Alexandre Burnouf

De Wikimanche

Alexandre Burnouf, né à Tourlaville le 6 novembre 1881, mort en 1939, est une personnalité de la Manche.  

Syndicaliste ouvrier et chef d’entreprise

Figure singulière que celle d’Alexandre Burnouf qui fut, dans la première moitié du XXe siècle, « le leader du prolétariat cherbourgeois » [1], avant de devenir chef d’entreprise.

Né dans une famille nombreuse dont le chef était ouvrier de briqueterie, Alexandre Burnouf embrasse très jeune la cause du socialisme après avoir été premier au catéchisme [2]. Apprenti aux usines Simon et à l’arsenal, il devient très tôt le disciple de Jaurès et de l’Équeurdrevillais Hippolyte Mars.

En 1908, il est élu trésorier de la jeune fédération socialiste de la Manche lors de son congrès de Granville. Il est déjà connu comme un des plus ardents militants de la CGT.

En 1911, il accède au secrétariat de la Maison de Peuple de Cherbourg, où il se fait aussitôt remarquer par sa fougue et ses excès de langage [2]. Cette même année, il est arrêté dans le Calvados, à la suite de heurts violents entre ouvriers syndiqués et non-syndiqués.

En 1913, il est nommé gérant de La Dépêche de Caen, organe du parti socialiste et en 1914, il est élu secrétaire général de l’Union départementale des syndicats de la Manche [2]. Mobilisé la même année, il est fait prisonnier dès le début de la guerre, mais parvient à s’évader et à rejoindre Cherbourg en 1916 [2]. Dès son retour, il se fait remarquer par sa propagande pacifiste virulente qui inquiète les autorités comme ses propres amis [2]. Ces derniers le contraignent même à quitter la Maison du Peuple où il habite.

Alexandre Burnouf conserve néanmoins une grande influence car, en 1918, il revient comme secrétaire au conseil d’administration de cette Maison du Peuple qu'il a contribué à fonder [1], avant de reprendre ses fonctions de secrétaire de l’Union départementale des syndicats [2].

Il entame parallèlement une carrière politique en se présentant aux élections municipales de Cherbourg contre Albert Mahieu [1]. Il est battu mais entre quand même au conseil municipal de Cherbourg. Il fait finalement alliance avec ce dernier, dont il devient l'un des adjoints. Il fonde L'Avenir de la Manche [1], journal de la SFIO à laquelle il a entre-temps adhéré.

En 1934, il quitte définitivement la scène syndicale cherbourgeoise et la politique pour se consacrer exclusivement, et assez paradoxalement, au développement d’une entreprise de construction qu’il a trouvé le temps de créer [2].

Il meurt dans son bureau, terrassé par une crise cardiaque [1].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 « 120 ans en Cotentin 1889-2009 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009, p. 111.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 et 2,6 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, ISBN : 2-914 541 17 1.