Léonor-Joseph Havin

De Wikimanche

Léonor-Joseph Havin, né à Paris le 13 germinal an VII et mort à Torigni-sur-Vire le 12 novembre 1868, est un homme politique et un journaliste de la Manche.

Portrait et signature de Léonor-Joseph Havin.

Carrière politique

Monument en sa mémoire dans les années 1900, à Saint-Lô, œuvre d'Arthur Le Duc .

Fils du député régicide Édouard-Léonor Havin, Léonor Havin grandit en exil [1].

De retour en France, il s'inscrit activement dans l'opposition libérale de la fin de la Restauration[1], et, avec la Monarchie de Juillet, est élu député de la Manche le 5 juillet 1831 et le restera jusqu'au 26 mai 1848 [2].

Maire et conseiller général de Torigni-sur-Vire (1835-1852 et 1862-1868) [2], Léonor-Joseph Havin préside le Conseil général de la Manche de 1839 à 1844 et de nouveau en 1848 [2].

Il est nommé commissaire général du gouvernement dans la Manche (nom alors du préfet) le 26 février 1848. Il reste en poste seulement jusqu'au 1er mars de la même année.

Conseiller d'État à partir de 1849, il démissionne deux ans plus tard en protestation du coup d'état du Napoléon III [1].

Il est de nouveau député du 31 mai 1863 jusqu'à sa mort, en 1868 [2]. Pendant son premier mandat, il siège dans les rangs de la gauche dynastique. Il est vice-président de la Constituante. Il soutient Cavaignac contre Louis-Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle.

Carrière journalistique

À la mort de Louis-Marie Perrée, en 1851, sous le Second Empire, le conseil d'administration du quotidien d'opposition républicain et laïque Le Siècle à Paris, lui offre la place de directeur politique et de rédacteur en chef. : - « Havin, avec sa barbe en collier, sa parole lente, son action laïque, est un symbole. Il est dans le journalisme ce que Béranger est dans la poésie. » [3]. Il occupe le poste jusqu'à sa mort.

Ce journal, très lu et redouté du gouvernement, au point que selon Ludovic Halévy, « braver les foudres du Siècle serait compromettre une carrière » [1], fait d'Havin l'un des hommes les plus influents de cette période, puissance dont il sait jouer, comme quand il sollicite en 1858 une audience à l'empereur quand son journal est menacé de disparition. Pour obtenir les grâces de Napoléon III, il promet de soutenir la politique française en Italie, contre la presse catholique [1].

Opinions de ses contemporains

D'après Alexis de Tocqueville, qui ne l'apprécie guère, il se sert de son collègue Narcisse Vieillard « comme le mineur pousse devant soi son gabion » [4].

Pour Arthur de Boissieu, Havin « fut journaliste sans savoir écrire, député sans savoir parler, influent sans savoir agir. Content de lui et parfois des autres, il ne manquait ni de finesse, ni de fortune, ni de tenu. Il employait son crédit à défendre son bénéfice et son capital à servir ses intérêts [1]. »

Bibliographie

Sur Leonor-Joseph Havin
  • Eugène de Mirecourt, Havin, éd. Achille Faure, 1867
  • Léon Deries, « Un député et un évêque : Léonor Havin et Mgr Bravart  », Notices, mémoires et documents publiés par la Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle du département de la Manche, imprimerie Jacqueline, Saint-Lô, 1920, p.5-16 (lire en ligne)

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4 et 1,5 Jean Quellien et Christophe Mauboussin, Journaux de 1786 à 1944 , l'aventure de la presse écrite en Basse-Normandie, Cahiers du Temps, 1998.
  2. 2,0, 2,1, 2,2 et 2,3 « Tout sur la Manche », Revue du département de la Manche, tome 29, n° 113-114-115, 1987.
  3. G. Duveau, Histoire du peuple français, sous la direction de L.-H. Parias, Gründ, 1953.
  4. Alexis de Tocqueville, Souvenirs, Gallimard-Folio, p. 154.

Lien interne

Lien externe