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René Le Bas

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René Le Bas, né à Caen (Calvados) le 26 mars 1915 et mort en mer sur le sous-marin Surcouf le 18 février 1942, est une personnalité militaire de la Manche, médecin de spécialité.

Tragiquement disparu avec le Surcouf

Le 18 juin 1940, les troupes de Rommel investissent Cherbourg. C’est la panique sur les quais du port. Les défenseurs du Cotentin et des milliers de soldats anglais tentent de fuir vers l’Angleterre. Le dernier bateau est sur le point d’appareiller. Il s’agit du dragueur Le Jobourg. Il est bondé de blessés. Un jeune Cherbourgeois réussit à monter à bord in extremis. Il s’appelle René Le Bas. Il a vingt-cinq ans et il est médecin de troisième classe de la Marine.

René Le Bas est issu d’une vieille famille cherbourgeoise qui a aussi des attaches avec Valognes. Avec les siens, il est d’ailleurs revenu habiter Cherbourg dès l’âge de quatre ans. Il y passe toute son adolescence. Il fait de brillantes études au lycée Victor-Grignard. Durant ses vacances, il sort souvent en mer sur un petit bateau de pêche. René Le Bas est attiré par la mer.

Ses humanités terminées, il s’inscrit à la faculté des sciences de Caen, puis entre à l’École annexe de l’hôpital de Rochefort. Voilà longtemps qu’il veut être médecin. Après Rochefort, c’est l’École principale du Service de la Santé de la Marine de Bordeaux. Il y termine ses études quand éclate la guerre. En août 1939, il est mobilisé avec le grade de médecin de troisième classe et envoyé en poste à Cherbourg, où il est affecté à la base des sous-marins et à la défense du littoral.

Le 20 juin 1940, René Le Bas débarque en Angleterre. Il ne tarde pas à s’engager dans les Forces Navales Françaises Libres. Avec enthousiasme car lui aussi porte au plus haut point le sentiment du devoir. En février 1941, il est affecté à bord du Surcouf, que les Anglais ont rendu au général de Gaulle. Le submersible a été grossièrement remis en état. Les conditions de vie à bord sont très pénibles. Presque tous les membres de l’équipage, sous les ordres du commandant Blaison, sont des novices de la sous-marinade. René Le Bas, qui vient d’être nommé médecin de deuxième classe, a du pain sur la planche car les ennuis de santé sont légion à bord. Il trouve néanmoins le temps d’apprendre à piloter le petit hydravion de reconnaissance embarqué.

Le Surcouf a pour mission d’escorter des convois sur l’Atlantique-Nord. En décembre 1941, son commandant reçoit l’ordre de s’emparer de Saint-Pierre-et-Miquelon, aux mains des gens de Vichy. L’opération se déroule sans coup férir. Le 24 décembre, René Le Bas est nommé chef du service de santé de l’île, qu’il réorganise rapidement. Mais le grand croiseur sous-marin reprend bientôt la mer avec ses cent vingt-neuf occupants. Dans la nuit du 18 au 19 février 1942, il navigue en surface, tous feux éteints, entre Panama et les Bermudes. Soudain, un choc épouvantable. Le Surcouf vient d’être éperonné par un transport américain au milieu de la mer des Caraïbes. Le sous-marin de la France Libre sombre immédiatement dans les abîmes. Les parents de René Le Bas n’apprendront la disparition de leur fils que beaucoup plus tard.

René Le Bas était le seul Cherbourgeois parmi les victimes du naufrage. À l’entrée du port de la ville, un monument perpétue le souvenir de ce drame de la mer.

Bien plus tard, le rapport d'enquête de la commission française conclut que la disparition du Surcouf est la conséquence d'une méprise: un hydravion PBY Catalina de patrouille anti-sous-marine grenade le Surcouf, qu'il a confondu avec un sous-marin allemand ou japonais dans la nuit du 18 au 19 février 1942.

Distinctions

  • Chevalier de la Légion d'honneur
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme
  • Médaille de la Résistance

Hommages

Sources

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