Étienne Marmion

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Étienne Marmion, né à Valognes en 1649, est une personnalité catholique de la Manche, étudiant du séminaire de Valognes puis professeur de philosophie à Paris.

Biographie

« Étienne Marmion, de Valognes, âgé de vingt-deux ans ; il a fait ses classes d'humanités et y fait sa philosophie » : telle est la présentation qui en est faite, à l'automne 1671, dans la liste des « écoliers » du séminaire de Valognes, fondé par François de La Luthumière et fermé de manière définitive en 1675, en raison de ses relations avec Port-Royal.

Le jeune homme poursuit sans doute alors ses études à Paris, et il est vraisemblable que les relations de La Luthumière et des amis de ce dernier, comme Louis Le Bourgeois, avec Port-Royal soient pour beaucoup dans l'évolution de la carrière de Marmion.

Ainsi, à une date inconnue, il assure la formation philosophique de Françoise-Marguerite de Joncoux (1668-1715), comme l'indique un extrait du Mémoire sur la vie de cette demoiselle par Pierre Sartre :

« Outre une grande connaissance de la langue latine, elle savait passablement le grec, et elle avait même étudié avec succès les plus essentielles parties de la philosophie sous M. Marmion, fameux professeur du collège des Grassins. Celui-ci fut un des premiers qui osèrent enseigner publiquement la philosophie de Descartes ; ce qui lui attira des affaires assez désagréables de la part des jésuites, et de quelques-uns même de ses confrères. À l'égard de la théologie, cette demoiselle s'était remplie des principaux ouvrages de saint Augustin qui ont rapport à la morale. » (extrait cité par Ellen Weaver, dans l'ouvrage indiqué ci-dessous, p. 56).

Nous savons que Mlle de Joncoux est issue d'une famille liée à Port-Royal, et que le collège des Grassins est connu pour ses liens avec le même milieu. Le texte de Sartre nous apprend que Marmion est un adepte de Descartes, ce qui lui vaut quelques mésaventures causées par les jésuites et même par certains confrères.

C'est aussi dans ce même établissement qu'en 1695, Marmion a comme élève Jean-Baptiste Le Sesne de Ménilles d'Étemare (1682-1770). Deux ans plus tard d'Étemare entre au séminaire oratorien de Saint-Magloire.

Le nom du même Marmion figure, semble-t-il, dans le testament de François de La Luthumière, datant de 1696.

Enfin, une lettre adressée le 16 décembre 1701 par un ami à Mlle de Joncoux (conservée aux Archives d'Utrecht, Pays-Bas), cite le nom de Marmion.

Ce Normand de Valognes meurt sans doute à Paris, à une date inconnue.

Sources

  • Archives départementales de la Manche, série 100 J, fonds André Chastelain (liste des étudiants de Valognes, 1671).
  • Archives municipales de Valognes : famille Marmion.
  • Archives d'Utrecht (Pays-Bas), fonds Port-Royal, 3052.
  • Bruno Neveu, Érudition et théologie, Paris, Albin Michel, 1994, p. 281.
  • Catherine Maire, De la cause de Dieu à la cause de la Nation. Le jansénisme au XVIIIe siècle, Paris, Gallimard, 1998, p. 91.
  • Ellen Weaver, Mademoiselle de Joncoux. Polémique janséniste à la veille de la bulle Unigenitus, Paris, Cerf, 2002, pp. 56, 57, 88 et 171.