Abraham Spanel

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Abram Nathaniel Spanel, dit Abraham Spanel, né à Odessa (Russie) le 15 mai 1901, mort à Princeton, New Jersey (États-Unis) le 30 mars 1985, est un industriel, milliardaire et philanthrope américain, lié au département de la Manche.

Abram Nathaniel fuit les pogroms russes avec sa famille. Ses parents arrivent à Paris en 1905, où ils passent deux ans [1]. Son père est tailleur et sa mère blanchisseuse. À 10 ans, il s'installe à Rochester, près de New York puis étudie à l'Université. Millionnaire grâce au succès de sa première entreprise, la Manufacturing Company Vacuumizer, il fonde en 1932, la Latex Corporation International, spécialisé dans les sous-vêtements utilisant le latex, mais travaillant également pour l'armée et l'équipement ménager. Il participe à l'effort de guerre, lors de la Seconde Guerre mondiale, en reversant 1,5 million de dollars perçu grâce à ses contrats avec l'armée. En crée en 1954, le soutien-gorge « cœur croisé », qui est le premier à être vendu sous une marque propre, et à faire l'objet de publicités télévisuelles [2].

En 1975, il prend sa retraite de la Latex Corporation International, devenue Playtex International Corporation, mais conserve la tête de la Fondation Spanel et Spanel International Ltd. Il aide le financement de la recherche médicale, en particulier pour les enfants, à travers la Spanel Foundation for Cancer Research et le Playtex Park Research Institute. Il appuie également la création de l’État d'Israël. Il achète régulièrement des encarts dans la presse américaine pour publier ses opinions sur les affaires internationales, notamment en faveur des relations franco-américaines [2].

Fidèle à une promesse de sa mère qui lui avait dit « Si tu deviens riche, n'oublie jamais les Français », Abraham Spanel publie dans la presse des encarts publicitaires pour remercier son premier pays d'accueil [1]. Il consacre l'équivalent d'un milliard et demi de francs à cette propagande [1]. Pour le remercier, Pierre Bellemare, qui anime l'émission radiophonique « Vous êtes formidables » sur Europe n° 1, a l'idée de demander à ses auditeurs le 22 janvier 1957 d'envoyer une carte postale à M. Spanel pour le remercier [1]. Plus de 100 000 cartes postales sont ainsi réunies dans 14 sacs postaux qu'un facteur de Chavaniac-Lafayette (Haute-Loire), Abel Charbonnier, est chargé de lui amener à New York à la fin du même mois [3].

Au milieu des années 1950, cet Américain francophile veut faire ériger en rade de Cherbourg une réplique de la statue de la Liberté, qui serait en quelque sorte le pendant de celle qui trône à l'entrée du port de New York. Le rêve ne paraît pas utopique car Abraham Spanel est milliardaire. Mais le projet tombe rapidement à l'eau [4].

Distinctions

Il est commandeur de la Légion d'honneur et vice-président de l'American Society of the French Legion of Honor.

Il est fait citoyen d'honneur de la ville de Cherbourg par une délibération du conseil municipal, approuvée par un arrêté du ministre de l'Intérieur du 19 décembre 1957.

Hommages

Le milliardaire américain donne son nom à une résidence HLM de Cherbourg, la cité Charcot-Spanel, dont le premier bâtiment est inauguré par René Schmitt le 20 septembre 1957 [4].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 « Un Américain “formidable” », Ouest-France, 24 janvier 1957.
  2. 2,0 et 2,1 W.H. Waggoner, New York Times, 2 avril 1985 (lire en ligne).
  3. « 100 000 cartes volent vers l'Amérique », Ouest-France, 31 janvier 1957.
  4. 4,0 et 4,1 François Simon, « Le rêve américain du roi du latex a capoté », Ouest-France, 4 juillet 1986.

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