Étienne-François Le Tourneur

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Portrait par Jean-Baptiste François Desoria.
Étienne-François Le Tourneur.

Étienne-François Le Tourneur [1], aussi Charles-Louis-François Honoré Letourneur [2], aussi Étienne François Louis Honoré Lerouvreur [2], dit Le Tourneur de la Manche.[1], né à Granville le 15 mars 1751, mort à Laeken (Belgique) le 4 octobre 1817, est un militaire et une personnalité politique de la Manche.

Biographie

Fils de Louis François Letourneur, commissaire général et premier commis de la Marine, et de Marie Anne Renée Malanie Deroux, Etienne-François Le Tourneur sort de l'école de génie militaire de Mézières le 31 décembre 1770 avec le grade d'ingénieur. Il est envoyé à Douai, Landrécies, Le Havre et Brest, puis, promu capitaine en second le 28 avril 1778, il est affecté à la 2e brigade de génie en Normandie le 8 novembre 1779 [3].

Capitaine du génie à la Révolution dans le Nord puis à Cherbourg, il est élu en 1791 député de la Manche à l'Assemblée législative puis, en 1792, membre de la Convention pour le département de la Manche. Il participe au comité de guerre où il se lie avec Lazare Carnot. Il combat l'insurrection royaliste de vendémiaire [2].

Bien qu'opposé tout d'abord à la mise en jugement de Louis XVI, il vote néanmoins sa mort, sans sursis, mais avec appel au peuple [2].

Le 22 juin 1793, il est chargé de l'inspection des côtes de la Méditerranée. Il fait arrêté les généraux Savary et Willot comme suspects [3]. Il est ensuite nommé chef de bataillon de génie le 16 décembre 1793, président de la Convention nationale le 5 janvier 1795, et chargé de mission en Méditerranée, le 29 janvier. Il participe à la bataille de Noli en mars 1795 [3].

Le 2 août 1795, il est élu membre du Comité de salut public[3].

Réélu par la Manche au Conseil des Anciens 1795[2], puis des Cinq Cents[1], il est l'un des cinq membres du Directoire du 10 brumaire an IV (1795) au 20 mai 1797. Il s'occupe de la marine et organise l'escadre de la Méditerranée [2].

Il est nommé chef de brigade le 27 mai 1797 et général de brigade et inspecteur général d'artillerie le 9 juin suivant. Il négocie la paix avec l'Angleterre avec le titre de ministre plénipotentiaire [2].

Bonaparte le nomme préfet de la Loire-Inférieure en mars 1800, position qu'il occupe jusqu'en 1804. Il est nommé conseiller maître à la Cour des comptes en 1810 [2].

À la Restauration, il est révoqué mais reprend sa place le 30 mars 1815 [3]. Il est banni comme régicide au retour de Louis XVIII et meurt en exil à Laeken, près de Bruxelles [2].

Distinctions

  • Chevalier de Saint-Louis, le 23 janvier 1791.
  • Chevalier de la Légion d'honneur, le 6 avril 1813

Bibliographie

  • Robert Sinsoilliez, Letourneur, le Normand qui a gouverné la France, éd. Charles Corlet, 2002

Notes et références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Yves Lecouturier, Célèbres de Normandie, éd.Orep, Cully, 2007.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5, 2,6, 2,7 et 2,8 Ch. Debrozy et Th. Bachelet, Dictionnaire général de biographie et d'histoire, Delagrave, éditeur, Paris, 1880.
  3. 3,0, 3,1, 3,2, 3,3 et 3,4 Umberto Todisco, Le personnel de la Cour des comptes (1807-1830), Librairie Droz, 1969.

Liens internes

Lien externe

Biographie sur le site de l'Assemblée nationale