Armand de Bricqueville

De Wikimanche

Armand François Bon Claude comte de Bricqueville (ou Briqueville), né à Bretteville le 23 janvier 1785, mort à Paris le 19 mars 1844, est une personnalité militaire et politique de la Manche, colonel de cavalerie de l'armée napoléonnienne.

Biographie

La famille Bricqueville est un membre important de la noblesse normande, se divisant en plusieurs branches dont les Bricqueville de La Luzerne, les Bricqueville de Colombières et les Bricqueville de Bretteville, nés de l'union de Jean de Bricqueville avec Cécile, dame de Bretteville, de Gréville, de Nacqueville et du Vicel. On compte parmi les Bricqueville de Bretteville, deux mousquetaires du roi, dont l'un, François, mort à la bataille de Malplaquet.

Le père d'Armand, le vicomte François-Claude de Bricqueville, était un chef de la chouannerie normande, fusillé à Coutances en 1796, en criant « Vive le Roi » mais en conseillant à son fils : « Je donne ma vie aux Bourbons, mais ne les servez jamais, ce sont des ingrats. »

Buste par David d'Angers, quai de Caligny, à Cherbourg.

Élevé dans la haine des Bourbons par sa mère, Françoise de Carbonnel de Canisy, Armand de Bricqueville entre à 17 ans à l'école militaire de Fontainebleau et en sort sous-lieutenant de cavalerie. Il participe à la bataille de Iéna. Sa vigueur au combat lui permet d'évoluer rapidement, en devenant lieutenant de dragons et aide de camp du général Lebrun en 1807, capitaine l'année suivante, chef d'escadron et officier d'ordonnance de Napoléon en 1812, lieutenant-colonel des lanciers de la garde impériale en 1813. Il participe valeureusement avec la Grande Armée aux campagnes de Prusse, de Pologne, d'Espagne, de Russie et de France.

À la chute de l'Empire, il préfère se retirer mais croisant le nouveau Louis XVIII accompagné par les soldats prussiens, il l'escorte jusqu'à Saint-Ouen à la tête des lanciers impériaux, en déclarant : « Sire, lui dit-il, c'est sous la protection des Français que votre Majesté doit rentrer en France ». Il lui remet ensuite sa démission.

Reprenant sa place durant les Cent-Jours comme colonel du 20e dragons, il est l'un des artisans de la victoire de Ligny par les charges de son régiment. Aide de camp de Grouchy à la bataille de Waterloo, il tente vainement de le convaincre de marcher sur le canon (« Marchez au canon, c'est le salut de la France »). Il est grièvement blessé lors du dernier sursaut d'orgueil de la Grande armée, le 1er juillet 1815 à Rocquencourt, près de Versailles, contre une colonne de la cavalerie prussienne. Il prend alors sa retraite.

Blessé et infirme, il côtoie les complots bonapartistes contre les Bourbons, puis se retire dans ses terres. Le 2 juillet 1822, il revend le château familial de Bretteville, qu'il avait racheté le 20 juillet 1804, lors de l'adjudication au tribunal de Valognes.

Il sort de sa retraite en 1827 quand il est élu député de la Manche (circonscription de Valognes), prenant la parole à la tribune et vote l'adresse des 221. En 1830, il est nommé conseiller général de la Manche. Il siège jusqu'en 1833 [1].

Réélu député en 1830 contre le général Bonnemains, il déclare à l'assemblée : « Notre monarchie héréditaire ne peut être véritablement affermie que par le développement de toutes les sages libertés qui ennoblissent l'homme et l'abolition de tous les privilèges à la tête desquels il place l'héridité de la pairie ».

Il est reconduit en 1831 par les électeurs de la circonscription de Cherbourg. Opposant au régime, il combat ardemment les Bourbons et la monarchie, et fréquente le député de la circonscription voisine, Alexis de Tocqueville, parent par alliance. Ainsi, membre de l'opposition constitutionnelle après la révolution de 1830, il réclame lors de l'arrestation de la duchesse du Berry, en 1832, son jugement et la peine de mort ou l'emprisonnement à vie. Il perd son siège en 1837 et le regagne en 1841.

Déjà agonisant, sa dernière prise de parole à la Chambre des députés est pour demander le transfert du général Bertrand aux Invalides. Mort à Paris, son corps est transporté à Cherbourg, et le député bénéficie d'un enterrement populaire[2] dans le cimetière des Aiguillons[3].

Très vite, des listes de souscriptions circulent pour faire ériger un monument à sa mémoire. La réalisation d'un buste est confiée au sculpteur David d'Angers. Son inauguration a lieu le 12 mai 1850 sur la place des Sarrazins qui prend ensuite son nom.

voir l'article détaillé Buste d'Armand de Bricqueville

Notes et références

  1. « Tout sur la Manche », Revue du département de la Manche, tome 29, n° 113-114-115, 1987.
  2. Source manquante.
  3. Yves Lecouturier, Tombes célèbres de Normandie, Orep, Cully, 2009.

Sources

  • Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852
  • Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français (1889-1891), XIXe siècle
  • Louis Le Blond, « François Claude Marie, vicomte de Briqueville, chevalier de Bretteville (1761-1796) », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, 1956
  • « Buste d'Armand de Briqueville », La statuaire monumentale, brochure touristique de la Ville de Cherbourg-Octeville, direction des Affaires culturelles, 2008.
  • Biographie politique des députés : Session de 1831, Pagnerre, 1831

Lien interne

Lien externe