paris, 1736 [BNF, collection d’Anville, cote 00260 B].
  22. L. Brion de la Tour, Recueil des Côtes Maritimes de France, Desnos, Paris, 1757, carte n° 9.
  23. 23,0 et 23,1 Abbé Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Amsterdam, t. I, 1763, p. 629a.
  24. Carte de Cassini.
  25. Site Cassini.
  26. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
  27. A. F. Lecousturier l’aîné et F. Chaudouet, Dictionnaire géographique des postes aux lettres de tous les départemens de la République française, Valade, Paris, an IX (1802), t. I, p. 118b.
  28. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 325c.
  29. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 394.
  30. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement de Saint-Lô, p. 154.
  31. J. G. Masselin, Dictionnaire universel de géographie physique, commerciale, historique et politique du Monde Ancien, du Moyen Age et des Temps Modernes comparées / Dictionnaire universel de géographie, t. I, Auguste Delalain, Paris, 1830, p. 148b.
  32. Dictionnaire géographique universel ou description de tous les lieux du globe sous le rapport de la géographie physique et politique, de l’histoire, de la statistique, du commerce, de l’industrie, etc., etc., Sociétés de Paris, Londres et Bruxelles pour les publications littéraires, Bruxelles, 1837, t. I, p. 325a.
  33. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  34. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  35. Plus précisément, il s'agit d'une forme adjectivale Bosa « de Boso », accordée avec villa.
  36. L'anthroponyme Boso est l'hypocoristique d'un nom germanique dont le premier élément est bos- « mauvais », tels que Boswald; cf. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques), 1968, p. 60b. L'élément bos- repose sur le radical germanique commun °baus- « enflé, gonflé », d'où « en colère; violent, emporté », et enfin « méchant, mauvais » (cf. ancien saxon bōsi; allemand böse, néerlandais boos « méchant, mauvais »; norvégien baus « fier; violent, emporté »), dérivé de la racine indo-européenne °bʰeu- « gonfler », au degré en o, soit °bʰou-; cf. également l'anglais to boast « se vanter », initialement « se gonfler ».
  37. Lena Peterson, Nordiskt runnamnslexikon, Språk- och folkminnes-institutet, état du 30/09/2005, s.n. Bósi.
  38. Gillian Fellows-Jensen, Scandinavian Personal Names in Lincolnshire and Yorkshire, Copenhagen, Akademisk Forlag, 1968, p. 70, s.n. Bøsi.
  39. Ce mot repose lui aussi sur le germanique commun °baus- « enflé, gonflé ».
  40. Une moyenne de 5 à 6 personnes semble cependant le chiffre le plus vraisemblable.
  41. Chiffre donné pour mémoire; en effet, le Dictionnaire géographique de l'abbé Expilly ne fait que reprendre, pour la démographie, les données du Nouveau dénombrement du royaume de 1735.
  42. Population avant le recensement de 1962
  43. INSEE : Population depuis le recensement de 1962
  44. « 601 communes et lieux de vie de la Manche », René Gautier et 54 correspondants, éd. Eurocibles, 2014, p. 367