Jacques Engerran-Deslandes

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Jacques Engerran-Deslandes, né à Saultchevreuil-du-Tronchet le 31 mai 1751, mort à Avranches le 21 novembre 1843, est un homme politique de la Manche, avocat de profession.

Assez riche pour être philosophe

Avocat partisan des idées révolutionnaires, Jacques Engerran-Deslandes est élu député de la Manche le 9 septembre 1792, le 10e sur 13, avec 364 voix sur 665 votants. Sur les bancs des modérés, il vote « pour la détention » lors du procès de Louis XVI, et s'intéresse particulièrement aux contributions et taxes. Il est réélu le 13 octobre 1795 (21 vendémiaire an IV), avec 241 voix sur 461 votants, et le 25 décembre 1799, au conseil des Cinq-Cents, dont il est le secrétaire. Il traite surtout des questions juridiques, telles que la situation des parents d'émigrés, la libération des comptables envers la République, les réclamations formées contre les représentants en mission, la législation des baux et loyers, le relèvement du crédit des assignats. Il s'oppose à l'abrogation de la loi sur la déportation des prêtres au projet visant à donner une garde au Corps législatif. Il siège jusqu'au 1er juillet 1803. Favorable au coup d'État de brumaire, il est nommé par le Sénat conservateur le 4 nivôse an VIII, membre durant quatre ans du Corps Législatif, puis quitte la vie politique[1].

Dans son ouvrage sur Avranches, En flânant dans  les rues d’une petite ville, Alphonse Osmond écrit au sujet de cet homme : « Esprit éclairé et cœur généreux, il profita toujours de l’influence dont le paraient son titre et l’estime de ses collègues pour adoucir les rigueurs de cette époque terrible. Vingt proscrits durent à son humanité la liberté ou la vie » [2].

Le même auteur ajoute que Jacques Enguerran-Deslandes « vit avec douleur le Premier Consul changer en sceptre la glorieuse épée de Marengo ». Sous l’Empire, il refuse toutes les fonctions qu’on lui propose, y compris un poste élevé dans l’administration de la Justice. Surpris, Napoléon lui dit un jour : « Vous êtes donc bien riche pour refuser tout emploi ! ». Et l’avocat manchois de répondre : « Assez pour vivre en philosophe, Sire ! »[2].

Engerran-Deslandes passe la fin de sa vie à l’ombre de ses arbres. Passionné d’arboriculture, il écrivit un gros ouvrage fort utile sur la culture des arbres forestiers[2].

Notes et références

  1. Biographie sur le site de l'Assemblée nationale.
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Alphonse Osmond, En flânant dans les rues d'une petite ville, Impr. Oberthur, Rennes, 1948.