Edith retrouvant le corps d'Harold après la bataille d'Hastings

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Edith retrouvant le corps d'Harold après la bataille d'Hastings, par Horace Vernet.

Edith retrouvant le corps d'Harold après la bataille d'Hastings est un tableau de la Manche, exposé au musée Thomas-Henry.

Composition

Le 14 octobre 1066, Guillaume II de Normandie, dit le Bâtard, livre bataille à Hastings contre Harold II, auquel il conteste les droits de succession sur le trône d'Angleterre du défunt roi Edouard le Confesseur. Harold meurt au combat, d'une flèche dans l’œil selon la tradition. Son corps est reconnu par sa maitresse, Edith Swanneck.

La toile représente Edith, amené par un moine près du corps de son amant. Harold a le visage recouvert d'un foulard cachant la flèche que Vernet avait initialement représenté fichée dans l’œil. Derrière, une femme, mère de Harold ou servante d’Edith, semble partager la douleur de la maîtresse. Au troisième plan, un jeune moine soutient un blessé, comme témoin de la scène. En arrière plan, au delà de la palissade de bois détruite, apparaissent des tentes et le paysage anglais[1].

La composition de l'oeuvre suit une diagonale allant de la main de la servante à l’angle supérieur gauche à la tête d'Harold à l’angle inférieur droit en passant par la main d’Edith, celle du moine et celle du blessé. Les regards appuient cette composition qui guident l’œil du spectateur du monde des vivants à gauche, vers celui des morts à droite[1].

Sur un décor plutôt sombre, où domine le gris et le bleu, les personnages ressortent par un jeu de contraste entre le blanc (corps, habit monacal, voile d’Edith) et couleurs vives (vêtements or et orangés et chevelure rousse d'Edith, tissu rouge couvrant le visage d'Harold...). Des couleurs chaudes qui évoquent le mouvement orientaliste que l'on retrouve dans les chaussures et vêtements d’Edith[1].

Historique de l'oeuvre

Horace Vernet (1789-1863) peint en 1828 cette scène à la fois inspirée de la peinture troubadour, par l'histoire légendaire dont elle traite, et du courant romantique par la représentation de héros et de scènes de guerre en choisissant pourtant non pas une scène de la bataille victorieuse de Guillaume, mais les conséquences de celle-ci pour les vaincus[1].

Alexandre Dumas parle dans ses Mémoires de cette toile : « Horace Vernet avait envoyé de Rome un grand tableau représentant Edith aux longs cheveux cherchant le corps d'Harold sur le champ de bataille d'Hastings. C'était un tableau appartenant à la catégorie que Vernet appelle en riant sa grande peinture. Le tableau m'avait singulièrement séduit, non pas à cause du sujet, mais à cause du nom de l'héroïne. Il me prit fantaisie de faire un drame qui aurait nom Edith aux longs cheveux. »

L'huile sur toile de grand format (3,40 m x 3,86 m) est enserré dans un cadre qui comporte en haut le nom de l'oeuvre, en bas une lithographie représente la scène.

Exposée dans l'hôtel de Jules-Polydore Le Marois, avenue d'Antin à Paris, la toile est offerte par sa petite-fille, Jeanne de Ganay, en 1927, au musée Thomas-Henry[2].

François Schommer présente au Salon de 1884 une autre version de cet épisode historique.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Concours d’écriture 2009/2010 « Ma vie de tableau », Musée d’art Thomas-Henry / Service éducatif
  2. Inventaire MTH 2006.0.37