Hippolyte Mars

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Hippolyte Mars par Émilie Rolez.

Hippolyte Mars, né à Équeurdreville le 24 novembre 1870 et mort dans la même commune le 16 septembre 1959, est une personnalité politique de la Manche, ajusteur de profession.

Biographie

Il naît dans une famille modeste, d'un père, François Mars (1845-), pêcheur à Terre-Neuve, puis marin d'État, et d'une mère ménagère[1], Claris Le Boulleur, née à Montgardon.

À 13 ans, il entre aux ateliers Sénéchal, rue Bonhomme à Cherbourg. Un an plus tard, le 13 janvier 1884, il entre à l'arsenal de Cherbourg comme apprenti à la serrurerie [1]. Il devient ouvrier ajusteur en 1887[2].

Le 18 avril 1896, il se marie à Ploubalay (Finistère) avec Marie Colleu (1871-1945).

En 1899, il fonde le Syndicat des ouvriers de la marine, dont il devient le secrétaire général [1]. Il est l'un des leaders des mouvements ouvriers. « On lui doit en partie la création des commissions mixtes qui jouèrent un grand rôle dans les rapports du monde ouvrier avec l'autorité ministérielle[1] ».

Il entre au conseil municipal d'Équeurdreville le 13 mai 1900. En 1904, il crée un groupe socialiste, rattaché à la fédération de Basse-Normandie et au Parti socialiste français de Jean Jaurès [1]. Réélu la même année, en obtenant le poste de deuxième adjoint, il devient premier adjoint en 1905 après la démission du maire Victor Michaud [1]. Il est élu maire le 16 mai 1908 après avoir fait élire toute la liste socialiste le 3 mai précédent, devenant « le premier maire socialiste du département » [2]. Il demeure maire plus de cinquante ans, jusqu'à sa mort, en 1959.

Il a imposé que soit érigé dans sa commune l'un des rares monuments aux morts pacifistes de France. On peut y lire la mention : « Que maudite soit la guerre ». L'œuvre, due à Émilie Rolez, a été réalisée en 1930 et inaugurée en 1932.

On lui doit la construction de l'hôtel de ville, du cinéma Le Palace, du stade-vélodrome Jean-Jaurès (1923), de l'hôtel des Postes, du groupe scolaire Jean-Goubert [2]. Proche de l'architecte René Lévesque et du peintre Émile Dorrée, il est également à l'origine du musée municipal [1].

Il est élu conseiller général du canton d'Octeville en 1919. Il garde son poste jusqu'en 1921.

Il milite dés les années 1920 en faveur du « Grand Cherbourg ».

En 1950, lors de son 80e anniversaire, il évoque ainsi son parcours : « Simple ouvrier, j’ai souffert de la misère qui était celle de mes camarades. J’avais des connaissances plutôt limitées, j’ai été assez hardi pour les mettre quand même au service de la classe ouvrière dont je partageais les humiliations. Et après ? Il n’y a pas de miracle mais seulement un combat à la portée de beaucoup. »[2].

Il meurt en fonction.

Distinctions

Il reçoit la rosette de la Légion d'honneur le 5 juillet 1958 pour ses cinquante ans de mairie [1].

Hommages

Une place d'Équeurdreville-Hainneville lui rend hommage en portant son nom.

En 2017, du 3 mars au 14 avril, 40 des 236 tableaux qu'il a légués à la ville sont exposés au centre culturel d'Équeurdreville-Hainneville [3].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5, 1,6 et 1,7 Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français. 3e partie, 1871-1914 : De la Commune à la Grande Guerre. vol. 14, Mar à Ras, Ed. ouvrières, 1976.
  2. 2,0, 2,1, 2,2 et 2,3 « Hippolyte Mars, une vie, une ville », Vivre à Équeurdreville-Hainneville, n° 95, juillet-août 2008.
  3. « Hippolyte Mars a légué 236 œuvres à sa ville », Ouest-France, 4 mars 2017.

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