Pierre-Nicolas Perrée-Duhamel

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Pierre-Nicolas Perrée dit Perrée-Duhamel, né à Granville le 8 avril 1747, mort à Mortain le 17 novembre [1] 1816, est un homme politique de la Manche.

Membre de la famille Perrée, illustre lignée granvillaise de corsaires et de négociants, Pierre-Nicolas Perrée est le fils de René Jean Perrée, seigneur de Grandpièce et du Hamel, armateur et maire de Granville [2].

Il reprend les affaires d'armateur et négociant à Granville de son père à la mort de celui-ci en 1779. Juge-consul à Granville (1779-1782), il est nommé maire de cette ville par le Roi le 8 avril 1783, jusqu'au 20 août 1787, devenant alors pour deux années prieur-consul.

Le 27 février 1789, il participe à la rédaction du cahier de doléances du Tiers-État puis devient chef de la légion de la Garde nationale de Granville de juin 1792 à avril 1793, et président du Comité de surveillance révolutionnaire sous la Terreur [3].

Il est élu au conseil des Anciens le 24 vendémiaire an IV[4]. Partisan du coup d'État du 18 brumaire, il est nommé par Bonaparte au Tribunat le 4 nivôse an VIII jusqu'à la suppression de celui-ci en 1807 [4]. Brièvement régent au sein du Conseil général de la Banque de France (VIe siège) entre le 13 février et le 17 octobre 1800 [3], il intègre la Cour des Comptes le 28 septembre 1807 [5] en qualité de conseiller-maître. Marié en secondes noces, il est de ce fait le beau-frère de Corentin-Xavier Tirel de la Martinière, l'un des plus gros actionnaires de la Banque de France.

Il présente successivement ses vœux à Louis XVIII en 1814, à l'Empereur durant les Cent-Jours, et à nouveau au Roi à l'avènement de la Seconde restauration [6].

Il était commandeur de la Légion d'honneur (25 prairial an XII) et chevalier d'Empire (20 juillet 1808) [4], avec les armes : D'argent à l'ancre bouclée d'azur ; à la fasce brochante de gueules chargée du signe des Chevaliers légionnaires qui est de gueules chargé de l'étoile d'argent [2].

Son fils, Nicolas François, né le 26 juin 1785 à Granville, et marié à Clémence Tellier, petite-fille de Joseph Marie Vial, caissier du remboursement des billets de la Banque de France, a été négociant et banquier à Paris [2].

Il est le cousin de Jean Perrée-Duhamel, né le 12 février 1744 à Granville, négociant-armateur et échevin de Granville, député aux États généraux de 1789 [7], officier municipal de Granville sous la Révolution puis adjoint au maire de Granville au moment du retour de Louis XVIII [3].

Il est enterré dans le cimetière entourant l'église Notre-Dame de Bréville-sur-Mer

Bibliographie

  • A. Reulos, « Une vieille famille granvillaise, les Perrée-Duhamel », Le Pays de Granville, août 1949
  • Michel Reulos, « La juridiction consulaire de Granville », Le Pays de Granville, 1949
  • Charles de La Morandière, Histoire de Granville, Bayeux, 1947

Liens internes

Notes et références

  1. État civil Mortain - Acte de décès n° 51.
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Christian Lebrument, Généalogie des Perrée, Section généalogique de l'association artistique de la Banque de France.
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Romuald Szamkiewicz, Les Régents et censeurs de la Banque de France nommés sous le Consulat et l'Empire. Genève : Droz, 1974.
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 « Pierre-Nicolas Perrée-Duhamel », dans Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français (1889-1891).
  5. Umberto Todisco, Le personnel de la cour des comptes (1807-1830). Paris : 1969.
  6. Emmanuel Prunaux, Les dirigeants sous le Consulat et l'Empire, 2006.
  7. Plusieurs sources, dont Todisco et le Dictionnaire des parlementaires, font une confusion entre les deux cousins, attribuant à Pierre-Nicolas le rôle de constituant.