Maison en terre

De Wikimanche

Maison du Glinel au Hommet d'Arthenay

Les maisons en terre, construites selon la technique de la bauge (appelée localement mâssé ou mâsse), sont des constructions traditionnelles de la Manche, plus particulièrement des marais du Cotentin et du Bessin.

Histoire

Attesté au XVIe siècle dans la zone des marais, ce mode de construction est très répandu au XVIIIe et XIXe siècles. Son déclin s'amorce dans les années 1880 avec l’arrivée des maçons italiens qui utilisent le ciment et son abandon est acté après la Seconde Guerre mondiale du fait de son image de matériau pour pauvres et de mauvaises restaurations[1].

Cette architecture réapparaît dans les années 1980-1990 dans une vogue de réhabilitation de cette architecture traditionnelle, portée notamment par le Parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin. L’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Basse-Normandie a ainsi réalisé dans les années 2000, un recensement exhaustif de ce patrimoine sur le territoire du parc qui a abouti à plusieurs inscriptions au titre des Monuments historiques (Maison des marais, Manoir de Donville, Manoir du Bois...)[1].

Pratiquement, il n’y a plus de réalisations en terre dans notre région depuis la première décennie du 20e siècle. Cependant, il est de plus en plus courant de voir des propriétaires entreprendre des restaurations de façade pour retrouver celle d’origine.

Le savoir-faire relatif à ces maisons se transmettait oralement. Les témoignages recueillis restent donc approximatifs.

Quelle technique ?

Maison des marais

La terre est trouvée dans les champs mais bien souvent elle est extraite sur les lieux mêmes de la construction ou dans sa proximité, de nombreuses mares proches des bâtiments témoignent encore aujourd’hui de la ponction de terre effectuée pour la construction.

Ré-humidifiée abondamment, la terre est longuement foulée au pied après ajout de fibres végétales. Le mélange obtenu est laissé en tas pendant quelques jours, pour permettre l’évaporation de l’eau.

Repris à la fourche, il est mis en place, en mottes, sur le mur, en débordant latéralement. Chaque « levée », d’une soixantaine de centimètres de hauteur, est battue (compactée) sur le dessus et les côtés à l’aide d’un manche de bois, puis dressée, après séchage.

La levée suivante peut alors commencer.

Couleur « terre »…

La terre utilisée, semi-argileuse, dont la teneur en sable, en graviers et en cailloux, varie selon le lieu d’extraction, offre toute une palette de couleurs donnant un aperçu de sa composition.

…et fibres naturelles

Les fibres végétales intégrées à la terre changent de nature selon le lieu de la construction : paille et foin sont le plus souvent employés.

Elles contribuent à améliorer les qualités mécaniques du matériau à la flexion.

Les murs peuvent varier de 50 à 80 cm d’épaisseur et parfois même plus. Ils s’élèvent toujours sur des soubassements de pierres maçonnées (tuf, calcaire, schiste) de hauteur variable, mais le plus souvent bas, sans fondations, maçonnées sur un sol ferme que l’on a débarrassé de la couche de terre végétale.

Ils servent essentiellement à maîtriser les remontées capillaires d’eau et à protéger des effets des eaux de jaillissement.

La finition extérieure est, dans de nombreux cas, assez grossière et exempte de parements et d’ornements, concourant à renforcer l’aspect rustique.

Galerie de photographies

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Monuments historiques protégés en Basse-Normandie en 2011 et 2012, Direction régionale des affaires culturelles de Basse-Normandie, 2013.

Lien externe