Lesley J. McNair

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Lieutenant général Lesley J. McNair

Lesley James McNair, né à Verndale (Minnesota, États-Unis) le 25 mai 1883 et mort à Pont-Hébert le 25 juillet 1944, est une personnalité militaire américaine liée au département de la Manche.

Circonstances de la mort du lieutenant général Lesley J. McNair

Avant le lancement de l'opération Cobra, le général Omar Bradley, commandant de la 1re armée, a prévu un bombardement aérien de saturation (tactique du « tapis de bombes ») sur la ligne principale de résistance allemande entre les communes de La Chapelle-Enjuger et d'Hébécrevon.

Une première tentative, le 24 juillet, tourne au désastre. De nombreux avions alliés bombardent une partie des premières lignes américaines, tuant 25 soldats américains et en blessant 131.

Le lendemain, 25 juillet, le général de corps d'armée Lesley McNair, chef des forces terrestres en Europe, se présente au quartier général du 2nd bataillon du 120e régiment d'infanterie de la 30e division d'infanterie américaine afin d’observer et d’essayer de déterminer ce qui s’est mal passé la veille pour procéder aux ajustements nécessaires dans la planification, et éviter que cela se reproduise[1].

Comme la veille, des fumigènes rouges sont envoyés juste au sud de la route nationale 800 reliant Saint-Lô à Périers pour définir les cibles de la zone à bombarder. Comme la veille, une brise du sud se lève et ramène la fumée rouge à environ 1 100 mètres (1 200 yards), juste au-dessus des troupes du 2nd bataillon qui attendent l'heure-H.

Vers 7 h le bruit assourdissant des avions se fait entendre en provenance du nord. Le ciel est dégagé, et il est facile de voir les bombardiers volant relativement bas avec leurs soutes à bombes ouvertes et les bombes qui commencent à tomber. Sur les 1 600 bombardiers de la 8e Air corps américaine engagés qui emportent 4 000 tonnes de bombes, 77 bombardiers larguent à nouveau leurs bombes sur leurs troupes. Pour la deuxième journée consécutive, la 30e division d'infanterie est touchée par la tragédie. 64 soldats sont tués, 374 blessés et 60 disparus au combat.

Le lieutenant général Leslie J. McNair figure parmi les victimes. Pour suivre le déroulement des opérations, il se trouve, comme observateur, au hameau de la Vicquerie sur la commune de Pont-Hébert, au nord d'Hébécrevon. Il laisse son véhicule de commandement à l'abri derrière un char et part à pied pour avoir une meilleure visibilité des opérations. Quand les bombes commencent à tomber et à exploser dans les lignes américaines, McNair est projeté dans une tranchée à une trentaine de mètres du poste de commandement, il est tué sur le coup. Les médecins n'ont pu identifier son corps qu'aux trois étoiles qu'ils ont trouvées sur une épaule[2].

Sépulture carré F, rang 28, tombe 42

Le lieutenant général Lesley J. McNair est l'officier le plus haut gradé à avoir été tué au combat pendant toute la campagne européenne. Sa mort n'a été annoncée officiellement que plusieurs mois après, pour ne pas donner à l'ennemi la satisfaction de savoir qu'un des officiers les plus gradés a été tué par son propre camp. Ironie du sort, son fils Douglas est tué 15 jours plus tard par un sniper japonais sur l’île de Guam (États-Unis) dans la mer des Philippines.

Lesley J. McNair est inhumé secrètement au cimetière américain de Colleville-sur-Mer (Calvados), en présence de son aide de camp et des généraux Omar Bradley, George Patton[3], Courtney Hodges, et Elwood Richard Quesada . Sa pierre tombale indique à l'origine son grade de lieutenant-général. En 1954, il est promu au grade de général à titre posthume par une loi du Congrès américain. En 2010 l'American Battle Monuments Commission (ABMC) remplace la pierre tombale afin d'indiquer ce grade posthume de Général.

Notes et références

  1. « The Battle of St. Lo & The Breakout », 30thinfantry.org, (voir en ligne).
  2. (en) Brian Todd Carey, « The Tragic Death of General Lesley J. McNair During Operation Cobra », sur Warfare History Network, McLean, VA, Sovereign Media, 29 octobre 2015 (voir en ligne)
  3. Patton a noté dans son journal cette nuit-là une épitaphe simple : « C'était un grand ami ».