La Beslière
La Beslière est une ancienne commune de la Manche, aujourd'hui rattachée à Folligny.
- Prononciation. — API : [bɛ'ljɛ:r]; transcription francisée : bê-lière.
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[modifier] Toponymie
[modifier] Attestations anciennes
- Berleria 1172 [1], ~1210 [2].
- Belleria 1248, 1280 [2].
- ecclesi[a] de la Belliere 1332 [3].
- La Belliere 1351/1352 [4], 1612/1636 [5], 1677 [6], 1713 [7], 1753/1785 [8].
- La Besliere 1793 [9].
- La Beslière 1801 [10].
- La Bêlière-sur-Ranaise [lire Tanaise] 1828 [11].
- La Beslière-sur-Thanaise 1846 [12].
- La Beslière 1854 [13].
- Bellières 1825/1866 [14].
- La Beslière 1903 [15], La Beslière 1962 [16].
- La-Beslière 1972 [17].
- La Beslière 1978, 1993 [18], 2007 [19].
[modifier] Étymologie
Toponyme médiéval dérivé de l'ancien français berle, belle « cresson; variété de cresson; véronique cressonnière ». L'élément -ière est ici un suffixe de présence ou suffixe collectif, d'où le sens global de « lieu où l'on trouve du cresson; cressonnière ».
Le mot berle n'est attesté que tardivement (15e s.) sous cette forme en français, mais il est nécessairement plus ancien. Il apparaît d'abord en ancien français sous la forme amuïe belle, variante dialectale de l'Ouest du mot (amuïssement de [r-] devant consonne), toujours attestée en Normandie : ancien normand besle, normand bêle (Orne) [20], bêle, beuille (région du Havre) [21], etc. Ce mot est issu du gallo-roman BERULA, d'origine gauloise [22], qui est également la source de l'ancien provençal berla et de l'espagnol berro « cresson ».
Ce type toponymique médiéval se retrouve deux autres fois en tant que nom de commune en Normandie (Orne, Seine-Maritime) sous la forme La Bellière. Ce nom est également celui de très nombreux lieux-dits et noms de hameaux. Le mot gaulois berula, quant à lui, est à l'origine du type toponymique Bellou (du gallo-roman °BERULÁVU), que l'on rencontre dans le Calvados, l'Orne et l'Eure.
On remarquera que l'orthographe actuelle du nom de cette ancienne commune comporte un -s- interne d'introduction très tardive (19e siècle), qui aurait pu se justifier (en tant que signe diacritique de longueur) jusqu'au 18e siècle, mais n'a aujourd'hui plus lieu d'être. L'orthographe traditionnelle Bellière, en usage du 14e au 18e siècle, gagnerait à être restituée.
☞ En raison de l'existence de plusieurs homonymes normands, Louis Du Bois avait proposé en 1828 [11] l'ajout du déterminant -sur-Tanaise, d'après le nom du cours d'eau arrosant la localité, la Tanaise, affluent rive droite du Thar; le cours d'eau est aujourd'hui appelé le ruisseau de Laune sur la carte IGN. Cette appellation alternative fut sporadiquement employée au 19e siècle, mais ne fut pas officialisée.
[modifier] Histoire
La commune fusionne le 1er janvier 1973 avec Folligny et Le Mesnil-Drey (mise en application de l'arrêté du 20 octobre 1972).
[modifier] Administration
[modifier] Circonscriptions administratives avant la Révolution
- Généralité : Caen.
- Élection : Coutances.
- Sergenterie : Saint-Pair.
[modifier] Circonscriptions administratives depuis la Révolution
- District : Avranches (1790-1795).
- Arrondissement : Avranches (1800), Coutances (1926), Avranches (2000).
- Canton : La Haye-Pesnel (1790).
[modifier] Les maires
| Période | Identité | Qualité | |
|---|---|---|---|
| 1802 | Joseph Hubert | ||
| .... - .... | |||
| À compléter. | |||
[modifier] Religion
[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution
- Diocèse : Coutances.
- Archidiaconé : Coutances.
- Doyenné : Saint-Pair.
[modifier] Patronage
- Dédicace de l'église paroissiale : Saint-Pierre.
- Patron (présentation) : patron laïc, le seigneur du lieu; Thomas de Saint-Planchers en 1332.
- Fête patronale : ?
[modifier] Personnalités liées à la commune
- Jean-François Pestel (1749-1794), curé de la paroisse.
[modifier] Notes et références
- ↑ Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, “Les noms de communes de Normandie”, in Annales de Normandie XIII (juin 1963), § 303.
- ↑ 2,0 et 2,1 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 78.
- ↑ Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 285B.
- ↑ Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 367D.
- ↑ Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620].
- ↑ Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
- ↑ Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
- ↑ Carte de Cassini.
- ↑ Site Cassini.
- ↑ Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
- ↑ 11,0 et 11,1 Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 390.
- ↑ Édouard Le Héricher, Avranchin monumental et historique, éd. E. Tostain (et H. Tribouillard), Avranches, vol. II, 1846, p. 11.
- ↑ V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
- ↑ Cartes d’État-Major (relevés de 1825 à 1866, mises à jour jusqu’à 1889).
- ↑ Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
- ↑ Atlas de Normandie, Caen, 1962.
- ↑ Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
- ↑ Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
- ↑ Carte IGN au 1 : 25 000.
- ↑ Charles Vérel, Le bréviaire des Normands, Alençon, 1910, p. 124.
- ↑ Abbé C. Maze, Étude sur le langage de la banlieue du Hâvre, Le Havre, 1903, p. 119.
- ↑ Le gaulois berula, qui a désigné le cresson d’eau (Sium angustifolium, Sium nodiflorum), est une forme dissimilée de °berura < celtique commun °berurā (cf. ancien irlandais biror > irlandais biolar ; gallois berwr ; breton beler « cresson »), signifiant littéralement « végétation d’eau (ou de source) », composé du radical °ber-, °bir- « eau, source ; ruisseau » (cf. ancien irlandais bir) et du suffixe collectif -urā. L’élément °ber-, °bir- est attesté dans les toponymes irlandais Birr [comté d’Offaly] et Birra [comté de Donegal] < ancien irlandais biorra « eau, cours d’eau », ainsi que « plein d’eau, marécageux » (cf. Jules Vendryes, Lexique Étymologique de l’Irlandais Ancien, Dublin Institute for Advances Studies, Dublin, 1959-…, réédition 1981-… (complétée par E. Bachellery et Pierre-Yves Lambert), p. B-52). Il semble représenter le celtique commun °beru-s, dont le radical correspond à la racine indo-européenne °bher(u)- « source ».