Bohémond de Tarente

De Wikimanche

Portrait imaginaire par Merry-Joseph Blondel (XVIIIe s.).
Le siège d'Antioche en 1098.
La prise d'Antioche.
Mausolée de Bohémond à Canosa.

Bohémond de Tarente, aussi Bohémond de Hauteville ou Bohémond Ier d'Antioche, né en 1052 et mort à Canosa en Apulie (Italie) le 26 mars 1111, est une personnalité militaire de la Manche.

Fils de Robert Guiscard, il est l'un des meneurs de la Première croisade (1096-1099).

Biographie

Il est le fils aîné de Robert Guiscard (ca 1015-1085) et de sa première épouse, Aubrée de Buonalbergo.

Il guerroie au côté de son père et le seconde entre 1081 et 1085 dans sa guerre contre Byzance en Épire et en Macédoine [1]. Écarté de la succession à la mort de son père, du fait de la répudiation de sa mère, au profit de son demi-frère, Roger Borsa, il livre bataille sous ses propres couleurs et s'empare du comté de Tarente en 1085.

En 1096, il participe à la Première croisade et s'y illustre. Il s'empare par ruse d'Antioche (aujourd'hui en Turquie) le 2 juin 1098 et crée autour d'elle une principauté. Mais il est fait prisonnier en 1100 par l'émir de Sivas et ne retrouve la liberté qu'en mai 1103. Il part en Europe en 1104 pour y rallier des renforts pour les croisades. Mais il n'y parvient pas, en nombre suffisant. Il épouse à Chartres en 1106 Constance (ca 1078-1125), fille de Philippe Ier, roi de France. Il attaque l'empire byzantin par un débarquement en Dalmatie en 1105. À la fin de 1107, il prend Avlona (actuellement Vlora), mais il est battu à Durasso (actuellement Durrës). Capturé, il est contraint de signer en 1108 le Traité de Déabolis par lequel l'empereur byzantin Alexis Ier Commène prend autorité sur la principauté d'Antioche et fait de Bohémond son vassal.

La princesse byzantine Anne Commène donne de lui cette description, dans l'Alexiade, écrit vers 1148 :

« II dépassait les plus grands d’une coudée ; il était mince du ventre, large des épaules et de la poitrine ; il n’était ni maigre ni gras. Il avait les bras vigoureux, les mains charnues et un peu grandes. À y faire attention, on s’apercevait qu’il était tant soit peu courbé. Il avait la peau très blanche, et ses cheveux tiraient sur le blond ; ils ne passaient pas les oreilles, au lieu de flotter, comme ceux des autres barbares. Je ne puis dire de quelle couleur était sa barbe ; ses joues et son menton étaient rasés ; je crois pourtant qu’elle était rousse. Son œil, d’un bleu tirant sur le vert de mer, laissait entrevoir sa bravoure et sa violence. Ses larges narines aspiraient l’air librement, au gré du cœur ardent qui battait dans cette vaste poitrine. Il y avait de l’agrément dans cette figure, mais l’agrément était détruit par la terreur. Cette taille, ce regard, il y avait en tout cela quelque chose qui n’était point aimable, et qui même ne semblait pas de l’homme. Son sourire me semblait plutôt comme un frémissement de menace… Il n’était qu’artifice et ruse ; son langage était précis, ses réponses ne donnaient aucune prise. »

Il meurt en 1111, et est inhumé dans un mausolée semblable aux turbes turcs, collé au transept de la cathédrale de Canosa di Puglia (Italie)[2].

Notes et références

  1. E. Guinard, « Bohémond de Hauteville, prince d'Antioche : un conquérant méconnu », Revue du département de la Manche, tome 31, fascicule 122, avril 1989.
  2. Lucien Musset, « Huit essais sur l'autorité ducale en Normandie (XIe. XIIe siècles) », Cahier des Annales de Normandie n° 17, 1985, pp. 3-148 (Lire en ligne).