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==Paul Minard==
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Né en 1858, à Pontgouin, village d'Eure-et-Loir dans la région du Centre, il devient ingénieur des Ponts et Chaussées en 1883. Il est affecté à la Direction des Travaux Hydrauliques de Cherbourg. A ce titre il a, pour le compte de la marine, réalisé la digue de l’ouest et la digue de l’est. Il procède ensuite à l’agrandissement de l’avant-port  du Homet (augmentation de sa longueur de 170 mètres) et enfin, vers 1921 la construction du port des Mielles débute. On dit de lui qu’il fut le « concepteur » du port en eau profonde de Cherbourg.
'''Paul Minard''', né à Pontgouin (Eure-et-Loir) en [[1858]], mort à Paris le 16 juin [[1941]], est une personnalité scientifique de la [[Manche]], ingénieur des Pont et Chaussées de profession.
Cet ingénieur d’exception a consacré la plus grande partie de sa carrière au port de Cherbourg. Son œuvre participe grandement à l’essor économique de la ville et au rôle déterminant de celle-ci durant la seconde Guerre Mondiale. Le 30 juillet 1933, il est à Cherbourg, invité à la cérémonie d’inauguration de la gare maritime, en présence du président de la République, Albert Lebrun. Dans le discours prononcé, le président de la Chambre de Commerce, Camille Quoniam rappelle le rôle discret et éminent de l’ingénieur Minard, inventeur du port en eau profonde.
 
Il prend sa retraite en 1923 et meurt à Paris le 16 juin 1941.
==Biographie==
Le 24 janvier 1947, M.Quoniam rendant hommage à Minard, déclare devant l’Académie de la Marine: « ''…Sans lui, le trafic transatlantique n’eût pas connu à Cherbourg, le prodigieux développement dont nous fûmes les témoins. Sans lui, plus sanglante, plus coûteuse eût été la campagne de Normandie…'' »
Né en 1858, à Pontgouin, village d'Eure-et-Loir dans la région du Centre, il devient ingénieur des Ponts et Chaussées en [[1883]]. Il est affecté à la Direction des travaux HHydrauliques de [[Cherbourg]]. À ce titre il a, pour le compte de la marine, réalisé la digue de l’ouest et la digue de l’est. Il procède ensuite à l’agrandissement de l’avant-port  du Homet (augmentation de sa longueur de 170 mètres) et enfin, vers [[1921]] la construction du port des Mielles débute. On dit de lui qu’il fut le « concepteur » du port en eau profonde de Cherbourg.
Cet ingénieur d’exception a consacré la plus grande partie de sa carrière au port de Cherbourg. Son œuvre participe grandement à l’essor économique de la ville et au rôle déterminant de celle-ci durant la [[Seconde Guerre mondiale]]. Le 30 juillet [[1933]], il est à Cherbourg, invité à la cérémonie d’inauguration de la gare maritime, en présence du président de la République, Albert Lebrun. Dans le discours prononcé, le président de la Chambre de Commerce, [[Camille Th. Quoniam]] rappelle le rôle discret et éminent de l’ingénieur Minard, inventeur du port en eau profonde.
Il prend sa retraite en [[1923]] et meurt à Paris le 16 juin 1941.
 
Le 24 janvier [[1947]], M. Quoniam rendant hommage à Minard, déclare devant l’Académie de la Marine: « ''…Sans lui, le trafic transatlantique n’eût pas connu à Cherbourg, le prodigieux développement dont nous fûmes les témoins. Sans lui, plus sanglante, plus coûteuse eût été la campagne de Normandie…'' »


