Albert Mahieu

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Caricature d'Albert Mahieu en terre cuite.

Marie Charles Albert Mahieu, né à Cherbourg le 16 janvier 1860 et mort dans la même commune le 25 mai 1926 [1], est un homme politique de la Manche.

Il est député de la Manche de 1906 à 1919 et maire de Cherbourg de 1903 à 1910 et de 1912 à 1926.

Biographie

Reçu à 16 ans au concours de l'École navale, Albert Mahieu poursuit des études universitaires et est lauréat du Concours général.

Il épouse Jeanne Marie, et, comme son père, Alfred Mahieu, négociant et maire de Cherbourg de 1878 à 1883, il embrasse une carrière professionnelle dans le négoce[2].

Partisan du Parti ouvrier française (POF) de Jules Guesde, dont il fonde un groupe à Cherbourg, il finance la création du journal Le Socialiste de la Manche en 1894, dirigé par Amand Rosselin, puis du Socialiste de l'Ouest, qui assure la liaison du POF dans la Manche et dans l'Orne[3].

Il se retire du capital du Socialiste de l'Ouest fin 1895 et s'éloigne des guesdistes au profit d'une gauche plus modérée[3] et s'engage directement en politique en 1896, comme conseiller d'arrondissement, et devient maire de Cherbourg en 1903. Il est réélu à ce poste pendant plus de vingt ans entre 1903 et 1910, puis de 1912 jusqu'à sa mort en 1926, ne laissant que deux ans son siège à son adjoint, Charles Delagarde. Socialiste, il se consacre notamment à l'instruction publique et au développement touristique autour de la gare maritime. En ce début de siècle, il accueille dans sa ville le roi d'Italie Victor-Emmanuel III le 16 novembre 1903, Charles Ier du Portugal et Amélie d'Orléans en 1904, la rencontre entre le président Armand Fallières et le tsar Nicolas II de Russie en juillet-août 1909, et le ministre Gaston Doumergue pour l'inauguration de l'école de la rue Duiardin [2].

En 1902, il est candidat aux législatives contre le député modéré sortant, Albert Le Moigne. Après une campagne de dénigrement que regrette par la suite Le Moigne, notamment à travers une affiche qui dénonce les positions « anti-familiales », favorable à l'union libre, du maire de Cherbourg, Mahieu est battu[4]. Aux législatives de 1906, il retrouve Le Moigne face à lui, et est cette fois élu le 6 mai député de la Manche (10 598 voix sur 19 410), jusqu'en 1919. Siégeant sur les bancs des républicains socialistes, il fait partie durant cette 9e législature, des commissions relatives aux Postes et télégraphes, ainsi que de la commission d'enquête sur la Marine.

Le 24 avril 1910, il est réélu député de la Manche avec 10 689 voix sur 18 243, puis de nouveau le 26 avril 1914 par 9 081 voix sur 11 839. Il fait partie sous ces deux législatures des commissions relatives aux Pensions civiles et militaires, ainsi qu'à la Marine.

En 1919, il ne brigue pas de nouveau mandat national, préférant se consacrer à la gestion municipale. Il meurt en place le 25 mai 1926, à l'âge de 66 ans. Il repose au cimetière de Cherbourg.

Hommage

À Cherbourg-Octeville, une rue du centre ville célèbre sa mémoire.

Notes et références

  1. Acte de naissance n° 52 - État civil de Cherbourg.
  2. 2,0 et 2,1 Raymond Lefèvre, L'Histoire anecdotique de Cherbourg à l'intention de nos écoliers, Cherbourg-Éclair, Cherbourg, 1941.
  3. 3,0 et 3,1 Jean Quellien et Christophe Mauboussin, Journaux de 1786 à 1944 , l'aventure de la presse écrite en Basse-Normandie, Cahiers du Temps, 1998. ISBN 2911855132.
  4. « Notables de Cherbourg », extrait du Le Journal socialiste de Cherbourg (vers 1913).

Sources

  • Tables analytiques des annales de la Chambre des Députés ( Législatures 9 à 11)
  • Famille Mahieu - Guéroult
  • Jean Jolly (dir.), Dictionnaire des Parlementaires français (1889-1940), Presses universitaires de France, 1960

Lien externe