Joseph Lotte

De Wikimanche

Joseph Lotte, né à Rochefort (anciennement Charente-Inférieure) le 18 février 1875, tué face à l'ennemi à Blangy-les-Arras (Pas-de-Calais) le 27 décembre 1914, est un universitaire de la Manche[1].

Le confident de Charles Péguy

Au numéro 1, de la rue Daniel, à Coutances, une plaque discrète rappelle le souvenir d’un grand intellectuel du début du XIXe siècle. On peut y lire : « Dans cette maison, le 7 décembre 1910, Joseph Lotte lança son appel aux professeurs catholiques de l’Université ». Cet appel fait grand bruit à l’époque. Dans le climat d’anticléricalisme qui règne alors, il fait l’effet d’un énorme pavé dans la mare politique[1].

Joseph Lotte est d’abord ardemment républicain. À vingt ans, il se déclare socialiste, anticlérical et athée. Il vient alors de terminer au lycée de Cherbourg ses études secondaires commencées au lycée Sainte-Barbe à Paris. Il y retourne dès 1894 pour poursuivre ses études en classes préparatoires. C’est là qu’il rencontre Charles Péguy avec lequel il se lie d’une indéfectible amitié et sous l’influence duquel il se tourne progressivement vers le spiritualisme et le catholicisme[1].

Après avoir enseigné à La Roche-sur-Yon (Vendée), Joseph Lotte est nommé professeur de lettres dans une classe de sixième au lycée de Coutances. Il s’y trouve depuis peu quand il crée son « Groupe des professeurs catholiques de l’Université » dont les principes sont proclamés dans l’appel du 7 décembre 1910. « Nous nous groupons, déclare-t-il, pour attester au dehors de nos convictions et prouver par notre modeste témoignage que France catholique et France illettrée – quoi qu’en disent messieurs Jules Payot et Paul Sabatier – ne sont pas encore synonymes. […] Notre groupe restera nettement étranger à toute préoccupation d’intérêt corporatif ou politique. Notre premier soin doit être la création d’un bulletin qui, nous permettant d’affirmer nos idées, sera l’organe vivant de son union[1]. »

Le ministre de l’Instruction publique fait immédiatement savoir à Lotte « qu’on ne saurait admettre d’association confessionnelle dans le personnel de l’enseignement public ». Dès lors, Joseph Lotte prend toute sa part dans le mouvement de renaissance du spiritualisme emmené par Bergson, Blondel, Péguy et Claudel. Quelques mois plus tard, c’est lui qui reçoit la fameuse confidence de Péguy : « Je ne t’ai pas tout dit. J’ai retrouvé la foi ». Le destin des deux hommes est lié jusque dans leur mort tragique. Péguy est tué le 5 septembre 1914 à la tête de sa compagnie. Joseph Lotte tombe face à l’ennemi le 27 décembre suivant[1].

Hommage

Une école élémentaire de Rennes (Ille-et-Vilaine) porte le nom de Joseph Lotte.

Bibliographie

  • Julie Bertrand-Sabiani et Géraldine Leroy, « Les entretiens de l'écrivain : Charles Péguy et Joseph Lotte », Bulletin d'informations et de recherches, n° 103, Amitié Charles Péguy, Paris, 2003, p. 264-294.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 René Gautier (dir.), Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Eurocibles, Marigny, ISBN 2914541147.

Lien externe