Les États-Unis et la Manche

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Drapeau des États-Unis.

Les liens entre les États-Unis d'Amérique et le département de la Manche sont multiples dans l'histoire.

Parmi les premiers explorateurs du futur territoire des États-Unis, on compte quelques Manchois d'origine, à l'instar de Jean Nicollet, qui depuis le Canada et les Grands Lacs descend jusqu'au Wisconsin.

D'autres participent à la colonisation de la Louisiane, terre française jusqu'en 1803. Ainsi, les frères Pierre-Benoît et Pierre-Benoît Payen de Noyan, officiers de Marine, défendent cette colonie. Le Sourdin James Pitot devient maire de La Nouvelle-Orléans en 1804. Parmi les descendants de premiers colons américains originaire de la Manche, on compte Buffalo Bill.

James Pitot, maire de La Nouvelle-Orléans.

Les militaires participent aussi à la Guerre d'indépendance américaine contre les Anglais, à l'instar de Louis de La Couldre de La Bretonnière et Jean de Lorgéril, et quand les Américains s'affrontent dans une guerre de Sécession, un combat se déroule devant Cherbourg en 1864, entre le CSS Alabama et l'USS Kearsarge. À l'inverse, Alexandre Black, né à Providence (Rhode Island), deviend l'un des principaux corsaires de Cherbourg au début du XIXe siècle, puis propriétaire du bicentenaire Café de Paris.

L'aigle américain sur l'ancien consulat des États-Unis à Cherbourg.

Plus tard, les relations entre les États-Unis et la Manche passent par le trafic transatlantique, qui relie à partir de la première traversée du bateau à aubes L'Union en 1847, le port de Cherbourg à celui de New York. Des millions de migrants quittent l'Europe en direction d'Ellis Island, tandis que le port normand reçoit des stars d'Hollywood, tels Charlie Chaplin, et des hommes d'affaires américains. Il arrive même à des Américains de s'établir chez nous, comme Clara Ward, à Barneville. Certains artistes d'origine manchoise poursuivent leur carrière outre-Atlantique, comme Louis-Victor Fréret ou Allyre Bureau et plus tard Jean-Luc Ponty, tandis que les paysages de la presqu'île inspirent l'écrivain Francis Scott Fitzgerald, et les cinéastes Billy Wilder (Fedora) et Joseph Losey (Les Routes du sud).

Mais l'élément le plus fort reste la Seconde Guerre mondiale, avec la libération de l'été 1944, où les Américains jouent le premier rôle lors du parachutage sur Sainte-Mère-Eglise et le débarquement à Utah Beach. Sous les ordres de Dwight David Eisenhower et George Patton, les généraux Omar Bradley, Joseph Lawton Collins, des soldats se distinguent comme James Gavin, George Lafayette Mabry, Charles Hunter Gerhardt, Matthew B. Ridgway, John Steele... Beaucoup y laissent leur vie, comme Theodore Roosevelt Junior, Norval Walter Carter, Thomas Dry Howie, ou l'équipage du Léopoldville. Les lieux symboliques du débarquement deviennent une destination touristique pour les vétérans comme Philippe Jutras et les compatriotes des GI's, sous l'impulsion d'édiles locaux comme Georges Lavalley ou Jean Masselin, et une étape mémorielle régulière des présidents et diplomates américains. En souvenir de ce lien né du sang, les Américains financent le centre hospitalier mémorial de Saint-Lô, réalisé par un de leur compatriote, Paul Nelson. C'est aussi cette amitié franco-américaine que veut célébrer Abraham Spanel en projetant de répliquer la statue de la Liberté dans la rade de Cherbourg.

À la fin du XXe siècle, les croisières transatlatiques de prestige maintiennent le frêle lien avec le port de New York, tandis que le projet « Fast ship », qui devait relier Cherbourg à Philadelphie par des bateaux à grande vitesse, tombe à l'eau avant d'avoir débuté. Cependant, on retrouve des Américains parmi les investisseurs dans la Manche, comme Sanmina, OM Group Ultra Pure Chemicals, Lu...

L'Amérique est un sujet d'études, depuis De la démocratie en Amérique, œuvre fondatrice de la pensée politique d'Alexis de Tocqueville en 1835, jusqu'aux ouvrages universitaires de Philippe Jacquin.

Jumelage

Toponymes

Voies et toponymes honorant des Américains

Quai du Général-Lawton-Collins (Cherbourg-Octeville), avenue du Général-Eisenhower à Jullouville, Rue Martin-Luther-King (Cherbourg-Octeville), Place Patton (Avranches), cité Charcot-Spanel...

Bibliographie

  • Yves Murie, Quand Cherbourg rêve d'Amériques, éd. Eurocibles, 2013

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