Napoléon III et la Manche
Charles Louis Napoléon Bonaparte, dit Louis-Napoléon Bonaparte, né à Paris le 20 avril 1808, décédé à Chislehurst (Royaume-Uni) le 9 janvier 1873, est le premier président de la République française. Il devient empereur sous le nom de Napoléon III le 2 décembre 1852.
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[modifier] Biographie
Troisième fils d’Hortense de Beauharnais et de Louis Bonaparte, frère de Napoléon 1er, et roi de Hollande, Charles-Louis Napoléon fuit la France en 1815 avec sa mère. À la mort du duc de Reichstadt en 1832 et devant l’inaction de son père et de ses oncles, il se considère comme le véritable prétendant bonapartiste.
Après de multiples péripéties politiques, il rentre en France à la faveur de la Révolution de 1848. Bénéficiant de la légende napoléonienne et de la peur du « péril rouge », il distance le 10 décembre 1848 tous les autres candidats à la présidence de la République.
Il se fait proclamer empereur le 2 décembre 1852 après avoir fait une première tournée dit « voyage d’interrogation » notamment dans la Manche en septembre 1850.
[modifier] Présidentielle de 1848
La Manche vote majoritairement pour Bonaparte (65,25 %), mais en deçà de la moyenne nationale (74,33 %) au profit de Cavaignac (32,47 % contre 19,81 % en France) [1].
[modifier] 1850 : visite officielle à Cherbourg
Louis Napoléon Bonaparte, président de la République, est en visite officielle à Cherbourg du 5 au 9 septembre. Il est accompagné d'Eugène Rouher, ministre de la Justice, le général de La Hitte, ministre des Affaires étrangères, le contre-amiral Romain-Desfossés, ministre de la Marine et des colonies et Pierre Baroche, ministre de l’Intérieur. Il est accueilli par Alexis de Tocqueville, président du conseil général, qui prononce un discours, et Joseph Ludé, maire de Cherbourg.
[modifier] 1858 : quatre jours bien remplis à Cherbourg
C’est dans un tout autre contexte qu’en août 1858, Napoléon III et l’Impératrice Eugénie entreprennent un voyage officiel en Normandie et en Bretagne. Il s’agit de saluer la réussite d’une politique de grands travaux parmi lesquels la ligne de chemin de fer Paris-Cherbourg est la plus spectaculaire. Initiée depuis 1842, arrivée à Caen en 1856, elle est exploitée jusqu’à Cherbourg à partir du 17 juillet 1858. On signalera, au passage, que les revendications, trop tardives, de Saint-Lô, n’ont pas permis de donner une cohérence départementale à cette ligne[2].
Le 4 août 1858, après s’être arrêté à Évreux, Lisieux, Caen et Bayeux, le train impérial entre dans la Manche en gare de Carentan où il est reçu par le préfet de la Manche, Paulze d’Ivoy et les représentants officiels des communes de la Manche. À Valognes, le train ralentit, mais ne s’arrête pas. À l’arrivée à Cherbourg, devant une foule immense, l’évêque de Coutances célébre la messe et bénit les locomotives[2].
Le lendemain, Napoléon III et le préfet maritime accueillent au port militaire la reine Victoria d'Angleterre et le prince consort Albert et, ensemble, parcourent la ville en calèche[2].
Le jour suivant, les souverains se réunissent à bord du vaisseau amiral, « La Bretagne », entouré de centaines de navires et de yachts. Le 7 août, nouvelle parade avec l’inauguration du second bassin à flot du port maritime, long de 420 mètres sur 200 m de large et lancement dans ce bassin, le soir même, du vaisseau « Ville-de-Nantes »[2].
Ultime inauguration – avec la statue de Napoléon Ier, œuvre du Bricquebectais Armand Le Véel. L’après-midi, au terme de trois jours de liesse et de ferveur populaire, le couple impérial embarque sur « La Bretagne » et vogue vers Brest[2].
[modifier] Notes et références
- ↑ Journal des débats politiques et littéraires, 20 décembre 1848.
- ↑ 2,0, 2,1, 2,2, 2,3 et 2,4 René Gautier (dir.), Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 4, Éditions Eurocibles, Marigny, ISBN 2914541562.