Olivier Stirn

De Wikimanche

Olivier Stirn (1989).

Olivier Stirn, né à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 24 février 1936, est un homme politique de la Manche.

Sa principale particularité a été d'appartenir à des majorités de droite, puis de gauche, avant de revenir à droite, ce qui lui vaut une forte réputation d'opportunisme [1]. Il a notamment été député (PS) de la Manche (1986-1988), puis de la circonscription de Cherbourg (1988) et éphémère président de la Communauté urbaine de Cherbourg.

Biographie

Élève au lycée Janson de Sailly, il entre à Sciences-Po et suit des études de droit public et de science politique à Paris.

Fils d'Alexandre Stirn, préfet honoraire et magistrat à la Cour des comptes, petit-fils de Myrtil Stirn, également préfet, Olivier Stirn embrasse aussi la préfectorale, devenant chef de cabinet du préfet de la Meuse en mars 1961 [2]. Il arpente ensuite rapidement les palais de la République, enchaînant les postes de chargé de mission, dans les cabinets de Louis Jacquinot, ministre d'État chargé des DOM-TOM (1964), de Jean Charbonnel, secrétaire d'État aux Affaires étrangères chargé de la Coopération (1966-1967) et de Jacques Chirac, secrétaire d'État aux Affaires sociales, chargé des problèmes de l'emploi (1967-1968).

Parrainé par Jacques Chirac [2], il s'implante localement à Vire (Calvados) comme député UDR (1968), conseiller général (1970) et maire de la ville (1971). Bon orateur et parlementaire actif, il devient délégué national aux questions sociales de l'UDR puis est nommé secrétaire d'État auprès du ministre chargé des Relations avec le Parlement (1973-1974). Son ascension rapide et sa jeunesse lui valent le surnom de « Kennedillon du Bocage » [2],[3].

En 1974, il signe l'« appel des 43 » membres de l'UDR qui soutient Valéry Giscard d'Estaing au détriment de Jacques Chaban-Delmas [2]. Il reste au gouvernement comme secrétaire d’État aux Départements et territoires d’outre-mer (1974-1978), négociant l'indépendance des Comores en 1975 et de Djibouti en 1977. Il désire départementaliser l'outre-mer, ce qu'il fait pour Saint-Pierre-et-Miquelon, mais doit donner l'autonomie à la Nouvelle-Calédonie et à la Polynésie en 1976 et 1977, face aux pressions indépendantistes.

S'éloignant progressivement de Jacques Chirac au bénéfice d'une aspiration plus centriste, il ne le soutient pas lorsque ce dernier quitte Matignon en août 1976, et rompt définitivement lorsque l'ancien Premier ministre se présente à la mairie de Paris en janvier 1977, contre le giscardien et calvadosien Michel d'Ornano [2]. Olivier Stirn quitte alors le RPR et fonde le Mouvement des sociaux-libéraux (MSL) le 10 février 1977 et le Carrefour social-démocrate le 7 juillet, avant de fondre le MSL le 20 juillet dans le Parti radical valoisien, alors partie constitutive de l'UDF [2]. Il devient secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères du 3e gouvernement Barre, en avril 1978 [2], jusqu'à la victoire de François Mitterrand à la présidentielle de 1981 suivie de la victoire de la gauche aux législatives à laquelle il résiste en étant réélu au premier tour.

Rapidement en opposition au leader des radicaux, Jean-Jacques Servan-Schreiber, il annonce la relance du MSL en octobre 1981, souhaite la fin de l'UDF en février 1982, réunit les réformistes au sein du Lien en juillet, brigue la présidence du Parti radical, vote ou s'abstient régulièrement au profit du gouvernement socialiste. Séduit par le projet des États-Unis d'Europe prôné par Maurice et Edgar Faure, il finit par quitter le Parti radical en mars 1984, pour créer l'Union centriste et radicale (UCR) [2]. Aux élections européennes de 1984, il est tête de liste de l’Entente radicale écologiste pour les États-Unis d'Europe (ERE, unissant UCR, le Parti radical de gauche et certains écologistes dont Brice Lalonde) et obtient 3,32 % des voix.

