Jean Simon

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Jean Simon, né à Brest (Finistère) le 30 avril 1912 et mort à Cherbourg-Octeville le 28 septembre 2003, est une personnalité militaire liée à la Manche.

Biographie

Il suit ses études au Prytanée militaire de La Flèche (Sarthe) puis entre à Saint-Cyr en 1933. Nommé sous-lieutenant, il sert au régiment d'infanterie coloniale du Maroc puis au 1er régiment de tirailleurs sénégalais. En janvier 1940, il suit les cours d'observateur avion à Tours (Indre) [1].

Refusant l'armistice, il rejoint les Forces françaises libres (FFL) à Londres en 1940. Présenté au général de Gaulle, il est nommé chef de section à la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (13e DBLE). Aussitôt engagé dans de durs combats, il est cité en mars 1941 à l'ordre de l'armée. En avril, lors de la prise de Massaoua (Érythrée), il est fait compagnon de la Libération et est décoré par le général de Gaulle. Il perd son œil droit lors de la campagne de Syrie. Rétabli, il repart au combat et participe aux campagnes de Lybie, d'Égypte, de Tunisie et d'Italie. Il reçoit une citation pour son attitude lors de la bataille de Bir-Hakeim (Lybie). Promu chef de bataillon, il est du débarquement en Provence. Il participe aux combats qui le mènent à la prise de Lyon (Rhône) et à la bataille de Belfort (Territoire de Belfort). Il est de nouveau blessé par un éclat d'obus devant Thann (Haut-Rhin). Il termine la guerre avec sept citations à l'ordre de l'armée, une citation à l'ordre du corps d'armée et une citation à l'ordre de la division [1].

En 1945, il est attaché au cabinet du général de Gaulle. Lieutenant-colonel en 1947, il est affecté au 32e régiment étranger d'infanterie (3e REI) dont il prend le commandement en 1948. Attaqué par 5 000 Vietminh à la frontière chinoise, il est blessé par des éclats de grenade aux jambes et au dos. Il est cité deux fois à l'ordre de l'armée. Promu colonel, il devient chef du 3e bureau de l'armée de terre en 1955. En novembre 1956, il participe aux opérations de Suez (Égypte). Participant aux conflits d'Afrique du Nord, il est de nouveau cité à l'ordre du corps d'armée. Ensuite, il prend le commandement de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr et de l'école militaire inter-armes [1].

Le 1er juillet 1960, il est nommé général de brigade, adjoint au général commandant la région territoriale et le corps d'armée d'Alger.

Le 1er avril 1964, puis de corps d'armée en 1967, commandant la Ve région militaire, gouverneur militaire de Lyon. Le 1er avril 1969, il est promu général d'armée.

Le 30 avril 1973, il fait valoir ses droits à la retraite.

Membre du Conseil de l'Ordre de la Libération depuis juin 1969, il est choisi par ses pairs comme chancelier de l'ordre de la Libération en septembre 1978, réélu en 1982, 1986, 1990, 1994 et 1998.

Il est également président de l'Association des Français libres de 1978 à 2000, puis, président de la Fondation de la France libre de 2000 à 2003. Il est également président de l’Institut Charles-de-Gaulle de 1995 à 1997.

Pour son dévouement et son rôle stratégique, la Nouvelle-Calédonie a reçu la Médaille de la Résistance par décret en date du 24 avril 1946. C'est 47 ans plus tard, jour pour jour, le 24 avril 1993, que le général Jean Simon, alors chancelier de l'Ordre de la Libération, remet la médaille à Jean Lèques, président d'honneur de l'association des engagés volontaires de la France libre et maire de Nouméa, lors d'une cérémonie à Nouméa, à l'endroit même où le général de Gaulle a foulé le sol calédonien pour la première fois en 1956.[2]
Ses obsèques ont été célébrées le 2 octobre 2003 en l'Eglise Saint-Louis des Invalides. Il est inhumé au cimetière de Querqueville.

Décorations[3]

  • Grand-croix de la Légion d'honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 23 juin 1941 - et membre du conseil de l'ordre de la Libération
  • Médaille militaire - décret du 16 octobre 2002
  • Croix de guerre 1939-1945 (9 citations)
  • Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (2 citations)
  • Croix de la Valeur militaire (2 citations)
  • Médaille de la Résistance
  • Croix du combattant
  • Croix du combattant volontaire de la Résistance
  • Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
  • Médaille coloniale avec agrafes « Érythrée », « Libye », « Bir-Hakeim », « Afrique française libre », « Extrême-Orient »
  • Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord
  • Médaille commémorative du Moyen-Orient
  • Médaille commémorative de la campagne d'Italie 1943-1944
  • Insigne des blessés militaires
  • Commandeur de l'Ordre des palmes académiques
  • Ordre du Service distingué (Royaume-Uni)
  • Commandeur de l'ordre royal de Victoria (Royaume-Uni)
  • Croix militaire (Royaume-Uni)
  • Bronze Star (États-Unis)
  • Médaille militaire du Brésil
  • Badge « Honneur du champ de bataille » à l'ordre des États-Unis
  • Commandeur du Nichan Iftikhar (Tunisie)
  • Commandeur de l'ordre de l'Étoile noire (Bénin)

Distinction

Il est grand chancelier de l'Ordre de la Libération pendant 24 ans [4].

Hommages

  • Une allée menant aux monuments aux morts de Querqueville porte son nom.
  • A Nouméa, entre la rue Jules Garnier et l'avenue du Général de Gaulle d'une part et la baie de l'Orphelinat d'autre part, il existe une promenade du Général Jean Simon

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 « Hommage au général Simon «, La Presse de la Manche, 20 mai 2013.
  2. Musée de la Résistance en ligne
  3. Ordre de la Libération
  4. « 120 ans en Cotentin 1889-2009 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009.

Lien interne

Liens externes