Gloria

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Gloria est une ancienne entreprise de la Manche.

Une usine est implantée en 1923 à Carentan à la suite de la beurrerie Lepelletier. Sur deux hectares, elle est située sur la zone portuaire, reliée ainsi à la mer et au réseau ferré[1].

Gloria est la marque lancée en France en 1929 par The Carnation company[2], spécialiste américain de la production de lait concentré, obtenu par un procédé d'évaporation découvert dans les années 1920.

D'une capacité de 300 000 caisses, l'usine ne produit en 1938 que 250 118 caisses[3].

En 1950 sont lancées les premières campagnes de presse : « Lait Gloria, le plus proche du lait maternel[2]. »

En 1951, Gloria acquiert la laiterie Saint-Gabriel de Tourlaville, également connue sous le nom de laiterie Lepont. La revente intervient dès 1962[4].

En 1961, Gloria s'installe à Bricquebec pour produire du lait en poudre. La production commence le 3 mars 1962[5].

Les premières réclames à la télévision sont diffusées en 1969 en vantant les mérites du lait en poudre Gloria : « Le bon lait normand[2]. »

Le 24 mai 1972, 400 manifestants bloquent les camions devant les usines Gloria de Carentan et de Bricquebec.

André Gillot, directeur de l'usine Gloria de Carentan, est maire de la ville de 1970 à 1978.

Détenu par la General Milk co., The Carnation company est rachetée par Nestlé SOPAD en 1985[2]. Face à la chute des ventes de lait concentré en France, concurrencé par le lait maternisé et le lait UHT[1], la fermeture de l'usine de Carentan est annoncée le 16 juin 1994, lors d'un comité d'établissement [6]. La fermeture effective a lieu 16 décembre suivant à 14 h 30[1]. Sur les 160 employés, 81 sont mutés dans les usines de Chef-du-Pont et Bricquebec, les autres bénéficient de mesures de retraite anticipée [6]. Les petites boîtes continuent à être conditionnées en Allemagne, Bricquebec exportant les grandes boites à partir de la moitié de la quantité de lait traitée à Carentan[1]. « Selon la direction de Sopad-Nestlé, le plan social prévu devrait éviter tout licenciement brutal et les cent millions de litres de lait annuellement collectés auprès des 696 producteurs qui alimentent les usines du groupe continueront d'être transformés sur place. »[1]

L'usine de Bricquebec est fermée en 2000. La biscuiterie Rouger s'installe dans les anciens locaux jusqu'à sa liquidation en 2010.

Mont Blanc, mise en vente par Nestlé en 2003 est achetée aux enchères par le fonds d'investissement Activa Capital[7].

En 2006, Mont Blanc acquiert la marque Gloria[7].

En 2010, la mairie lance une étude de faisabilité pour dépolluer le site et construire des logements afin de réhabilité le site industriel de Carentan, qui s'étale sur 40 hectares dans le centre-ville[8].

En 2011, Gloria est toujours une marque commercialisée. Elle appartient au groupe Materne-Mont Blanc, lui même contrôlé par le fonds d'investissement LBO France[9].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 René Moirand, « L'usine de lait Gloria a fermé ses portes », Le Monde, 22 décembre 1994.
  2. 2,0, 2,1, 2,2 et 2,3 Historique de Gloria, consulté le 26 juin 2011.
  3. Jacques Boudet, Le monde des affaires en France de 1830 à nos jours, Société d'édition de dictionnaires et encyclopédies, 1952, p. 242. (lire sur Google books).
  4. Revue géographique industrielle et commerciale de France, repris dans le bulletin municipal de Tourlaville (lire en ligne).
  5. « Nos années 60 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2010, p. 37.
  6. 6,0 et 6,1 « Nestlé va fermer son usine de Carentan », Les Échos, 17 juin 1994.
  7. 7,0 et 7,1 activacapital.com, consulté le 26 juin 2011 (lire en ligne).
  8. « Site Gloria : restructuration et réhabilitation à l'étude - Carentan », ouest-france.fr, 18 décembre 2010.
  9. LBO France, consulté le 26 juin 2011.