Forêt de la Lande Pourrie

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Plan de la forêt de la Lande-Pourrie à l'origine
En forêt de la Lande Pourrie

La forêt de la Lande Pourrie est une forêt de la Manche, située au sud du département.

Elle se situe entre Mortain-Bocage dans la Manche, Domfront et Tinchebray dans l'Orne. Elle s'étend dans la Manche sur les communes de Barenton, Ger, Mortain, Saint-Clément-Rancoudray, Saint-Georges-de-Rouelley, Saint-Jean-du-Corail, et elle se prolonge dans le département de l'Orne sur la commune de Lonlay-l'Abbaye.

Elle s'inscrit dans le Parc naturel régional Normandie-Maine.

Mentionnée dès le 12e siècle, elle fut d’abord un domaine royal, elle a ensuite dépendu du comté de Mortain.

Le chef chouan Louis de Frotté s'y réfugie avec son armée en 1799 après avoir perdu la bataille de la Fosse.

La forêt de la Lande Pourrie a permis l'approvisionnement en charbon de bois d'une verrerie, de fourneaux de potiers, de forges de cloutiers et des forges de Bourberouge.[1]

Le 27 juillet 1944, six résistants du Mortainais y sont arrêtés, ils ont été fusillés par les Allemands le 31 juillet, dans la carrière de Bourberouge.

Toponymie

Attestations anciennes

L'une des premières mentions de la Forêt de la Lande Pourrie sur une carte géographique : Normandia, Pierre Bertius, 1606.
  • foresta de Landa Putrida 1156/1173 [2].
  • grant boscage / Ke l’en klame [3] Lande porrie 1160/1174 [4].
  • foresta […] de Landa Putrida 1170/1173 [5].
  • [gén.] foreste de Landa Putrida 1180 [6].
  • foresta […] de Landa Putrida 1181/1182 [7].
  • Landa Putrida 1150/1200 [pour l’an 1106] [8].
  • foresta de Landa Putrida 1203 [9].
  • Foresta Lande Putride 1235 [10].
  • foresta […] de Landa Putrida 1256 [11].
  • la forest de Lande Pourrie 1328 [12].
  • la fore[s]t de Lande Porrie 1350 [13].
  • Forest de Lande Pourie 1606 [14].
  • Forest de pourie 1620 [15].
  • Forest Pourie 1635 [16], 1675 [17].
  • F[orest] de l Ante pourrie 1716 [18].
  • Forest de Lande Pourie 1719 [19].
  • F[orest] de l’Antepourie 1719 [20].
  • Forest de Lande pourie 1720 [21].
  • F[orest] de l’Antepourie 1742 [22].
  • Forest de Lande Pourie 1758 [23].
  • Lande pourrie 1753/1785 [24].
  • Forêt de Lande-Pouprie [sic] 1802 [25].
  • Lande-Pourrie 1804 [26].
  • Forêt de lande Pourrie 1809 [27].
  • Lande Pourrie 1835/1845 [28].
  • Forêt de la Lande Pourrie 1884 [29], 2007 [30].

Étymologie

Toponyme médiéval issu de l’ancien français lande porrie, formé de l’appellatif lande « contrée boisée » (puis après défrichement « terre libre couverte de bruyère ou d’ajoncs ») et du participe passé porri « pourri, moisi ». On notera que dans ce cas précis, le mot lande a conservé son sens primitif de « lieu boisé, forêt ».

L'emploi du mot pourri en toponymie n'est pas rare, et fait référence selon les cas à diverses sortes de détériorations : ici, celle de la végétation, causée par l'humidité. On note par ailleurs dans la Manche l'appellation elliptique de la Pourrie, relevée à Cerisy-la-Forêt, Lamberville, Saint-Michel-des-Loups et Vidouville. On rencontre également le Pied Pourri dans l'Orne à Neuilly-sur-Eure, et encore la Mare Pourrie à Sommervieu dans le Calvados. Ce dernier toponyme, où le mot pourri évoque la présence d'eaux boueuses, est attesté sous la forme latinisée Mara Fanchosa « mare fangeuse » en 1231 [31].

Site naturel protégé

Le massif est couronné de crêtes rocheuses dont les rochers du Grand Noë, de Bouillant, de Vieille Bruyère, de Moulinet, d'Hamon, du Balcon, le rocher à la Vierge et le rocher du Dolmen. Le site pittoresque de ces hauteurs est inscrit le 4 mai 1944, selon la loi du 2 mai 1930[32].

Le GR 22 permet d'accéder au rocher du Dolmen à partir de la chapelle Saint-Michel, mais la forêt l'a emporté sur les landes qui s’étendaient autrefois entre les crêtes rocheuses, belvédères naturels sur la vallée de la Sélune[32].

Située dans le parc naturel régional Normandie-Maine, c'est une zone classée ZNIEFF 2 sur 3 665 hectares, composée de milieux de types différents : bois tourbeux, landes mésophiles, landes tourbeuses, barres rocheuses, prairies hygrophiles, ruisseau...[33]

Le substrat géologique est formé principalement par le grès armoricain et les schistes briovériens[33].

