Émile Lenoël

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Émile Lenoël.

Émile-Louis Lenoël, né à Carentan le 23 mars 1827, mort à Paris le 24 octobre 1893, est un homme politique de la Manche, avocat de profession.

Biographie

Issu d'une famille de notables originaires de Saint-Sébastien-de-Raids, son père est Michel Sébastien Amand Lenoël (1796-1852), greffier du juge de paix de Carentan en 1823 puis notaire à Carentan[1], par ailleurs châtelain à Vierville[2].

Étudiant en droit à Paris, il se fait inscrire comme avocat en 1848 et obtient son doctorat le 28 août 1849.

Il est appelé comme chef de cabinet auprès de René de Thorigny, ministre de l'Intérieur, en 1851. Quand le 2 décembre 1851, le prince Louis-Napoléon s'empare du pouvoir, il place son demi-frère le duc de Morny à la tête de ce ministère. Lenoël proteste et refuse de rallier le Second Empire.

Redevenu avocat, il achète en 1852 la charge d'avocat au conseil d'État et à la cour de cassassion. En 1855, il l'abandonne pour officier à la Cour d'appel.

Nommé conseiller d'arrondissement de Saint-Jean-de-Daye en 1865, il est candidat le 2 janvier 1869 au Corps législatif pour l'opposition libérale après la mort de Léonor-Joseph Havin. Il est battu par le candidat officiel Louis Auvray, avec 10 679 voix contre 17 719.

Après la défaite de Sedan et la proclamation de la République le 4 septembre 1870, le gouvernement de la Défense nationale le nomme préfet de la Manche le 6 septembre [1].

Il démissionne pour se présenter aux élections de l'Assemblée nationale, d'abord le 13 septembre 1870, puis, renommé après le report du scrutin, le 3 février 1871. Il est nommé alors directeur du personnel au ministère de l'Intérieur jusqu'en septembre suivant[1].

Il est élu député de la Manche le 8 février, le 10e sur 11, par 63 073 voix sur 98 856 votants. Il siège jusqu'au 7 mars 1876 au centre gauche, parmi les républicains conservateurs et le groupe de la gauche républicaine. Il refuse les fonctions de sous-secrétaire d'État à l'Intérieur, et vote pour la politique de Thiers, contre sa chute au 24 mai, contre le septennat, contre la loi des maires, contre l'état de siège, contre le ministère de Broglie, pour l'amendement Wallon, pour l'ensemble des lois constitutionnelles. Il est l'auteur d'une loi sur la protection des enfants employés dans les professions ambulantes, et d'une autre sur l'inéligibilité des fonctionnaires.

Républicain, catholique croyant mais non pratiquant, il est proche des francs maçons sans y appartenir et membre influent de l'Assemblée[1].

Il est élu conseiller municipal de Montmartin-en-Graignes en 1871 puis maire en 1872, jusqu'à sa révocation par le gouvernement de l'Ordre moral en 1874[1]. Il le sera aussi de mai à juin 1888 ; il laissera cette fonction car il est réélu sénateur.

Il échoue aux élections législatives du 20 février 1876, dans l'arrondissement de Saint-Lô, face au bonapartiste, Gustave Rauline, puis est nommé, le 8 mars 1877, directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice, avec le titre de conseiller d'État en service extraordinaire, mais quitte cette fonction au 16 mai.

Il est élu sénateur de la Manche le 5 janvier 1879 et préside le groupe de la Gauche républicaine. Réélu le 5 janvier 1888, il devient vice-président du Sénat le 12 mai 1893[1].

Il est conseiller général du canton de Saint-Jean-de-Daye de 1871 jusqu'à sa mort, en 1893. Il préside le Conseil général de la Manche de 1882 à 1888.

Il est inhumé à au cimetière Montparnasse de Paris[1].

Bibliographie

  • Ernest Lenoël, « Émile Lenoël, député puis sénateur de la Manche », Revue de l'Avranchin, t. LI, fasc. 281, déc. 1974, p. 275-282

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5 et 1,6 Vincent Wright, Éric Anceau, Les préfets de Gambetta, Presses Paris Sorbonne, 2007
  2. « Vierville », 601 communes et lieux de vie de la Manche, éd. Eurocibles, 2014, p. 678.

Liens externes