==Ses réalisations à Cherbourg==
==Ses réalisations à Cherbourg==
 
Le 11 juillet [[1889]], le gouvernement décide de compléter la fermeture de la [[rade de Cherbourg]] en construisant deux nouvelles digues, l'une à l'ouest ([[Querqueville]]), l'autre à l'est (Collignon). À l’époque, il apparaît indispensable d’améliorer la navigabilité et la sécurité dans la grande rade.Le marché de construction de la digue de l'ouest est notifié le 12 décembre 1889. Paul Minard, jeune ingénieur depuis [[1883]], est chargé du chantier.  
Le 11 juillet 1889 le gouvernement décide de compléter la fermeture de la rade de Cherbourg en construisant deux nouvelles digues, l'une à l'ouest (Querqueville), l'autre à l'est (Collignon). A l’époque, il apparaît indispensable d’améliorer la navigabilité et la sécurité dans la grande rade.Le marché de construction de la digue de l'ouest est notifié le 12 décembre 1889.Paul MINARD, jeune ingénieur depuis 1883, est chargé du chantier.  
C'est un ouvrage important qui laisse une passe de 1 000 mètres entre son musoir et le fort ouest de  la digue du large. La structure de la digue sera réalisée en une seule fois de [[1890]] à [[1896]]. La méthode de construction appliquée par Minard fut celle adoptée par ses prédécesseurs, Fouques-Duparc et [[Félix Reibell]] sur la digue du large. Il s'agit de constituer un lit de pierres perdues fermant la base, émergeant de 1,5m par rapport au 0 hydrographique, ensuite, on pose des blocs préfabriqués de 100 tonnes puis on construit en maçonnerie les superstructures recouvertes par un parement de granit taillé.
C'est un ouvrage important qui laisse une passe de 1000 mètres entre son musoir et le fort ouest de  la digue du large.La structure de la digue sera réalisée en une seule fois de 1890 à 1896.La méthode de construction appliquée par Minard fut celle adoptée par ses prédécesseurs, Fouques-Duparc et Reibell sur la digue du large. Il s'agit de constituer un lit de pierres perdues fermant la base, émergeant de 1.5m par rapport au 0 hydrographique, ensuite, on pose des blocs préfabriqués de 100 tonnes puis on construit en maçonnerie les superstructures recouvertes par un parement de granit taillé.


'''Digue de Querqueville:'''
'''Digue de Querqueville:'''


* Longueur: 1150mètres
* Longueur: 1 150 mètres
* Enrochements: Grande base 80m. Petite base 20m
* Enrochements: Grande base 80 m. Petite base 20 m
* Volume totale des matériaux: 700 000m3
* Volume totale des matériaux: 700 000 m³
* Coût: 9.6 millions de francs (valeur en 1896) soit 31 millions d'euros (valeur en 2003)  
* Coût: 9,6 millions de francs (valeur en 1896) soit 31 millions d'euros (valeur en 2003)  
[[Fichier:DigueQuerqueville.jpg]]
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Malgré les conditions difficiles de construction en raison des marées et des tempêtes, cet ouvrage est réalisé en 6 ans de 1890 à 1896 sous sa direction et grâce à 300 ouvriers. Les pierres étaient transportées par des wagonnets tractés par une locomotive Decauville, jusqu'à un terrain qui servait de chantier où étaient déversés tous les moellons venant des carrières du Breton. Chaque wagonnet était pesé et noté dans une maison en bois, en face de la route qui mène à Tonneville et qui porte encore aujourd'hui le nom de Chemin de la Bascule.Une quarantaine d'ouvriers était employée dans l'atelier de la Congotte à l'entretien de la locomotive et de tous les différents matériaux nécessaires à la construction de la digue. Les blocs de granit provenaient, quant à eux, des carrières de Flamanville et de Diélette. Sur le terrain en face du petit port, les équipes de maçons fabriquaient avec des pierres des carrières, des blocs de 6 à 8 mètres de long et 3 mètres de large et de hauteur. Ces blocs étaient chargés à marée haute et posés à leur place définitive avec la marée descendante. Ils sont encore visibles aujourd'hui.  
Malgré les conditions difficiles de construction en raison des marées et des tempêtes, cet ouvrage est réalisé en six ans de 1890 à 1896 sous sa direction et grâce à 300 ouvriers. Les pierres étaient transportées par des wagonnets tractés par une locomotive Decauville, jusqu'à un terrain qui servait de chantier où étaient déversés tous les moellons venant des carrières du Breton. Chaque wagonnet était pesé et noté dans une maison en bois, en face de la route qui mène à Tonneville et qui porte encore aujourd'hui le nom de Chemin de la Bascule. Une quarantaine d'ouvriers était employée dans l'atelier de la Congotte à l'entretien de la locomotive et de tous les différents matériaux nécessaires à la construction de la digue. Les blocs de granit provenaient, quant à eux, des carrières de [[Flamanville]] et de [[Diélette (hameau)|Diélette]]. Sur le terrain en face du petit port, les équipes de maçons fabriquaient avec des pierres des carrières, des blocs de 6 à 8 mètres de long et trois mètres de large et de hauteur. Ces blocs étaient chargés à marée haute et posés à leur place définitive avec la marée descendante. Ils sont encore visibles aujourd'hui.  
Le premier but de cette digue est de  protéger la rade des vents dominants. Cependant on y bétonne une batterie pour 3 canons de 100mm à tir rapide, par la suite leur nombre est porté à 4. On y trouve également  un emplacement de tir, une traverse bétonnée avec 3 petits magasins, deux autres emplacements de tirs, un magasin et un dernier emplacement de tirs. Tous les canons étaient sur affût à pivot central.
Le premier but de cette digue est de  protéger la rade des vents dominants. Cependant on y bétonne une batterie pour 3 canons de 100mm à tir rapide, par la suite leur nombre est porté à 4. On y trouve également  un emplacement de tir, une traverse bétonnée avec 3 petits magasins, deux autres emplacements de tirs, un magasin et un dernier emplacement de tirs. Tous les canons étaient sur affût à pivot central.


