Jean-Pierre Le Goff

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Jean-Pierre Le Goff, né à Équeurdreville le 22 mars 1949, est une personnalité intellectuelle de la Manche, philosophe et sociologue.

Biographie

Fils d'un marin pêcheur athée originaire de Guingamp, et d’une commerçante catholique pratiquante, Jean-Pierre Le Goff grandit à Équeurdreville[1].

Des écrits lui valent d'être exclu de l'école privée dans laquelle il suit ses études secondaires. Il s'inscrit en 1967 à l'université de Caen où étudie la philosophie et la sociologie et se lie à Marcel Gauchet et à Paul Yonnet[2] Avec eux et Pierre Boisard et Marcel Jaeger, il mène l'agitation en mai 68, participe à des séminaires de lecture autour de Lefort et Gauchet sur Malaise dans la civilisation de Freud et les Manuscrits de 1844 de Marx. Son engagement au sein des « maos-spontex » de Vive la révolution puis de Front rouge, le pousse à abandonner ses études pour tenter de rallier les ouvriers de Dunkerque au maoïsme[3].

Il devient formateur d’adultes en reconversion à la suite de la fermeture des Houillères du Nord et de jeunes en banlieue parisienne[4].

Influencé par sa rencontre avec des anciens de la revue Esprit Jean Conilh, Jean-Marie Domenach et Paul Ricœur, il reprend les études et la recherche en s'inscrivant en 1980 en DEA de philosophie politique à la Sorbonne. Il travaille sur le concept de totalitarisme chez Lefort et fonde le club Politique autrement[3]. Il entre au Conservatoire national des arts et métiers de Paris en 1984, et enquête sur l'évolution des conditions de travail dans le secteur du bâtiment et de l’industrie, et sur celles du métier d’ingénieur et du management. Habilité à diriger des recherches en sociologie et professeur des universités, il entre au CNRS en 2002[4].

Il publie plusieurs ouvrages sur le management (Le Mythe de l’entreprise, 1992 ; Les Illusion du management, 1996 ; La Barbarie douce, 1999), autour de Mai 68 et de l'évolution de la gauche française (Mai 68. L’héritage impossible, 1998 ; La Gauche à l'épreuve 1968-2011, 2011 puis La Gauche à l'agonie ? 1968-2017 Perrin, 2017.), ainsi que l'impact de la postmodernité sur la société française (La Démocratie post-totalitaire, 2002 ; La France morcelée, 2008 ; La Fin du village, une histoire française, 2012 ; Malaise dans la démocratie, 2016).

Sur sa jeunesse en Cotentin, il publie en 2018 La France d’hier, récit d’un monde adolescent, des années 1950 à mai 68 chez Stock.

Ouvrages

  • Le Mythe de l’entreprise : critique de l’idéologie managériale, La Découverte, 1992
  • Les Illusions du management. Pour le retour du bon sens, La Découverte, 1996
  • Le Tournant de décembre, avec Alain Caillé, La Découverte, 1996
  • Mai 68. L’héritage impossible, La Découverte, 1998
  • La Barbarie douce, La Découverte, 1999
  • La Démocratie post-totalitaire, La Découverte, 2002
  • La France morcelée, Gallimard, 2008
  • La Gauche à l'épreuve 1968-2011, Perrin, 2011
  • La Fin du village. Une histoire française, Gallimard, 2012
  • Malaise dans la démocratie, Paris, Stock, 2016
  • La Gauche à l'agonie ? 1968-2017 Perrin/édi8, 2017
  • La France d'hier. Récit d'un monde adolescent, des années 1950 à Mai 68, Stock, 2018

Notes et références

  1. Gilles Heuré, « Jean-Pierre Le Goff, Mai 68 à bonne distance », Télérama, 31 janvier 2018
  2. Jean-Pierre Le Goff, « Préface », Paul Yonnet, Zone de Mort, Stock, 2017
  3. 3,0 et 3,1 François Dosse, Castoriadis, une vie, La Découverte, 2018.
  4. 4,0 et 4,1 « Jean-Pierre Le Goff », site laprocure.com, (lire en ligne).