Louis Rangeard de La Germonière

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Louis-Hippolyte Rangeard de La Germonière, né à Vouvray (Indre-et-Loire) le 24 novembre 1807 et mort au Vast le 1er février 1887, est un homme politique de la Manche.

Il est élu représentant de la Manche à l'Assemblée nationale le 8 février 1871. Il siège jusqu'en 1876. Il avait auparavant représenté la Seine-Inférieure (aujourd'hui Seine-Maritime) de 1848 à 1849.

Il dirige la filature du Vast, commune dont il a été le maire.

Biographie

Louis Rangeard de La Germonière fait ses études au collège de Pontlevoy (Loir-et-Cher), puis à l'École de droit à Paris [1]. Reçu licencié en 1829, il s'associe en 1830 à son beau-frère Édouard Fontenilliat, propriétaire d'une importante filature de coton au Vast, pour lequel il s'occupe de la commercialisation à partir de 1834, notamment du bureau de Rouen [2].

Déjà conseiller municipal de Rouen, membre du tribunal et membre du tribunal de commerce de cette ville, il prend part au banquet réformiste de Rouen en 1847 et après la révolution de 1848, il est élu par les conservateurs de la Seine-Inférieure représentant à l'Assemblée constituante le 10e sur 19, avec 128 752 voix [1]. Il siège à droite, fait partie du comité du commerce, et vote notamment « pour » le rétablissement du cautionnement, « pour » les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, « pour » le rétablissement de la contrainte par corps, « contre » l'amendement Grévy, « contre » le droit au travail, « pour » la proposition Rateau, « pour » les crédits de l'expédition de Rome, « contre » l'amnistie, etc. [1].

Réélu, le 13 mai 1849, représentant de la Seine-Inférieure à l'Assemblée législative, il continue d'opiner avec les monarchistes, appuie de ses votes les lois répressives contre la presse, le droit de réunion, l'exercice du suffrage universel, mais n'approuve pas le coup d'État de décembre 1851 [1]. Ayant protesté, à la mairie du Xe arrondissement, contre l'acte du prince-président, il est arrêté et conduit au Mont-Valérien [1].

Pendant la durée de l'Empire il reste dans la retraite politique. Ce n'est que le 8 février 1871 qu'il est rappelé au parlement par les électeurs de la Manche : élu représentant de ce département à l'Assemblée nationale, le 7e sur 11 par 70 071 voix (88 856 votants, 153 878 inscrits) [1]. Il siège au centre droit, se prononce « pour » la paix, « pour » les prières publiques, « pour » l'abrogation des lois d'exil, « pour » la dénonciation des traités de commerce, « pour » la démission de Thiers au 24 mai, « pour » le septennat, l'état de siège, la loi des mairies, etc. [1]. Il repousse l'amendement Wallon, mais se rallie au vote des lois constitutionnelles [1]. Il fait partie de plusieurs commissions importantes, entre autres, de celle des marchés et de la célèbre commission des Trente [1].

Il se représente sans succès, le 20 février 1876 dans l'arrondissement de Cherbourg et échoue avec 2 110 voix contre 7 195 à René de Tocqueville et 5 861 à François La Vieille [1].

Il épouse en 1834 Félicité-Madeleine Fontenilliat, fille de sa sœur Françoise-Félicité et d'Édouard Fontenilliat.

Bibliographie

  • Eugène Petit, « Biographie politique de M. de La Germonière, député de la Manche », La Vigie de Cherbourg, 1876

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 1,8 et 1,9 Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Bourloton éditeur, 1889-1891.
  2. Jean-Michel Boehler, Christine Lebeau et Bernard Vogler, Les élites régionales (XVIIe-XXe siècles) : construction de soi-même et service de l'autre, Presses universitaires de Strasbourg, 2002.

Lien externe