John Steele

De Wikimanche

Un mannequin de parachutiste a été accroché à l'église.
Vue générale depuis le sol.

John Steele, de son vrai nom John Marvin Steele, né à Metropolis (Illinois, États-Unis) le 29 novembre 1912, décédé le 16 mai 1969 à Lafayetteville (Caroline du Nord, États-Unis), est une personnalité militaire américaine liée au département de la Manche

Parachutiste de son état, il a été rendu célèbre durant les opérations militaires de juin 1944 dans le cadre du Débarquement.

Biographie

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, des soldats américains de la 82e Division aéroportée sont parachutés en vagues successives dans le secteur de Sainte-Mère-Église.

La ville, cible d'une attaque aérienne, voit un incendie se propager dans une maison. Le tocsin sonne l'alerte. Les villageois se déplacent en masse et improvisent une brigade d'intervention supervisée par des soldats allemands, dont chaque membre relaie l'acheminement de seaux d'eau.

Vers 1 h du matin, la place du village est bien éclairée et remplie de soldats allemands et de villageois. C'est à ce moment que deux bataillons de parachutistes largués par erreur sur Sainte-Mère-Église tombent du ciel.

Dans la clarté de l'incendie, les parachutistes sont des cibles faciles. Les impacts de balles sont encore visibles dans les murs de pierre de l'église.

John Steele est l'un des seuls rescapés des deux bataillons. Son parachute se prend dans le clocher de l'église du village. Il reste suspendu au toit et assiste impuissant au carnage. Blessé, il fait le mort avant que les Allemands ne le fassent prisonnier.

Il s'évade et rejoint sa division lorsque les troupes américaines attaquent Sainte-Mère-Église.

Pour ces actions et ses blessures, John Steele a obtenu le Bronze Star for Valor et le Purple Heart.

Le soldat Steele, jusqu'à sa mort, a continué de venir à Sainte-Mère-Église.

Contestation

La scène dont John Steele s'est affirmé le protagoniste est contestée. L'historien Jean Quellien, notamment, se dit « surpris » qu'Alexandre Renaud, alors maire de Sainte-Mère-Église et témoin direct des affrontements, n'ait jamais fait référence à cet épisode [1]. De toute façon, assure-t-il, si le fait a bien eu lieu, il ne s'est pas déroulé comme le montre le film Le Jour le plus long, « face à la place du village et à la maison incendiée » [1] : « Un autre para, Ken Russel, lui aussi accroché au clocher, a toujours répété le même témoignage : ils seraient tombés du côté de la petite rue, donc dans l'impossibilité de voir le feu » [1]. L'historien se demande donc si les Américains ne se sont pas carrément « fabriqué » un héros : « Avant la fin des années cinquante, remarque encore Jean Quellien, on n'entend jamais parler de ce parachutiste du clocher. À cette période, les États-Unis, au sommet de leur puissance, ont besoin de héros. Parfois, dans les articles des grands magazines, on enjolive un peu les récits. » [1]. Pour beaucoup, l'écrivain Cornelius Ryan serait à l'origine de la construction de la légende [2].

Hommages

L'événement est commémoré par le musée de l'US Airborne et sur l'église du village, où un parachute pend du clocher, avec un mannequin figurant John Steele.

À l'intérieur de l'église, un vitrail commémore les parachutistes tombant sur la ville au pied de la Vierge Marie.

  • La commune de Sainte-Mère-Église a fait de John Steele un « citoyen d'honneur ».
  • L'auberge « John Steele » honore son nom et maintient sa mémoire à travers des photos, des lettres et des articles accrochés sur ses murs.
  • L'acteur Red Buttons campe le personnage de John Steele dans le film Le Jour le plus long (1961).
  • La marque de camembert « Le Héros » (fabriqué par la Laiterie coopérative agricole de Sainte-Mère-Église et du Cotentin à Chef-du-Pont) représente sur son étiquette John Steele accroché au clocher de l'église.
Étiquette de camembert « Le Héros ».

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Jean-Noël Lavavasseur, « Para de Sainte-Mère-Église : les doutes de l'historien », Ouest-France, 2-3 juin 2012.
  2. Patrick Peccatte, « La fabrication de la renommée d'une ville : Sainte-Mère-Église », Déjà vu, 19 novembre 2013 (lire en ligne).