Octave Feuillet

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Octave Feuillet par Antoine Samuel Adam-Salomon.
Octave Feuillet.
Villa des Palliers à Saint-Lô
où il vécut de 1860 à 1878

Octave Feuillet, né à Saint-Lô le 10 août 1821, mort à Paris le 28 décembre 1890, est un romancier de la Manche.

Dramaturge et romancier à succès, collaborateur de la Revue des deux mondes, il est élu à l’Académie française le 3 avril 1862.

Biographie

Il est le fils de Jacques Feuillet (1815-1858), avocat, secrétaire général de la préfecture de la Manche. Il naît 2, rue Saint-Georges. Il appartient « à une vieille famille bourgeoise, depuis longtemps fixée dans le pays ; et sa maison des Palliers était le centre de réunion de quelques amis fidèles d'enfance et de jeunesse auxquels il restera toujours extrêmement attaché » [1].

Il passe à Saint-Lô « la plus grande partie de sa vie, au moins jusqu'à la fin de l'Empire » [1]. Mais « les nécessités de l'éducation de ses fils » l'amènent à se fixer à Paris [1].

Il abandonne des études de droit pour se consacrer à la littérature. Il écrit plusieurs pièces de théâtre et obtient son premier succès avec Un bourgeois de Rome (1845) [2].

En 1849, il quitte Paris pour Saint-Lô afin de s'occuper de son père malade.[3]

Il se marie en 1851 à Valérie Dubois (1832-1906), fille du maire de Saint-Lô, Ernest Dubois.

Avant tout reconnu pour ses pièces de théâtre, il débute en tant que romancier en 1852 [2].

En 1855, sa pièce Péril en la demeure est jouée devant Napoléon III à la Comédie française [2].

Au décès de son père en 1858, il retourne à Paris avec sa femme et leur fils, mais vite lassé de la vie parisienne, il achète en 1861 la maison des Palliers, sur les hauteurs de Saint-Lô.[3].

Il publie en 1858 son roman le plus connu Roman d'un jeune homme pauvre [2].

Le 3 avril 1862, il est le premier romancier à être élu à l'Académie française[4].

L'impératrice Eugénie qui apprécie fort l'auteur saint-lois le fait nommer bibliothécaire du palais de Fontainebleau en 1868 [2].

Il jouit de son vivant d'une grande popularité : « il séduisait le peuple comme la famille impériale dont il était très proche » [5].

« Celui que l'on surnommait “le Musset des familles” était aussi un collectionneur avisé aux goûts éclectiques. Sa fidélité à sa ville natale s'est traduite par un don important visible au musée des Beaux-Arts » [5].

Après la chute du Second Empire en 1870, son succès et sa santé déclinent doucement. Il séjourne régulièrement en Suisse et se résout à quitter définitivement Saint-Lô pour Paris où il meurt en 1890[3].

Il est inhumé au cimetière de Saint-Lô avec son épouse, Valérie.

Œuvres

  • La Vie de Polichinelle et ses nombreuses aventures, Paris, Hetzel, 1846
  • Scènes et comédies, Paris, Michel Lévy, 1857
  • Bellah, Paris, Michel Lévy frères, 1858
  • Monsieur de Camors, Paris, Calmann-Lévy, 1871
  • Un mariage dans le monde, Paris, Michel Lévy, 1875
  • Histoire de Sibylle, Paris, Calmann-Lévy, 1876
  • Le Journal d'une femme, Paris, Calmann-Lévy, 1878
  • Scènes et proverbes, Paris, Calmann-Lévy, 1879
  • Histoire d'une parisienne, Paris, Calmann-Lévy, 1881
  • La Petite Comtesse ; Le parc ; Onesta, Paris, C. Lévy, 1882
  • Le Mariage dans le monde, Paris, 1882
  • La Veuve ; Le Voyageur, Paris, Calmann-Lévy, 1884
  • Le Divorce de Juliette ; Charybde & Scylla ; Le curé de Bourron, Paris, Calmann-Lévy, 1889
  • La Morte, Paris, C. Lévy, 1889
  • Honneur d'artiste, Paris, Calmann-Lévy, 1890
  • Scènes et comédies, Paris, Calmann-Lévy, 1891
  • Œuvres complètes, Paris, M. Lévy, 1891-
  • Julia de Trécœur, Paris, Calmann-Lévy, 1892
  • Les Amours de Philippe, Paris, Calmann-Lévy, 1894
  • Monsieur de Camors, Paris, Calmann-Lévy, sd

