François de Bricqueville de Colombières

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François III de Bricqueville, baron de Colombières[1], né en 1535 au château de Colombières (Calvados), mort à Saint-Lô le 10 juin 1574, est une personnalité religieuse et militaire de la Manche, chef du parti protestant en Normandie.

Biographie

Fils de Jean de Bricqueville de Colombières et de Françoise de Blosset, il sert dans les armées de François Ier, Henri II, et dirige une compagnie de cent lances sous François II et des corps séparés sous Charles IX.

Parent de la princesse de Condé, Éléonore de Roie, il la suit pour embrasser le parti protestant mené par le mari de celle-ci, le prince Louis de Bourbon-Condé. Ce parti pris contre le pouvoir royal lui fait perdre sa part de l'héritage de son oncle maternel, le baron de Torcy.

En 1562, il s'empare de Bayeux. En 1563, il fait débarquer au Havre-de-Grâce deux régiments d'infanterie auxiliaires anglais, quatorze pièces de canon, cent cinquante mille ducats et des munitions de guerre.

Il prend la tête des Réformés normands aux côtés de Gabriel de Montgommery, et se présente à leurs côtés à La Rochelle en 1568. Le 18 août 1572, il assiste au mariage d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, qui doit acter la réconciliation des protestants et des catholiques, et se réfugie un temps à Guernesey avec d'autres nobles normands huguenots, après avoir échappé de peu le 24 au massacre parisien de la Saint-Barthélemy qui relance la guerre civile.

Après que Montgommery ait quitté Saint-Lô, au cinquième jour du siège par Jacques II de Matignon, débuté le 25 avril 1574, il prend la tête de la vaillante défense de la place. À la veille de la prise de la ville, Matignon amène Montgommery, pris en son château de Domfront, devant les remparts saint-lois, en espérant convaincre Bricqueville de Colombières de se rendre. En réponse, le commandant de Saint-Lô répond : « Non, non, mon capitaine, je n'ai pas le cœur si poltron de me rendre pour être mené à Paris servir de spectacle à ce sot peuple, dans la place de Grève, comme je m'assure qu'on vous y verra bientôt. Voilà, dit-il en montrant la brèche, le lieu où je me résous de mourir, peut-être demain, et mon fils auprès de moi. »

Le lendemain, durant l'assaut de Matignon, il s'y fait en effet tuer, d'un coup d'arquebuse dans l'œil, avec ses deux fils de 10 et 12 ans, armés d'un javelot à ses côtés. Montgommery est décapité en place de Grève le 26 juin.

Époux en 1556 de Gabrielle, dame de la Luzerne, de Ver, de Percy et de Soulles, fille de Jean de La Luzerne et de Gironde Thézard, il a pour enfants :

  • Paul, baron de Colombières, catholique, époux en 1574 de Jeanne de Monchy, il est d'abord partisan du Roi de Navarre puis l'abandonne en 1588 avant de le retrouver à la mort d'Henri III, et de montrer ses qualités aux sièges de Caudebec (1592) et d'Harfleur (1594) ;
  • Gabriel, seigneur de la Luzerne, chevalier de l'Ordre du Roi, époux en 1593 Gilette d'Epinai, il combat jusqu'à la paix de Vervins (1598) pour Henri IV qui le fait maréchal de camp. Il est le père d'Henri de Bricqueville, marquis de la Luzerne et d'Amanville, maréchal de camp des armées du roi et gouverneur du Mont-Saint-Michel ;
  • Marie, épouse de Robert du Bosc, seigneur de Radepont.

Hommages

Une rue disparue de Saint-Lô portait son nom.

Notes et références

  1. François Briqueville, baron de Coulombières, selon les graphies anciennes