Bahais

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Bahais est une ancienne commune du département de la Manche.

Toponymie

Attestations anciennes

  • [abl.] Bahetis, Bahaies, Bahais s.d. [1].
  • de Beheia 1180 [1].
  • Behais ~1280 [1].
  • ecclesi[a] de Baheiis 1332 [2].
  • Behaés 1351/1352 [3].
  • Bahais 1612/1636 [4], 1677 [5].
  • Bohaist 1713 [6].
  • Bahais 1753/1785 [7], 1903 [8].

Étymologie

Peu de spécialistes ont étudié le nom de cette ancienne paroisse (la plupart des ouvrages de référence se limitent aux communes actuelles), et les rares auteurs qui l'ont fait se sont bornés à en trouver l'origine obscure. François de Beaurepaire [1] établit un rapprochement avec le hameau de Bahais à Gourfaleur, sans en tirer de conclusions. Étant donné sa proximité avec l'ancienne paroisse, le nom du hameau est sans doute secondaire, et d'ailleurs on ne dispose pas pour lui de formes anciennes .

Hypothèse

Le h interne du mot, notant un hiatus, est l'indice d'une consonne amuïe entre voyelles : [d], [t], [g] ou [k] sont les plus probables. Si l'on fait l'hypothèse d'un nom relativement ancien (on ne voit pas vraiment d'étymon latin correspondant), on pourrait penser au mot gaulois °bāgos « hêtre » [9], [10].

La variation de la graphie de la syllabe finale, où prévalent néanmoins les formes en -s, fait hésiter entre plusieurs suffixes gaulois possibles : suffixe adjectival -ācon, suffixe collectif -ēton. Le type toponymique gaulois °bāg-ācon, « (l'endroit) où il y a des hêtres » est attesté dans le nord de la France par le nom de la ville de Bavay (Bagacum à l'époque gallo-romaine), ainsi que par le nom de la forêt suisse de Beiach, donc « la hêtraie ». Peut-être a-t-on affaire ici à une forme plurielle de ce mot, d'où l'étymon gallo-roman hypothétique °BAGACA (neutre pluriel ), éventuellement refait en °BAGACAS (féminin pluriel). Ceci dit, une formation directement féminine est aussi envisageable [11]. La proximité des sons [g] et [k] dans le mot expliquerait par ailleurs un effet de dissimilation responsable du hiatus, là où l'on attendrait plutôt un yod (le son [j-] à l'initiale de yaourt), et donc une forme théorique °Bayais. On notera que dans le nom de Bavais, il y a également eu dissimilation, et apparition d'un [v] là où l'on attend le yod.

Le nom de Bahan, hameau à Saint-Symphorien-des-Monts, pourrait aussi reposer sur le gaulois °bāgos, avec un autre élément final.

Histoire

Elle fusionne en 1836 avec Esglandes et Le Mesnil-Durand pour former la nouvelle commune de Pont-Hébert.

Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Annexes

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2 et 1,3 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 74.
  2. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 358F.
  3. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 368F.
  4. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620]
  5. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  6. Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  7. Carte de Cassini.
  8. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  9. Pierre-Henry Billy, Thesaurus Linguae Gallicae, Hildesheil / Zürich / New-York, Olms-Wiedmann, 1993, p. 22b; Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 2001, p. 55.
  10. Celtique commun °bāgos, issu de l'indo-européen °bhāgós « hêtre », à l'origine entre autres du latin fagus, qui survit en toponymie sous les formes le Fou, le Fau, et du germanique commun °bōkō, d'où l'anglais book « livre », d'abord « planchette ou bâton de hêtre gravés de runes », et beech « hêtre » (de °bōk-jōn-).
  11. Dans ce cas, emploi adjectival féminin, accordé avec un appellatif féminin élidé.