Jean-Baptiste Douville

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Jean-Baptiste Douville, né à Hambye le 21 septembre 1793 (5 jour compl. an I)[1] et mort vers 1837, est un voyageur et naturaliste de la Manche.

Biographie

Il parcourt d'abord l'Europe, l'Asie et l'Amérique du sud. Il part du Brésil en 1827 avec l'intention de pénétrer dans l'intérieur de l'Afrique par le Congo. Il arrive le 13 décembre à Banguela, principal établissement portugais sur la côte et quitte cette ville le 6 février 1828 pour parcourir l'intérieur en commençant par les bords de la Zenga et du Bongo. Voici en abrégé le récit qu'il fait de son voyage et de ses aventures.

Il visite successivement le détroit d'Icolac Bengo, celui de Golungo, la province de Golungo Alto, la province d'Ambacca dans le pays des Dembos, puis celles du Haco du Tamba, du Baïllundoet du Bihé. Dans la capitale du Haco, il perd sa jeune épouse, qui avait partagé les dangers du voyage. Le Bihé est le point le plus méridional où Douville parvient.

Il fait ensuite une excursion au mont Zambi et fixe la position réelle de ce volcan sur lequel on n'avait que des notions confuses, puis il se dirige vers Loanda en traversant plusieurs provinces. Il visite les célèbres mines de sel de la province de Lobolo. À son arrivée à Loanda, Douville est assez mal accueilli par le gouverneur portugais et ne peut obtenir la permission de faire un second voyage. Il est obligé d'user de ruse pour atteindre le grand marché d'esclaves de Cassange.

Il prend sa route à travers les pays indépendants et arrive enfin à Cassanci, capitale de l'État de Cassange et célèbre dans tout le Congo par son marché. Il veut passer le fleuve Couango (que l'on croit être le même que le Zaïre ou Congo), mais le jaga (chef militaire du pays) le lui refuse. Il décide alors de s'avancer dans l'intérieur, évite le pays des féroces Numé et arrive aux États de Banka où il passe le Couango.

Il explore le lac Couffoua (lac des Morts ou lac Mort), mer intérieure qui occupe le centre de l'Afrique méridionale. Il fait ensuite route vers le nord et, après une marche de 160 km à travers des plaines riantes et fertiles, il arrive dans la grande ville de Taudi-ci-Voua, séjour de la reine. Le roi demeure dans Yanvo, son autre capitale. Douville visite aussi cette deuxième ville dans laquelle le roi veut le retenir d'abord par des offres brillantes, puis par la force.

Douville n'assure son salut qu'en mettant dans ses intérêts, au moyen de riches présents, les prêtres, tout-puissants sur l'esprit du roi. Après avoir échappé à ce danger, il tombe dans un autre : une fièvre dangereuse l'empêche de gagner Bomba et de poursuivre sa route à travers le continent. Il doit s'arrêter dans l'intérieur, à Mouené-Haï, à 1 000 milles de Loanda, à vol d'oiseau.

Il se retourne alors vers l'ouest pour regagner la côte et parcourt à travers maints obstacles la longue route qui le sépare de son point de départ. Il est attaqué par une troupe de lions et de panthères en traversant une rivière ; puis, dans le passage des montagnes Noires, il réussit à gagner Ambriz, presque seul, dépouillé de tout et en mauvaise santé.

Revenu en France en mai 1831, il expose devant la Société de géographie les découvertes qu'il a faites et cette société lui décerne, dans sa séance du 25 mars 1832, sa médaille pour la plus grande découverte géographique moderne. Malheureusement pour Douville, on élève, par la suite, des doutes sérieux sur sa véracité, puis on s'aperçoit qu'il s'attribue l'honneur de découvertes faites par d'autres et sur lesquelles il avait eu des documents inédits ; enfin que les aventures qu'il raconte étaient arrivées réellement, mais à d'autres que lui.

C'est Th. Lacordaire qui dévoile l'imposture dans la Revue des Deux-Mondes du 1er et du 15 novembre de la même année. Douville cherche à défendre son roman géographique, mais en vain ; il retourne au Brésil, explore l'Amazone, et est, dit-on, assassiné par les noirs de son escorte. Plusieurs géographes n'en ont pas moins admis sans réserve ses descriptions fantastiques ; ce sont Balbi, Stieler et Zimmermann.

Douville a publié, en 1832, la relation de ses voyages et de ses prétendues découvertes dans un livre intitulé ; Voyage au Congo et dans l'Afrique équinoxiale, 4 vol. in-8°, avec atlas.

Notes et références

  1. - Acte de naissance (lire en ligne).

Article connexe

Source

  • Pierre Larousse, Grand dictionnaire encyclopédique du XIXe siècle, Rue du Montparnasse, Paris, 1875.