Au théâtre

  • Un bourgeois de Rome, 1845
  • Échec et mat, drame en cinq actes, en prose, Paris, Jérôme, 1846
  • Palma, ou, La nuit du vendredi saint, drame en cinq actes, Paris, Michel Lévy, 1847
  • La Vieillesse de Richelieu, drame en cinq actes, en prose, Bruxelles, Lelong, 1849
  • York, comédie-vaudeville en un acte, Paris, Michel Lévy, 1852
  • Le Village, comédie en un acte, en prose, Paris, Michel Lévy, 1856
  • Le Roman d'un jeune homme pauvre, comédie en cinq actes et sept tableaux, Paris, M. Lévy, 1859
  • La Tentation, pièce en cinq actes et six tableaux, Paris, M. Lévy, 1860
  • Le Cheveu blanc, comédie en un acte, en prose, Paris, M.Lévy frères, 1860
  • Rédemption, comédie en cinq actes et un prologue, Paris, M. Lévy, 1860
  • La Belle au bois dormant, drame en cinq actes et huit tableaux, Paris, Michel Lévy frères, 1865
  • Péril en la demeure, comédie en deux actes, en prose, Paris, Michel Lévy; 1867
  • Dalila, drame en quatre actes en six tableaux, Paris, Michel Lévy frères, 1870
  • Le Cas de conscience, comédie en un acte en prose, Paris, Lévy, 1873
  • Le Sphinx, drame en quatre actes, Paris, Michel Lévy Frères 1875
  • Julie, drame en trois actes, en prose, Paris, Calmann-Lévy, 1877
  • Le Cas de conscience, comédie en un acte, en prose, Paris, Calmann-Lévy, 1877
  • Montjoye, comédie en cinq actes, en six tableaux, Paris, Calmann-Lévy, 1880
  • La Crise, comédie en quatre actes, Paris, Calmann-Lévy, 1882
  • Les Portraits de la marquise, comédie pastiche en trois tableaux, Paris, Calmann-Lévy, 1882
  • La Partie de dames, pièce en un acte, Paris, C. Lévy, 1883
  • Un roman parisien, pièce en cinq actes, Paris, Calmann-Lévy, 1883
  • Le Voyageur, scènes dialoguées, Paris, [s.n.], 1884
  • Circé, proverbe en un acte, Paris, Calmann-Lévy, 1887
  • L’Acrobate, comédie en un acte, en prose, Paris, C. Lévy, 1887
  • Chamillac, comédie en cinq actes, Paris, Calmann-Lévy, 1889
  • Le Pour et le contre, comédie en un acte, en prose, Paris, Calmann-Lévy, 1895
  • Théâtre complet, Paris, Calmann-Lévy, 1897-1900
  • La Fée, comédie en un acte en prose, Paris, C. Lévy, 1898

Bibliographie

  • Léon Déries, « Octave Feuillet », Revue de Cherbourg et de la Basse-Normandie, n° 2, 15 décembre 1906
  • André Chaumeix, « La jeunesse d'Octave Feuillet », Le Monde illustré, 16 septembre 1922 (lire en ligne)
  • Jean Barbaroux, « La demande en mariage d'Octave Feuillet à Valérie Dubois », Revue du département de la Manche, n° 10, 1961
  • Jeanne Potier, « Octave Feuillet : évocations familiales », Revue du département de la Manche, n° 155, 1997

Hommages

Sa collection personnelle faite de tableaux, de manuscrits et de bijoux, soit en tout 1 200 pièces, est présentée au musée des beaux-arts de Saint-Lô du 10 novembre 2018 au 21 avril 2019 [6].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 « Octave Feuillet », L'Univers illustré, 3 janvier 1891.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3 et 2,4 Yves Lecouturier, Célèbres de Normandie, éd. Orep, Cully, 2007.
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Exposition 2019 au musée des Beaux-Arts de Saint-Lô
  4. Académie française, site internet, consulté le 14 janvier 2019.(lire en ligne)
  5. 5,0 et 5,1 Alain-François Lesacher, La Manche, une aventure humaine, éd. Ouest-France, 2006.
  6. Christophe Leconte, « L'exposition Octave Feuillet se dévoile », Dimanche Ouest-France, 11 novembre 2018.