Flore

On y relève seize espèces protégées au niveau national ou régional , comme l'ossifrage brise-os, le rossolis à feuilles rondes, l'hyménophyllum de Tonbridge, le rossolis intermédiaire... [33]

Faune

Parmi les oiseaux, on trouve des espèces nicheuses très intéressantes telles la fauvette pitchou, l'engoulevent, le busard Saint-Martin.[33]

On a recensé quelques papillons peu communs, comme le grand mars changeant, l'azuré du trèfle, l'hespérie des potentilles et l' agrion de Mercure.[33]

On signale enfin la présence de la couleuvre d'Esculape.[33]

Localisation

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Bibliographie

Notes et références

  1. François Dornic, « L'Industrie du fer en Basse-Normandie et au Perche », Hors série des annales de Normandie, 1982, vol.1, n°1, p. 213-228
  2. Léopold Delisle, Recueil des actes de Henri II, revu et publié par Élie Berger, Imprimerie Nationale, Paris, t. I, p. 497, § CCCLVIII.
  3. La grande contrée boisée / Que l'on appelle…
  4. Wace, Roman de Rou, édition de Frédéric Pluquet, Édouard Frère éd., Rouen, 1827, t. II, p. 398, v. 16328.
  5. Léopold Delisle, op. cit., t. I, p. 568, § CCCCXXXVIII.
  6. Léchaudé D’Anisy, Grands Rôles des Échiquiers de Normandie, première partie, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XV, 2e série, 5e volume, Paris, 1845, p. 4a.
  7. Léopold Delisle, op. cit., t. II, p. 214, § DCVIII.
  8. Léopold Delisle, Chronique de Robert de Torigni, abbé du Mont-Saint-Michel, A. Le Brument, Rouen, vol. I, 1872, p. 127, n. 5.
  9. Léchaudé D’Anisy et Antoine Charma, Magni Rotuli Scaccariæ Normanniæ sub regibus Angliæ, pars secunda, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XVI, 2e série, 6e volume, Paris, 1852, p. 98a.
  10. Léopold Delisle, Le cartulaire normand de Philippe-Auguste, Louis VIII, saint Louis et Philippe le Hardi, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XVI (2e série, 6e vol.), Paris, 1852, p. 66a, § 412.
  11. Ibid., p. 101a, § 551.
  12. Léopold Delisle, Les actes normands de la Chambre des Comptes sous Philippe de Valois (1328-1350), Rouen, Le Brument, 1871, p. 6, § 3.
  13. Ibid., p. 427, § 256.
  14. Pierre Bertius, Normandia, 1606.
  15. Damien de Templeux, Description du pais de Normandie, Jean le Clerc éd., 1620 [Archives départementales du Calvados, cote CPL 147].
  16. Normandia Ducatus (carte du duché de Normandie), Atlas Van der Hagen, 1635.
  17. abbé Jean Petite, cartographe, et R. Michault, graveur, Description particulière du diocese de Bayeux, Jollain, Paris, 1675 [BnF, Collection d’Anville, cote 00259].
  18. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  19. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  20. Guillaume de l’Isle, Carte des Provinces du Maine et du Perche, Paris, 1719.
  21. G. Mariette de la Pagerie, Carte topographique de la Normandie; feuille 3 : Fougères, Vire et Avranches, 1720 [BNF, fonds Cartes et Plans, cote Ge DD 2987 (1009, III) B].
  22. Guillaume de l’Isle, Premier Geographe du Roy de l'Academie Royale des Sciences, Carte des Provinces du Maine et du Perche dans la quelle se trouve comprise la Partie Septentrionale de la Generalite de Tours, Amsterdam, Chez Jean Covens et Corneille Mortier, Geographes, 1742 [BnF].
  23. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
  24. Carte de Cassini.
  25. A. F. Lecousturier l’aîné et F. Chaudouet, Dictionnaire géographique des postes aux lettres de tous les départemens de la République française, Valade, Paris, an IX (1802), t. II, p. 71b.
  26. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. III, an XIII (1804), p. 94a.
  27. Cadastre napoléonien, Archives départementales de la Manche.
  28. cartes d’État-Major (relevés de 1820 à 1866, mises à jour jusqu’à 1889; Basse-Normandie cartographiée entre 1835 et 1845).
  29. E.-A. Pigeon, Carte du diocèse d’Avranches, A. Herluison, Orléans, 1884 [BnF, GED-1158].
  30. Carte IGN au 1 : 25 000.
  31. Dominique Fournier, « La mort en ce jardin : essai de microtoponymie macabre », in Histoire et Traditions Populaires n° 32 (décembre 1990), Foyer Rural du Billot-Montpinçon, Montpinçon, p. 19.
  32. 32,0 et 32,1 Dreal Basse-Normandie, Crêtes de la forêt de la Lande pourrie- Mortain et Bion, Caen, 2013 lire en ligne)
  33. 33,0 33,1 33,2 33,3 33,4 et 33,5 D. Aubry, 2014.- 250002592, Forêts de la lande pourrie et de Mortain, Inpn, spn-mnhn, Paris, 2014 (lire en ligne)