Louis Édouard Bouët-Willaumez

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L'amiral Bouët-Willaumez.

Louis Édouard Bouët-Willaumez, né à Brest (Finistère) le 24 avril 1808 et mort à Maisons-Lafitte (Yvelines) le 9 septembre 1871, est une personnalité militaire et politique de la Manche.

Il est préfet maritime de Cherbourg de 1860 à 1861.

Biographie

Sa tombe au cimetière du Père-Lachaise.

Louis Bouët et le fils d'un tailleur de pierre originaire de Villedieu devenu l'un des industriels les plus riches et les plus considérés de Brest (Finistère) [1]. Adopté par son oncle, l'amiral Willaumez, il ajoute son nom à Bouët.

Sorti de l'école navale d'Angoulême en 1824, il embarque comme aspirant et participe à la bataille de Navarin et à l'expédition de Morée. Nommé enseigne de vaisseau en 1829, il assiste à la prise d'Alger.

Promu lieutenant de vaisseau en 1834, il est envoyé au Sénégal où il mène des explorations navales. Il réprime la traite négrière et conclut des traités de commerce et de protection avec des chefs côtiers du golfe de Guinée.

Capitaine de corvette en 1840, il exerce les fonctions de gouverneur du Sénégal de 1842 à 1845, période durant laquelle il étend la souveraineté de la France en ouvrant des comptoirs de commerce.

En 1844, il fait partie de l'expédition qui s'empare de Mogador (Maroc). Il est promu capitaine de vaisseau en récompense de son rôle actif dans ce succès.
Embarqué à bord de la frégate Pénélope comme commandant des quatorze bâtiments de la division navale des côtes occidentales d'Afrique de 1848 à 1850, il a pour mission de lutter activement contre la traite et de rétablir la souveraineté française sur des points côtiers insurgés, où il rétablit le commerce français. Il fonde Libreville en 1849 et signe un traité avec le roi du Dahomey en 1851.

Devenu chef d'état-major de l'escadre de l'amiral Hamelin en 1853 et promu contre-amiral le 2 décembre 1854, il participe aux opérations navales de la guerre de Crimée et organise avec une grande efficacité le débarquement près de Sébastopol.

En 1856, il commande la flotte du Levant. En 1859, il contribue marginalement à la campagne d'Italie à la tête de la flotte de siège de l'Adriatique.

Élevé au rang de vice-amiral le 9 juillet 1860, il exerce les fonctions de préfet maritime de Cherbourg de 1860à 1861 puis à Toulon jusqu'en 1864.

Il commande ensuite l'escadre de la Méditerranée, à bord de laquelle il transporte l'empereur Napoléon III venu effectuer en 1865 une visite officielle en Algérie.

Il est promu amiral en 1865 puis nommé sénateur la même année.

Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, il est désigné à la tête de l'escadre du Nord, destinée à mener une opération combinée dans la Baltique dont il avait élaboré les plans dès 1868. Le 24 juillet 1870, à Cherbourg, il présente à l'impératrice Eugénie les états-major de l'escadre avant leur départ[2].

Il meurt des suites d'une maladie du foie contractée au Sénégal. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris (4e division).

Il est le beau-fils de l'amiral René Constant Le Marant de Kerdaniel (1777-1865), qui fut lui aussi préfet maritime de Cherbourg de 1831 à 1836.

Distinctions

Décorations françaises

  • Ordre de la Légion d'honneur : chevalier en 1837 ; officier en 1839 ; commandeur en 1849; grand officier en 1856 et Grand-croix en 1868
  • Médaille militaire en 1866
  • Médaille d'Italie en 1860

Décorations étrangères

  • Commandeur de l'Ordre du Bain (Royaume-Uni) en 1856
  • Commandeur de l'Ordre du Médjidié (Turquie) en 1857
  • Grand officier de l'Ordre militaire de Savoie (royaume de Sardaigne) en 1860
  • Grand officier de l'Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (royaume de Sardaigne) en 1862
  • Grand croix de l'Ordre de Pie IX (Saint-Siège) en 1863
  • Grand croix de l'ordre du Sauveur (Grèce) en 1865
  • Classe majeure du Nichan Iftikhar, (Régence de Tunis) en 1865
  • Médaille de Crimée (Royaume-Uni), avec barrettes «Mer d’Azoff» et «Sébastopol» 1857

Hommages

  • L'avenue Bouët est l'une des plus grandes artères de Libreville (Gabon) ; un quartier de la ville porte le nom de Mont-Bouët.
  • À Abidjan (Côte d'Ivoire), la commune qui abrite le port a été nommée Port-Bouët en son hommage. De même, à Saint-Louis (Sénégal), Bouetville est le nom des quartiers les plus anciens, situés près du pont Faidherbe.
  • En Bretagne, au moins quatre rues portent son nom.

Notes et références

  1. Ouest-Eclair, 22 août 1931.
  2. « L'impératrice à Cherbourg », La Guerre de Prusse illustrée, n°4, impr. Lahure, Paris, 1870, p.31 (lire en ligne)

Source

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