Couillard

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Localisation du patronyme Lecouillard / Le Couillard dans la Manche (2012).
Nom de l'ouest de la Manche, avec deux points d'émigration vers Cherbourg et Saint-Lô.

Couillard (variante graphique Couillar; formes avec article Lecouillard, Le Couillard) est un nom de famille de la Manche.

Attestations anciennes

  • COILLART. — Rogerus Coillart 1198 [1] au bailliage de Cotentin.
  • COUILLART. — Gaufridus Couillart 1272 [2] à Bretteville-en-Saire.
  • COULLARD. — Coullard, de Carentan 1561 [3] à Carentan. — Il s'agit d'une forme dépalatalisée de Couillard.

Étymologie

Surnom médiéval issu de l’ancien français coillart, dérivé adjectival en -art de l’ancien français coil, coille « couille, testicule » [4]. Ce mot a eu de multiples valeurs, dont la plus fréquent était « pourvu de (gros) testicules ». Il s’est appliqué en particulier aux animaux entiers, non castrés. Dans le cas d’un anthroponyme médiéval, il s’agit d’un surnom de personnage pourvu d’attributs virils imposants. Le mot coillart a malheureusement été aussi utilisé au Moyen Âge au sens de « couillon », dans tous les emplois du français moderne; ceci est nettement moins reluisant. Enfin, le coillart était le nom d’une machine de guerre, un genre de baliste destinée à jeter des pierres, d’où un possible surnom de soldat « artilleur », spécialiste du maniement de ce genre d’engin [5].

Attestations toponymiques dans la Manche

Statistiques

On dénombre dans la Manche en 2012 [6] :

  • 319 COUILLARD ; ce nom est attesté dans tous les départements normands, mais principalement dans la Manche, puis en Seine-Maritime et dans le Calvados.
  • 61 LECOUILLARD / LE COUILLARD [7]; très nettement centré sur la Manche (cantons de Lessay, La Haye-du-Puits, Saint-Malo-de-la-Lande), rare dans les autres départements.
  • 1 COUILLAR ; seulement dans la Manche.

Personnalités de la Manche

Notes et références

  1. Léchaudé D’Anisy et Antoine Charma, Magni Rotuli Scaccariæ Normanniæ sub regibus Angliæ, pars secunda, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XVI, 2e série, 6e volume, Paris, 1852, p. 73b-74a.
  2. Julie Fontanel, Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 154, § 44.
  3. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. II), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXII, Caen, 1895, p. 656.
  4. L'ancien français coille est issu du gallo-roman °COLIA < latin populaire colea, pluriel neutre traité comme un féminin de coleum, réfection tardive du latin classique coleus « testicule », apparenté à culleus « sac en cuir ». La variante masculine coil procède du gallo-roman °COLIU, du latin coleus. Ce mot représente un emprunt au grec ϰολεός, koleós (masculin), ϰολεόν, koleón (neutre) « fourreau, gaine, sac », eux-mêmes issu de l'indo-européen °kol-eyo-s, °kol-eyo-m, formes suffixées en -eyo- du degré en o de la racine °kel- « couvrir, renfermer, cacher ».
  5. Dominique Fournier, Dictionnaire des noms de famille de Normandie les plus fréquents, OREP éditions, Cully, 2008, p. 78a.
  6. Source : Annuaire officiel des abonnés au téléphone de la Manche (Pages Blanches) de 2012. Ces statistiques excluent les noms de raisons sociales et les patronymes apparaissant plusieurs fois, mais incluent les noms doubles. Une attestation équivaut en moyenne à 2,5 porteurs.
  7. Cette dernière graphie n'apparaît qu'à un seul exemplaire.