Camp du bois du Châtellier (Le Petit-Celland)

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Carte extraite de l'atlas de l'Histoire de Jules César par Louis Napoléon Bonaparte (1865-1866)

Le camp du bois du Châtelier est un ancien site archéologique de la Manche, situé au Petit-Celland.

Situé à 170 mètres d'altitude sur la ligne de crête entre Avranches et Mortain, dominant la vallée de la Sée au nord, c'est un oppidum gaulois sur le territoire des Abrincates qui occupe une vingtaine d'hectares [1]. L'endroit est depuis longtemps envahi par les bois.

Histoire des fouilles

Fulgence Girard écrit en 1842 que c'est un camp romain, champ de bataille où les confédérés armoricains emmenés par Viridovix succombent, en 56 avant Jésus-Christ, sous les armes de Quintus Titurius Sabinus [2].

En 1862, le général Casimir Creuly (1795-1879) visite ce camp et émet l'opinion que ce n'était pas là un camp véritable, mais un lieu de refuge pour les populations gauloises [3].

Pour confirmer ces présomptions, Édouard Le Héricher est chargé par la commission de topographie des Gaules d'y faire des fouilles. La découverte de quatre monnaies gauloises sorties des déblais l'encourage à dater le camp de la conquête romaine. L'existence d'une voie antique (romaine ou gauloise) passant au pied du Châtelier ajoute à l'importance de ce camp-refuge [3].

Les investigations menées en 1938 par Mortimer Wheeler, archéologue écossais, viennent conforter cette hypothèse : la fortification, dotée d’un rempart construit selon la technique du murus gallicus, aurait connu une existence très brève, et aurait été détruite violemment [1]. La céramique et les monnaies découvertes permettent à M. Wheeler de dater l'ouvrage du milieu du Ier siècle avant J.-C. et d'en déduire que les peuples armoricains coalisés contre Sabinus se sont bien rassemblés au Châtelier[1]. Cette hypothèse communément admise est remise en question par Colin Wells en 2009.

Daniel Levalet persiste à croire que ce site a bien été le lieu de cette « première bataille de Normandie » : cet oppidum gaulois, est situé à un kilomètre à vol d'oiseau du Châtel (Saint-Ovin), au sud-ouest, une seconde fortification possible sur 45 ha avec source, plus élevée que le Châtelier.[1]

Situation

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Bibliographie

  • Mortimer Wheeler, Iron Age camps in Northwestern France and Southern Britain, Antiquity, mars 1939, p. 58-74
  • Mortimer Wheeler et K.M. Richardson, « Hill-forts of Northern France», Society of Antiquaries Research Report, t.19 , Oxford, 1957, p. 38-54
  • Olivier Buchsenschutz , « Urbanisme et oppida », Revue archéologique de l’Ouest, supplément n°3, 1990, p. 191-194
  • Daniel Levalet, « Guerre des Gaules : peut-on localiser le camp de Sabinus ? », Revue de l'Avranchin, tome 81, 2004, p. 207-212
  • Colin Wells, « La Bataille de Normandie (56 av. J.-C.) », Revue de l'Avranchin, tome 86, 2009, p. 165-175

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Daniel Levalet, Avranches et la cité des Abrincates. 1er siècle avant Jésus-Christ - VIIe siècle après Jésus-Christ, éd. Société des antiquaires de Normandie, 2010, p.27.
  2. Fulgence Girard, « Mémoire sur le camp romain dont les ruines couronnent la hauteur dite le Châtellier, dans la commune du Petit-Celland », Mémoires de la société archéologique d'Avranches, Tome premier, éd. Tostain, Avranches, 1842, p. 161-192 (lire en ligne).
  3. 3,0 et 3,1 Alexandre Bertrand, « Fouilles du Châtelier près Avranches », Revue Archéologique, vol. 8, 1863, pp. 422–426 (lire en ligne).