'''Digue de Collignon:'''
'''Digue de Collignon :'''


* Longueur: 1897 mètres  
* Longueur: 1 897 mètres  
* Largeur: 8 mètres  
* Largeur: 8 mètres  
* Volume totale des matériaux: 200 000m3
* Volume totale des matériaux: 200 000 m³
* Coût: 2.2 millions de francs (valeur en 1894) soit 7 millions d'euros (valeur en 2003)  
* Coût: 2,2 millions de francs (valeur en 1894) soit 7 millions d'euros (valeur en 2003)  
[[Fichier:DigueCollignon.jpg]]
[[Fichier:DigueCollignon.jpg|thumb|right]]


 
Réalisée de [[1890]] à [[1894]] par l'entreprise Collignon, moins importante que l'ouest, sa muraille est arasée à la côte à ≈ 6,5m , soit à peu près au niveau des hautes mers de vives eaux. Construite pour protéger  les bâtiments de l'escadre de la [[Manche (mer)|Manche]] contres les incursions meurtrières de navires torpilleurs, il s'avère qu'elle protège la grande rade des sédiments venant de la baie de Seine et de [[Fermanville]], et apporte de ce fait une grande stabilité des fonds.
Réalisée de 1890 à 1894 par l'entreprise Collignon, moins importante que l'ouest, sa muraille est arasée à la côte à ≈ 6.5m , soit à peu près au niveau des hautes mers de vives eaux. Construite pour protéger  les bâtiments de l'escadre de la Manche contres les incursions meurtrières de navires torpilleurs, il s'avère qu'elle protège la grande rade des sédiments venant de la baie de Seine et de Fermanville, et apporte de ce fait une grande stabilité des fonds.


==Sources==  
==Sources==  
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==Bibliographie==
==Bibliographie==
* Association des Amis du Musée de la Marine - Antenne de Cherbourg, « Paul Minard un génial ingénieur concepteur du port en eaux profondes de Cherbourg », ISBN 2-950950-22-1.
* Luc Malchair, ''Les défenses de Cherbourg (1874-1914)''


* Association des Amis du Musée de la Marine - Antenne de Cherbourg,''Paul Minard un génial ingénieur concepteur du port en eaux profondes de Cherbourg.'' ISBN 2-950950-22-1.
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* Luc Malchair, ''Les défenses de Cherbourg(1874-1914)''
[[Catégorie:Personnalité scientifique de la Manche]]
 
==Liens internes==
* http://www.wikimanche.fr/Rade_de_Cherbourg

Version du 23 mars 2010 à 19:32

Paul Minard.

Paul Minard, né à Pontgouin (Eure-et-Loir) en 1858, mort à Paris le 16 juin 1941, est une personnalité scientifique de la Manche, ingénieur des Pont et Chaussées de profession.

Biographie

Né en 1858, à Pontgouin, village d'Eure-et-Loir dans la région du Centre, il devient ingénieur des Ponts et Chaussées en 1883. Il est affecté à la Direction des travaux HHydrauliques de Cherbourg. À ce titre il a, pour le compte de la marine, réalisé la digue de l’ouest et la digue de l’est. Il procède ensuite à l’agrandissement de l’avant-port du Homet (augmentation de sa longueur de 170 mètres) et enfin, vers 1921 la construction du port des Mielles débute. On dit de lui qu’il fut le « concepteur » du port en eau profonde de Cherbourg. Cet ingénieur d’exception a consacré la plus grande partie de sa carrière au port de Cherbourg. Son œuvre participe grandement à l’essor économique de la ville et au rôle déterminant de celle-ci durant la Seconde Guerre mondiale. Le 30 juillet 1933, il est à Cherbourg, invité à la cérémonie d’inauguration de la gare maritime, en présence du président de la République, Albert Lebrun. Dans le discours prononcé, le président de la Chambre de Commerce, Camille Th. Quoniam rappelle le rôle discret et éminent de l’ingénieur Minard, inventeur du port en eau profonde. Il prend sa retraite en 1923 et meurt à Paris le 16 juin 1941.

