Raz Blanchard

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Situation géographique du Raz Blanchard.

Le Raz Blanchard est un courant marin de la Manche.

Il se situe dans le détroit de 15 kilomètres entre la pointe ouest du cap de la Hague et l'île d'Aurigny, à l'une des entrées du passage de la Déroute. À certains endroits, les rochers ne sont recouverts que par une trentaine de mètres d'eau [1].

Sa vitesse atteint 8 nœuds en vive-eau, soit 15 km/h [2]. Il peut même atteindre 10 nœuds en vive-eau exceptionnelle (18,52 km/h, soit 5 m par seconde) [2]. C'est « le troisième courant de renverse le plus fort du monde » [3]. Chercheur au CNRS, Jean Vérague explique : « Empruntant les vallées sous-marines, les courants se comportent autour de la presqu'île comme de véritables fleuves. Ce ne sont pas seulement des courants de surface ; ce sont des phénomènes qui se manifestent sur toute la profondeur de la mer à un endroit considéré. » [4].

Après de nombreux naufrages meurtriers au large d'Auderville, en 1834 le phare de la Hague est construit pour guider les bateaux dans cette passe dangereuse.

En juin 2017, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) lance une étude de trois ans pour mesurer le potentiel hydrodynamique du courant, « avec moins de 10 % d'erreur », le tout pour un coût de 1,7 million d'euros financé par l'Agence nationale de la recherche [5]. Baptisée HYD2M, pour « Hydrodynamique du raz Blanchard : mesures et modélisation », l'étude va mobiliser 64 antennes radars devant le raz Blanchard et au large de Goury, ainsi que trois courantomètres, un anémomètre et des caméras sous-marines [5].

Hydrolien

Au début du XXIe siècle, plusieurs études sont menées sur la faisabilité d'implanter des hydroliennes dans le raz Blanchard. En 2012, la DCNS-Cherbourg conçoit un projet global (ingéniérie, installation, production, maintenance) pour l'implantation d'une « ferme pilote » comprenant une dizaine de turbines de 16 mètres de diamètre [6]. Les turbines seraient construites à Cherbourg, sur des terrains du port de commerce. Un autre projet piloté par General Electric et Engie Futures est également prévu [7].

Notes et références

  1. Daniel Lacotte, Les Châteaux du Cotentin, éd. Ouest-France, 1979, p. 6.
  2. 2,0 et 2,1 Basse-Normandie, pays de marins, Région Basse-Normandie, octobre 2001.
  3. Dorothée Laperche, « Site internet actu-environnement.com, 5 février 2013 (lire en ligne).
  4. Michel Giard, Naufrages et sauveteurs en Manche, éd. Charles Corlet, 1989, p. 17-18.
  5. 5,0 et 5,1 Romain Mancel, « Ils veulent percer les secrets du raz Blanchard », La Presse de la Manche, 1er août 2017.
  6. « L'avenir est au raz Blanchard », Cherbourg-Octeville Magazine, n° 144, juillet-août 2012.
  7. Clotilde Cadu, « Cherbourg : le bonheur est dans les flots », Marianne, n° 1015, 16-22 septembre 2016.

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