Paul Cirou

De Wikimanche

Paul Cirou, né à Sainte-Mère-Église le 11 décembre 1869, mort en 1951, est un artiste peintre de la Manche.

Peintre du Cotentin et de l’Algérie

Fils d’un juge de paix qui est maire de Sainte-Mère-Église, Paul Cirou est un des peintres dits orientalistes les plus sensibles du siècle dernier.

Après son enfance passée à Sainte-Mère-Eglise, il fait ses études au lycée de Caen, à l’École des Beaux-Arts de Dijon et à l’Académie Julian de Paris. C’est dans la capitale qu’il débute en 1898 en exposant au Salon des Artistes français des portraits, en particulier ceux de son père et de Monseigneur Le Nordez, et des paysages. Il revient souvent poser son chevalet dans les marais et au bord des chemins creux du Cotentin. C’est là qu’il peint ses plus belles toiles impressionnistes dont la fameuse Matin brumeux à La Fière.

Mais, en 1907, la maladie l’oblige à fuir la capitale. Il décide de traverser la Méditerranée. Il reste en Algérie jusqu’en 1936. C'est pour lui une vie et une vocation nouvelles. Ébloui par la lumière de l’Afrique du Nord, il devient peintre orientaliste. Il parcourt sans relâche les souks et les confins du désert. De cette longue période, il nous laisse une abondante collection de toiles lumineuses et vibrantes de couleurs dont les plus connues sont Cortège nuptial et La fiancée kabyle. Le gouverneur général lui commande son portrait et plusieurs tableaux. Et l’État lui achète nombre d’œuvres pour ses musées.

À son retour de Paris, il ouvre avec sa femme, peintre elle-même, un atelier rue de la Tome-Issoire où il forme de nombreux élèves. La capitale ne l’a pas oublié et ses expositions à la France d’Outre-Mer et ailleurs sont des succès. La Manufacture nationale des Gobelins lui commande des cartons de tapisserie immenses. Et l’État lui achète encore Les porteuses d’eau, les Fleurs à la fenêtre, Sur le Lac Léman, etc.

Après la mort de son épouse, il vient passer ses derniers jours dans sa famille de Sainte-Mère-Église où il veut peindre, sur les murs de la salle des fêtes, des fresques évoquant les jours terribles de juin 1944. Mais ce projet ne voit pas le jour. Paul Cirou disparait en 1951 avant de commencer cette œuvre.

Il repose dans le cimetière de sa commune natale, dans le caveau de famille (Famille d'Aigremont).

Source

Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, ISBN 2914541147

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