À cette époque, Le Canard enchaîné le surnomme « l'Andouille de Vire », puis « l'Andouille de Vire à gauche ». Il change alors de département d'élection, en prenant la tête, malgré les réticences locales, de la liste socialiste dans la Manche en 1986 sans avoir sa carte au PS [2]. Il obtient un très bon score qui permet à la gauche manchoise d'avoir deux représentants à l'Assemblée, pour la première fois de son histoire, et la seule avant 26 ans.

Il adhère au Parti socialiste en mai 1986 et devient délégué national chargé de l'ouverture au centre[2].

En 1988, il succède à Louis Darinot dans la circonscription de Cherbourg.

Ministre du tourisme du gouvernement Rocard, il démissionne de son mandat parlementaire au profit de son suppléant, Bernard Cauvin. Après les municipales de mars 1989, il est élu président de la communauté urbaine de Cherbourg. Un an plus tard, il présente une motion au congrès du Parti socialiste de Rennes avant de la retirer au profit de son soutien à celle de Laurent Fabius [2].

Ayant espéré un portefeuille plus prestigieux, il cherche à asseoir son importance politique, face aux ministres centristes d'ouverture (Michel Durafour et Jean-Pierre Soisson notamment) et lance en décembre 1988, l'association Dialogues 2000, qui réunit les courants socialistes et des personnalités de gauche (Marceau Long, Pierre Eelsen, Pierre Bergé, Régine Deforges...) [2]. Mais il est contraint de renoncer à ses fonctions ministérielles en 1990, pour avoir payé des auditeurs pour assister à un colloque sur l'avenir de la gauche. Il quitte en même temps le conseil municipal de Cherbourg, sous la pression de la majorité socialiste locale, et donc sa fonction de président de la Communauté urbaine de Cherbourg. On lui confie peu après une mission diplomatique [3].

Après avoir échoué à reprendre son siège de député de Vire à René Garrec aux législatives de 1993, il rejoint en 1994 le Mouvement des réformateurs de Jean-Pierre Soisson, comme lui ancien ministre d'ouverture dans le gouvernement Rocard, puis annonce son soutien à Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1995. Aux élections régionales bas-normandes de 1998, il présente avec Corinne Lepage une liste dissidente à celle menée par le président RPR sortant René Garrec sans obtenir de siège. Il intègre ensuite l'Union pour un mouvement populaire, où il est conseiller du président.

En 2004, il publie Mes Présidents, illustrant par ce titre un record particulier, celui d'avoir appartenu à tous les partis présidentiels, pour chacun des six premiers présidents de la Ve République. Dans ce livre, il se qualifie de « gaulliste de gauche » et fait part de son soutien à Nicolas Sarkozy.

En 2009, il devient conseiller à la présidence de la République, puis intègre en août 2010 la direction de l'UMP comme secrétaire national en charge de la diversité.

Olivier Stirn est également président d'honneur du Club Nouveau Siècle de la Manche.

Mandats

  • 1968-1973 : député du Calvados (5e circonscription, Vire)
  • 1978-1978 : député du Calvados (5e circonscription, Vire)
  • 1981-1986 : député du Calvados (5e circonscription, Vire)
  • 1986-1988 : député de la Manche
  • 1988-1988 : député de la Manche (5e circonscription, Cherbourg)
  • 1971-1989 : maire de Vire (Calvados)
  • 1989-1990 : conseiller municipal de Cherbourg
  • 1989-1990 : président de la Communauté urbaine de Cherbourg

Fonctions gouvernementales

  • 1973-1974 : secrétaire d'État auprès du ministre chargé des Relations avec le Parlement
  • 1974-1978 : secrétaire d'État aux DOM-TOM
  • 1978-1981 : secrétaire d'État aux Affaires étrangères
  • 1988-1988 : secrétaire d'État aux DOM-TOM
  • 1988-1990 : ministre délégué au Tourisme

Notes et références

  1. « Gaulliste sous de Gaulle, pompidolien sous Pompidou, giscardien sous Giscard d'Estaing, mitterrandien sous Mitterrand, mais aussi chiraquien, barriste, radical, jospiniste, rocardien, fabiusien » selon Le Monde du 6 juillet 1990.
  2. 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 2,09 2,10 et 2,11 Anne Chaussebourg, « La valse des étiquettes Du gaullisme au socialisme... », Le Monde, 6 juillet 1990.
  3. 3,0 et 3,1 Philippe Alexandre, Dictionnaire amoureux de la politique, Plon, 2011.