Paul Yonnet

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Paul Yonnet, né dans la Manche ou à Paris le 14 janvier 1948, mort à Villejuif (Val-de-Marne) le 19 août 2011, est un sociologue de la Manche.

Biographie

Fils d'un employé de mutuelle agricole, il passe son enfance dans une cité HLM de Saint-Lô[1].

Il se fait exclure pour des écrits de son lycée[2]. Étudiant à l'université de Caen, il est marqué par l'enseignement du philosophe marxiste Claude Lefort[2]. Il se lie également avec le sociologue Jean-Pierre Le Goff et l'historien Marcel Gauchet[1], avec qui il forme « une petite bande d'intellectuels anarcho-situationnistes ayant un goût certain pour l'action provocatrive »[2]. Il quitte alors la Fédération anarchiste et milite brièvement, après mai 1968, au sein du groupe d'extrême gauche Pouvoir ouvrier[1]. Il anime le Comité d'action de l'institut de sociologie et de son journal, L'Igname sanglant[2].

A 22 ans, il doit se faire soigner pour une maladie de Hodgkin[2]. Il poursuit ses études, jusqu'au doctorat en 1978, à l'Université de Toulouse--II-Le Mirail. Il fait tout sa carrière hors de l'université, au sein de l'Union nationale des associations familiales (Unaf)[2].

Il est un contributeur régulier de la revue Le Débat, fondé par Marcel Gauchet et Pierre Nora en 1980. Il développe une sociologie du quotidien, traitant de domaines souvent délaissés par ses homologues : sport, famille, musique, jeux télévisés. Ainsi, son premier ouvrage, en 1985, Jeux, modes et masses, aborde le tiercé, le rock,la mode et les animaux de compagnie[1].

Son Voyage au centre du malaise français. L'antiracisme et le roman national, en 1993, critique le nouvel antiracisme qui promeut un principe racial tout en le combattant, et la crise du lien national face à l'universalisme des droits humains. Il affronte de vives polémiques dans les médias de gauche, Laurent Joffrin le qualifiant «l'allié objectif de Le Pen»[3], Pierre Nora le défendant[2].

En 1998, dans Système des sports, il étudie l'émergence du spectacle dans le monde du sport. En 1999, dans Travail, loisir: temps libre et lien social, il analyse les loisirs à l'aulne de l'augmentation du temps libre avait fait se développer[4]. Il publie en 2006, le premier volume d'une analyse pluridisciplinaire des métamorphoses de la famille, Le recul de la mort, l'avènement de l'individu contemporain, sur l’avènement de l’enfant du désir dû à la baisse de la mortalité infantile et maternelle[5]. Il ne publiera pas le deuxième tome, consacré aux rapports entre les hommes et les femmes[4].

En 2001, on lui découvre un rétrécissement de l'aorte, dû au traitement subi 30 ans plus tôt. Une deuxième maladie leucémique est diagnostiquée en 2005. Il publie Le Testament de Céline et se retire en Normandie[2].

Il meurt à l'institut Gustave-Roussy de lutte contre le cancer et est inhumé, selon ses souhaits, au cimetière d'Agon-Coutainville, avec inscrit sur sa tombe : Gaudium veritatis (« La joie de la vérité »)[2].

Publications

  • Jeux, modes et masses, Galimard, 1985.
  • Voyage au centre du malaise français. L'antiracisme et le roman national, Gallimard, 1993.
  • Systèmes des sports, 1998.
  • Travail, loisir. Temps libre et lien social, 1999.
  • François Mitterrand le phénix, 2003.
  • La montagne et la Mort, éditions de Fallois, 2003.
  • Huit leçons sur le sport, 2004.
  • Le recul de la mort ; l'avènement de l'individu contemporain, Gallimard, 2006.
  • Le Testament de Céline, éditions de Fallois, 2009
  • Une main en trop : Mesures et démesure : un état du football suivi de Football, les paradoxes de l'identité et de Sport et sacré (2010).
  • Zone de mort, Stock, 2017, 200 p. (posthume)

Il publie également deux romans autobiographiques sous le pseudonyme de Jean Michel Adventus.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2 et 1,3 Julie Clarini, « Paul Yonnet », Le Monde, 27 août 2011
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5, 2,6, 2,7 et 2,8 Jean-Pierre Le Goff, préface, Paul Yonnet, Zone de Mort, Stock, 2017
  3. Laurent Joffrin, « Quand l'intelligentsia soutient Le Pen », Le Nouvel Observateur, no 1471, 14‐20 janvier 1993
  4. 4,0 et 4,1 « Décès de Paul Yonnet, sociologue des loisirs », LEXPRESS.fr avec AFP, 23 août 2011
  5. Dominique Youf, « Le recul de la mort. L’avènement de l’individu contemporain de Paul Yonnet », Sociétés et jeunesses en difficulté n°4, Automne 2007, (lire en ligne)