Amand Rosselin

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Amand Eugène Rosselin, né à Beauchamps le 1e avril 1857, mort le 20 février 1917, est une personnalité politique et journalistique de la Manche.

Biographie

Fils unique d'Amand Louis Rosselin, maire de Beauchamps, et de Félicité Marie Lemoine, exploitant 5 hectares au lieu-dit de la Corbinière à Beauchamps.

Journaliste au Nouvelliste d'Avranches [1], il est répétiteur au collège d’Argentan (Orne) en 1875, au lycée de Quimper en 1876, celui de Laval (Mayenne), puis revient dans la Manche, à Coutances en avril 1877. Il est ensuite maître auxiliaire au lycée de Caen (Calvados), entre 1878 et 1879, puis s'installe à Paris, où il est successivement répétiteur au Lycée Saint-Louis en 1881, au collège Rollin en 1882, au lycée Charlemagne en 1882, au lycée Condorcet en 1889.

Il est admissible à la faculté des Sciences de Paris en 1887, au grade de Licencié-es-sciences mathématique, et est nommé professeur en cette matière au Lycée de Montargis en 1895, avant de poursuivre sa carrière à Loudun (Vienne), Argentan et Abbeville (Somme), d'octobre 1898 jusqu'à sa mise en congé, le 6 avril 1910.

Militant socialiste vers 1890 [2], après avoir assisté aux discours de Jules Guesde [3], il est candidat à la députation pour la circonscription d'Avranches en 1893 [2], premier représentant du mouvement socialiste en Basse-Normandie. Sa profession de foi réclame la gratuité de l'enseignement et de la justice, l'impôt sur le revenu et le capital et une plus grande égalité entre les Français [1]. Il récolte 7,8 % des suffrages exprimés contre 92,2 % à Émile Riotteau [4].

Il fonde Le Socialiste de la Manche en janvier 1894 avec le soutien politique du Groupe amical des socialistes de la Manche à Paris [1], et celui financier d'Albert Mahieu [5]. « Le Socialiste de la Manche, écrit-il dans le premier numéro, est l'organe de tous les exploités, de tous les révoltés conte iniquité bourgeoise. A tous, ses colonnes sont ouvertes. Donc, camarades, usez et abusez. Et vive la Sociale ! »[1]. Il collabore ensuite au Socialiste de l'Ouest [5]. Il est avec Longuet, l'un des initiateurs de la Fédération socialiste de Basse-Normandie en avril 1896 et son organe, L'Ouest socialiste [1].

En 1898, il fonde un groupe du POF dans la Somme [6].

Professeur au collège d'Abbeville, il prend part à la fusion socialiste dans la Somme, et devient secrétaire de la fédération socialiste SFIO de la Somme en 1906. Il la représente aux congrès nationaux de Saint-Etienne en 1909 et de Saint-Quentin en 1911 et défend ses couleurs pour l'élection au conseil d'arrondissement pour le canton Abbeville-Nord en 1907, aux sénatoriales en 1909, et aux législatives de 1910 et 1914 dans l'arrondissement de Doullens [3]. Il écrit dans le Cri du peuple, organe fédéral de la Somme [6], dont il est rédacteur à partir de 1906.

À Abbeville, il anime l'Université populaire et le comité « La Barre » [2], participant activement en 1907 à la souscription volontaire à l’origine du monument élevé en l'honneur du chevalier condmané à mort pour blasphème et sacrilège.

Il meurt de la typhoïde.

Il est l'arrière-grand-père du journaliste Jacques Rosselin, fondateur de Courrier international.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Jean Quellien, « Contribution à l'histoire du Mouvement ouvrier en Basse-Normandie : La naissance du mouvement ouvrier bas-normand à la fin du XIXe siècle », Annales de Normandie, volume 33, 1983.
  2. 2,0 2,1 et 2,2 L'Humanité, 26 février 1917.
  3. 3,0 et 3,1 Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français. 3e partie, 1871-1914 : De la Commune à la Grande Guerre. vol 15, Ras à Z, Ed. ouvrières, 1977.
  4. Atlas historique et statistique de la Normandie occidentale à l'époque contemporaine : Élections régionales, législatives, présidentielles, européennes et référendums, 1871-1994, Centre de recherche d'histoire quantitative, 1995.
  5. 5,0 et 5,1 Jean Quellien et Christophe Mauboussin, Journaux de 1786 à 1944 , l'aventure de la presse écrite en Basse-Normandie, Cahiers du Temps, 1998. ISBN:2911855132.
  6. 6,0 et 6,1 Marcel Cachin : Carnets 1906-1947, Ed. du CNRS, 1993