Alauna

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Alauna est une ancienne cité gallo-romaine sur l'ancienne commune d'Alleaume, aujourd'hui rattachée à Valognes.

C'est « le seul endroit du département de la Manche qui offre des restes de construction bien apparents du temps des Romains » [1]. La superficie de la cité antique est estimée à 35 ou 45 hectares [2].

Elle fait l’objet, dès 1862, d’un classement au titre des monuments historiques [3].

Situation

Elle était située sur la route menant de Coriallo (Cherbourg) à Cosedia (Coutances).

Histoire

Il est fait mention d'Alauna sur la table de Peutinger et dans l'itinéraire d'Antonin, datant tous deux du IIIe siècle [4]. La ville appartient alors aux Unelles.

La cité semble édifiée entre 25 et 50 après Jésus-Christ selon un quadrillage de rues couvrant une vingtaine d'hectares [5]. Un programme d'embellissement, de monumentalisation et d'accroissement suit entre 50 et 100 avec notamment la construction des thermes du Bas-Castelet (sortie nord) et du théâtre du Castelet (sortie est) [5].

La période d'apogée du site va de 100 à 250 : la surface s'étend cette fois sur 45 hectares avec un grand édifice public marquant la sortie de la ville [5].

De 200 à 300/350 : période de stagnation et amorce déclin : les thermes de Bas-Castelet et le théâtre du Castelet sont abandonnés [5]. Entre 300/350 et 400, la ville se vide, Alauna s'éteint [5].

On attribue la destruction d'Alauna à Victor, fils de Maxime, gouverneur de la Grande-Bretagne, battu et tué par Théodose le Grand à Aquilée en 388 [1]. Le fils du vaincu, regagnant la Grande-Bretagne, aurait exercé sa vengeance sur la dernière ville romaine du continent [1].

Les fouilles de 2013 permettent de dater les éléments du 1er au 3e siècles et quelques-uns au 4e siècle[2].

Lieux remarquables

Fouilles

Les premières fouilles ont lieu en 1695 par le père Pierre-Joseph Dunod (1646-1725), jésuite et missionnaire, aidé de l'intendant Foucault [4]. Elles mobilisent longtemps 200 ouvriers au théâtre et au balnéaire [1]. Au vu des résultats publiés dans le Mercure Galant, le père Junod soutient que l'étendue de cette cité « n'était pas moins grande que celle de Rouen » [1]. Les habitations « n'y étaient que des rez-de-chaussée bâtis en bois et en torchis sur des fondations en pierres, et souvent sans mortier » [1].

Une deuxième prospection a lieu en 1811 à l'initiative de Charles Duhérissier de Gerville [4].

D'autres fouilles ont lieu en 1954 et 1968 par MM. Demazure, Dorléans et Macé [6], en 1981 par M. Butel et en 1982 par M. Decaen [6].

En 1989 et en 1992, d'autres fouilles sont menées sous la direction de Thierry Lepert [6].

En 1999, Ludovic Le Gaillard et Nicolas Navarre engagent une prospection géophysique du site, sur 1,5 hectare [6].

En 2002 et 2010, trois nouvelles opérations sont faites [6]. D'autres suivent, désormais très régulièrement.

En décembre 2017, une équipe de géophysiciens espagnols mène des recherches durant quatre jours à l'aide d'un géoradar [7].

Bibliographie

  • Charles de Gerville, Monuments romains d'Alleaume, impr. Vve H.Gomont, Valognes, 1844 (lire en ligne)
  • Jacques Macé, « Ruines antiques d'Alauna, près de Valognes », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, t. LIV, 1957-1958, p. 384-395
  • Érik Folain, « Valognes, ruines des thermes d'Alauna », Vikland, n° 12, janvier-février-mars 2015, p. 8-15
  • Laurence Jeanne, Laurent Paez-Rezende et Caroline Duclos, « L'agglomération antique d'Alauna - Actualités du nouveau programme de recherches archéologiques sur la ville gallo-romaine d'Alleaume à Valognes », Vikland, n° 12, janvier-février-mars 2015, p. 16-23

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 J.-L. Adam, « Valognes », Cherbourg et le Cotentin, Impr. Émile Le Maout, Cherbourg, 1905, p. 584590.
  2. 2,0 et 2,1 « Les fouilles archéologiques d'Alleaume se poursuivent », La Manche libre, 17 août 2013.
  3. Ministère de la Culture, base Mérimée (lire en ligne).
  4. 4,0 4,1 et 4,2 Julien Deshayes, « Les thermes antiques d'Alauna », Le Pays d'art et d'histoire du clos du Cotentin, 21 décembre 2010 (lire en ligne)..
  5. 5,0 5,1 5,2 5,3 et 5,4 « Une cité à son apogée au IIe siècle », La Presse de la Manche, 7 janvier 2019.
  6. 6,0 6,1 6,2 6,3 et 6,4 « Les fouilles du XVIIe à nos jours », La Presse de la Manche (lire en ligne).
  7. Maud Fauvel, « Des géophysiciens catalans sur le site d'Alauna : une intervention prometteuse », La Presse de la Manche, 7 décembre 2017.

Lien interne

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