Aubert Lemeland

De Wikimanche

Aubert Lemeland, né à La Haye-du-Puits le 19 décembre 1932, mort à Paris le 15 novembre 2010, est un compositeur de musique classique de la Manche.

Biographie

Tombe au cimetière du Père-Lachaise.

Il étudie d'abord le piano et le violoncelle à Cherbourg.

Il s'installe à Paris en 1948. Étudiant au lycée Claude-Bernard à Paris, il y côtoie comme professeur Julien Gracq, et comme condisciples Jean-Edern Hallier, Jean-René Huguenin et Jules Roy auquel il se lie d'amitié [1]. Avec l'écrivain Jules Roy (1907-2000), il écrit pour lui son opéra Lieutenant Karl.

Il compose notamment plus de deux cents opus, quatorze symphonies entre 1975 et 2010, une quinzaine de concertos, un opéra, La Lettre au cachet rouge, et des cycles pour voix et orchestres [1]. Sa Première symphonie, écrite en 1975, est créée par le chef d'orchestre Michel Plasson, à la tête de l'Orchestre national du Capitole de Toulouse [2]. Ses œuvres, qui couvrent tous les genres, sont jouées notamment par l'Orchestre philharmonique de Radio-France et des solistes de renom, comme le pianiste français Jean-Pierre Férey, l'ont interprété [2].

Marqué par les combats de la Libération auxquels il assiste enfant, il compose de nombreuses pièces qu'il dédie aux soldats alliés et à tous les combattants [1]. En 1995, il reçoit le prix de l'Académie Charles Cros pour son disque Omaha et Les Chants pour les soldats morts, des pièces pour piano [3].

Le critique Renaud Machart dit d'Aubert Lemeland qu'il avait « l'oreille fine, la technique sûre, la plume prodigue et la culture colossale » [4]. Il souligne qu'il avait mis au point « un langage harmonique propre, très immédiatement reconnaissable et assez français de couleur » [4]. Il dit aussi que « l'œuvre de Lemeland a cette merveilleuse qualité de parler d'une voix singulière au moyen d'un vocabulaire dont les traits sont communs à d'autres musique. » [5].

Il est sociétaire définitif de la Sacem depuis 1987.

Il a écrit également trois romans et deux récits.

Atteint d'une sclérose en plaques, il est amputé d'urgence d'une jambe en octobre 2010 [4]. Il meurt le mois suivant à Paris, où il s'est retiré et où il vit chichement. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (22e division).

Discographie

  • Symphonie n° 10 - Letzte Briefe aus Stalingrad / Memorial, Dieppe 19 août 1942 : Shao-Chia Lü, Svetlana Katchour (soprano), Pamela Hunter (récit), et le Staatsorchester Rheinische Philharmonie conduit par José Serebrier.
  • Omaha Songs for the Dead Soldiers : Carole Farley (soprano), Sabine Chefson (harpe), orchestre sous la direction de Marc Tardue, Skarbo, 1994
  • Laure ou La lettre au cachet rouge (opéra en trois actes : livret de Jean de Beer, d'après Alfred de Vigny) : Monika Brändle (soprano), Richard Williams (ténor), Claudio Danuser (baryton), Laurence Albert (basse), et l'Orchestre philharmonique du Rhin, sous la direction de Marc Tardue, Skarbo, 1999
  • Ballades du soldat : Jean-Pierre Férey (piano), Skarbo, 2004
  • Symphonie n° 8 - Battles Pieces, Skarbo, 2005
  • Concerto funèbre : Marie-Annick Nicolas (violon) et l'Orchestre de Chambre National de Toulouse conduit par Emmanuel Plasson, Skarbo
  • Airmen : Carole Farley (soprano), Pamela Hunter (récit), et l'Ensemble instrumental de Grenoble conduit par José Serebrier, Skarbo
  • Sept préludes chantés : Jean-François Garneil (baryton) Alain Prévost (guitare), Intégral
  • Musique de chambre, avec Jean Dupouy (alto), Ramon de Herrera (guitare), Robert Fontaine (clarinette), Robert Casier (hautbois) et le Quintette à vent de Paris, Skarbo, 2007
  • 6e Symphonie "Les Éléments" : Carole Farley (soprano), avec l'Orchestre philharmonique du Rhin conduit par José Serebrier, Skarbo, 2010

...

Œuvres littéraires

  • La Lettre de Stalingrad, éd. L'Harmattan

...

Récompenses

  • Grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros 1995
  • Diapason d'or 1998

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 S.L. « Hommage au musicien et écrivain haytillon Aubert Lemeland », La Presse de la Manche, 18 septembre 2010, p. 7.
  2. 2,0 et 2,1 « Décès du compositeur français Aubert Lemeland », AFP, 17 novembre 2010, 14 h 46.
  3. Ouest-France, 30 novembre 2010.
  4. 4,0 4,1 et 4,2 Renaud Machart, « Disparition : Aubert Lemeland », Le Monde, 28 novembre 2010.
  5. Renaud Machart, « Aubert Lemeland, compositeur fou d'Amérique », Le Monde, 29 août 2004 lire en ligne.

Lien externe