Robert de Torigni

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Robert Guérin de Torigni, ou quelquefois de Thorigny, chroniqueur, né à Torigni-sur-Vire en 1106 [1], mort au Bec-Hellouin (aujourd'hui Eure) le 24 juin 1186, est une personnalité religieuse de la Manche.

L’homme qui fit se déchausser le roi d’Angleterre

Plus connu sous le nom de Robert du Mont, ce moine peut être classé sans contexte parmi les personnages considérables de son temps, et de la Manche [2]. Cette haute figure spirituelle est aussi un grand savant et un grand artiste.

D’abord prieur du Bec-Hellouin (Eure) en 1128, il est élu abbé du Mont Saint-Michel en 1154 et le demeure jusqu’à sa mort. Il devient l’ami et le confident de son suzerain, le roi Henri II Plantagenest qui l’emploie aux affaires les plus importantes du royaume d’Angleterre, le fait gouverneur du château de Pontorson et le charge d’installer son fils Geoffroy comme comte de Bretagne [2]. À la demande du pape Alexandre III, il assiste au concile de Tours [2].

Un de ses rôles moins connus est celui de diplomate. C’est ainsi qu’il est l’artisan de la réconciliation entre Henri II et le roi de France [2]. Quand, en 1170, des courtisans trop zélés du roi d’Angleterre assassinent au pied de son autel Thomas Becket, archevêque de Cantorbery et grand chancelier, Robert de Thorigny parvient à convaincre son royal ami de venir faire amende honorable en public, et pieds nus, sur le parvis de la cathédrale d’Avranches [2].

Il tire son influence de son rayonnement spirituel et intellectuel. Sous son long « règne », l’abbaye du Mont-Saint-Michel devient en effet un des hauts lieux de la pensée occidentale [2]. Avec sa centaine de moines, elle connaît une intense activité spirituelle, notamment dans le domaine liturgique. Sous son impulsion, les études sont poussées à un haut degré en histoire et en médecine [2]. La riche collection de manuscrits qui sont rassemblés dans la bibliothèque vaut alors à l’abbaye le nom de « Cité des livres ».

Robert de Thorigny est lui-même l’auteur de nombreuses œuvres littéraires, plus de deux cents au total. La plus fameuse est sa Chronique universelle, qui fait suite à la Chronologie de Sigebert de Gembloux [2]. Il a même écrit un roman, L’Histoire de Mériadoc, roi de Cambrie.

Son sarcophage est retrouvé le 30 août 1875 par Édouard Corroyer, « engagé dans les assises du mur de la façade romane, comme il était d'usage de le faire pour les moines bâtisseurs » [1].

Un grand bâtisseur

Robert de Torigni est également un grand constructeur. Il fait élever une partie des bâtiments du nord de l'abbaye [3]. On lui doit par exemple les vastes salles des hôtes et les bâtiments « administratifs » édifiés sur les flans du rocher [2]. Dans sa chronique, Dom Huynes l'appelle « le grand bâtisseur, le grand libraire, l'ornement de son ordre » [3].

Bibliographie

  • Léopold Delisle, « Vie de Robert de Torigni », en préface de Chronique de Robert de Torigni, abbé du Mont-Saint-Michel ; suivie de divers opuscules historiques de cet auteur et de plusieurs religieux de la même abbaye, éd. Le Brument et Métérie, Rouen, 1872-1873. (lire en ligne)
  • R. Foreville, « Robert de Torigni et Clio », Millénaire monastique du Mont-Saint-Michel, t. II, 1967, p. 141-153.

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 « Robert de Torigni a été abbé du Mont-Saint-Michel », Ouest-France, 30 décembre 2015.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 et 2,8 Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 1, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier.
  3. 3,0 et 3,1 Henri Voisin, Le Mont-Saint-Michel, Impr. H. Rebuffé, Fougères, sd, p. 64.