Le 24 janvier 1947, M. Quoniam rendant hommage à Minard, déclare devant l’Académie de la Marine: « …Sans lui, le trafic transatlantique n’eût pas connu à Cherbourg, le prodigieux développement dont nous fûmes les témoins. Sans lui, plus sanglante, plus coûteuse eût été la campagne de Normandie… »

Ses réalisations à Cherbourg

Le 11 juillet 1889, le gouvernement décide de compléter la fermeture de la rade de Cherbourg en construisant deux nouvelles digues, l'une à l'ouest (Querqueville), l'autre à l'est (Collignon). À l’époque, il apparaît indispensable d’améliorer la navigabilité et la sécurité dans la grande rade.Le marché de construction de la digue de l'ouest est notifié le 12 décembre 1889. Paul Minard, jeune ingénieur depuis 1883, est chargé du chantier. C'est un ouvrage important qui laisse une passe de 1 000 mètres entre son musoir et le fort ouest de la digue du large. La structure de la digue sera réalisée en une seule fois de 1890 à 1896. La méthode de construction appliquée par Minard fut celle adoptée par ses prédécesseurs, Fouques-Duparc et Félix Reibell sur la digue du large. Il s'agit de constituer un lit de pierres perdues fermant la base, émergeant de 1,5m par rapport au 0 hydrographique, ensuite, on pose des blocs préfabriqués de 100 tonnes puis on construit en maçonnerie les superstructures recouvertes par un parement de granit taillé.

Digue de Querqueville:

  • Longueur: 1 150 mètres
  • Enrochements: Grande base 80 m. Petite base 20 m
  • Volume totale des matériaux: 700 000 m³
  • Coût: 9,6 millions de francs (valeur en 1896) soit 31 millions d'euros (valeur en 2003)
Fichier:DigueQuerqueville.jpg

Malgré les conditions difficiles de construction en raison des marées et des tempêtes, cet ouvrage est réalisé en six ans de 1890 à 1896 sous sa direction et grâce à 300 ouvriers. Les pierres étaient transportées par des wagonnets tractés par une locomotive Decauville, jusqu'à un terrain qui servait de chantier où étaient déversés tous les moellons venant des carrières du Breton. Chaque wagonnet était pesé et noté dans une maison en bois, en face de la route qui mène à Tonneville et qui porte encore aujourd'hui le nom de Chemin de la Bascule. Une quarantaine d'ouvriers était employée dans l'atelier de la Congotte à l'entretien de la locomotive et de tous les différents matériaux nécessaires à la construction de la digue. Les blocs de granit provenaient, quant à eux, des carrières de Flamanville et de Diélette. Sur le terrain en face du petit port, les équipes de maçons fabriquaient avec des pierres des carrières, des blocs de 6 à 8 mètres de long et trois mètres de large et de hauteur. Ces blocs étaient chargés à marée haute et posés à leur place définitive avec la marée descendante. Ils sont encore visibles aujourd'hui. Le premier but de cette digue est de protéger la rade des vents dominants. Cependant on y bétonne une batterie pour 3 canons de 100mm à tir rapide, par la suite leur nombre est porté à 4. On y trouve également un emplacement de tir, une traverse bétonnée avec 3 petits magasins, deux autres emplacements de tirs, un magasin et un dernier emplacement de tirs. Tous les canons étaient sur affût à pivot central.

Digue de Collignon :

  • Longueur: 1 897 mètres
  • Largeur: 8 mètres
  • Volume totale des matériaux: 200 000 m³
  • Coût: 2,2 millions de francs (valeur en 1894) soit 7 millions d'euros (valeur en 2003)
Fichier:DigueCollignon.jpg

Réalisée de 1890 à 1894 par l'entreprise Collignon, moins importante que l'ouest, sa muraille est arasée à la côte à ≈ 6,5m , soit à peu près au niveau des hautes mers de vives eaux. Construite pour protéger les bâtiments de l'escadre de la Manche contres les incursions meurtrières de navires torpilleurs, il s'avère qu'elle protège la grande rade des sédiments venant de la baie de Seine et de Fermanville, et apporte de ce fait une grande stabilité des fonds.

Sources

Images:

Bibliographie

  • Association des Amis du Musée de la Marine - Antenne de Cherbourg, « Paul Minard un génial ingénieur concepteur du port en eaux profondes de Cherbourg », ISBN 2-950950-22-1.
  • Luc Malchair, Les défenses de Cherbourg (1874-1914)