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'''Ernest Vaast''', né à Paris le [[28 octobre]] [[1922]] et mort à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) le [[10 avril]] [[2011]], est une personnalité de la [[Manche]], footballeur puis entraîneur de son état.
'''Ernest Vaast''', né à Paris {{date naissance|28|10|1922}}, mort à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) {{date décès|10|4|2011}}, est une personnalité de la [[Manche]], footballeur puis entraîneur de son état.


Il évolue au poste d'ailier gauche.
Il évolue au poste d'ailier gauche.
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==Les débuts==
==Les débuts==
Ernest Vaast découvre le football à Gennevilliers (Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine) en jouant dans la rue. Il est minime à l'USA Clichy puis joue dans les catégories de jeunes au FC Levallois, club dans lequel il reste sept ans<ref name="mir">[http://www.miroirdufootball.com/article.php?a_id=165 Interview d'Ernest Vaast], ''miroirdufootball.com'', consultée le 11 avril 2011.</ref>.
Ernest Vaast découvre le football à Gennevilliers (Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine) en jouant dans la rue. Il est minime à l'USA Clichy puis joue dans les catégories de jeunes au FC Levallois, club dans lequel il reste sept ans <ref name="mir">[http://www.miroirdufootball.com/article.php?a_id=165 Interview d'Ernest Vaast], ''miroirdufootball.com'', consultée le 11 avril 2011.</ref>.


Il explique comment s'est effectuée sa formation : « Jusqu'à l'âge de 15 ans et plus, alors que je jouais déjà au FC Levallois, je frappais tous les jours avec force, inlassablement, du droit, du gauche, des balles de tennis contre un mur, afin d'acquérir une technique des deux pieds. Des tournois de sixte aussi, qui duraient toute la journée. C'est un très bon exercice pour apprendre à se démarquer<ref name="mir"></ref>. »
Il explique comment s'est effectuée sa formation : « Jusqu'à l'âge de 15 ans et plus, alors que je jouais déjà au FC Levallois, je frappais tous les jours avec force, inlassablement, du droit, du gauche, des balles de tennis contre un mur, afin d'acquérir une technique des deux pieds. Des tournois de sixte aussi, qui duraient toute la journée. C'est un très bon exercice pour apprendre à se démarquer <ref name="mir"></ref>. »


==Le Racing club de France==
==Le Racing club de France==
Il passe au Racing club de France en juillet [[1942]], dans un premier temps en tant qu'amateur<ref name="mir"></ref>. Pendant la guerre, il évite le [[STO]] grâce à l'intervention du Racing club de France qui lui trouve un poste de professeur d'éducation physique au lycée Louis-le-Grand à Paris<ref name="mir"></ref>. Les compétitions sportives ne sont pas organisées de manière traditionnelle pendant la [[Seconde Guerre mondiale]]. Vaast participe tout de même au championnat de France professionnel [[1943]]-[[1944]] mis sur pied par les autorités de Vichy au sein de l'Équipe fédérale Paris-Capitale. L'équipe termine 3{{e}} - se battant jusqu'à la dernière journée pour le titre - et atteint les quarts de finale de la Coupe de France.
Il passe au Racing club de France en juillet [[1942]], dans un premier temps en tant qu'amateur<ref name="mir"></ref>. Pendant la guerre, il évite le [[STO]] grâce à l'intervention du Racing club de France qui lui trouve un poste de professeur d'éducation physique au lycée Louis-le-Grand à Paris <ref name="mir"></ref>. Les compétitions sportives ne sont pas organisées de manière traditionnelle pendant la [[Seconde Guerre mondiale]]. Vaast participe tout de même au championnat de France professionnel [[1943]]-[[1944]] mis sur pied par les autorités de Vichy au sein de l'Équipe fédérale Paris-Capitale. L'équipe termine 3{{e}} - se battant jusqu'à la dernière journée pour le titre - et atteint les quarts de finale de la Coupe de France.


En [[1944]], il poursuit sa carrière dans le grand Racing club de Paris où il effectue une grande partie de sa carrière de joueur ([[1944]]-[[1949]] puis [[1950]]-[[1951]]). Il remporte avec le club parisien deux Coupes de France ([[1945]] et [[1949]])<ref name="leq">[http://www.lequipe.fr/Football/breves2011/20110411_105453_ernest-vaast-est-decede.html « Ernest Vaast est décédé »], ''lequipe.fr'', 11 avril 2011.</ref>. Le Racing, connu pour son jeu en mouvement, le ''tourbillon''<ref name="mir"></ref>, bat Lille OSC en finale à deux reprises : 3-0 en 1945 et 5-2 en 1949 avec un but de Vaast. Le LOSC est alors la terreur des terrains français avec à son palmarès trois Coupes de France ([[1946]], [[1947]] et [[1948]]), un championnat de France en [[1946]] et quatre titres de vice-champion de [[1948]] à [[1951]]<ref name="">[http://www.lequipe.fr/Football/HIST_D1.html Palmarès du championnat de France] et [http://www.lequipe.fr/Football/HIST_CF.html Palmarès de la Coupe de France], ''lequipe.fr''.</ref>.  
En [[1944]], il poursuit sa carrière dans le grand Racing club de Paris où il effectue une grande partie de sa carrière de joueur ([[1944]]-[[1949]] puis [[1950]]-[[1951]]). Il remporte avec le club parisien deux Coupes de France ([[1945]] et [[1949]]) <ref name="leq">[http://www.lequipe.fr/Football/breves2011/20110411_105453_ernest-vaast-est-decede.html « Ernest Vaast est décédé »], ''lequipe.fr'', 11 avril 2011.</ref>. Le Racing, connu pour son jeu en mouvement, le ''tourbillon'' <ref name="mir"></ref>, bat Lille OSC en finale à deux reprises : 3-0 en 1945 et 5-2 en 1949 avec un but de Vaast. Le LOSC est alors la terreur des terrains français avec à son palmarès trois Coupes de France ([[1946]], [[1947]] et [[1948]]), un championnat de France en [[1946]] et quatre titres de vice-champion de [[1948]] à [[1951]] <ref name="">[http://www.lequipe.fr/Football/HIST_D1.html Palmarès du championnat de France] et [http://www.lequipe.fr/Football/HIST_CF.html Palmarès de la Coupe de France], ''lequipe.fr''.</ref>.  


Ernest Vaast est un footballeur apprécié du public. Un journaliste écrit : « Tempérament + puissance + buts = Vaast<ref name="mir"></ref>. »
Ernest Vaast est un footballeur apprécié du public. Un journaliste écrit : « Tempérament + puissance + buts = Vaast<ref name="mir"></ref>. »


Ses qualités font qu'il est appelé à défendre les couleurs de l'équipe de France. Il a à son actif 15 sélections au cours desquelles il inscrit la bagatelle de 11 buts. Il est le premier Français à avoir marqué à Wembley, l'antre londonienne de l'équipe d'Angleterre, le [[26 mai]] [[1945]]<ref name="leq"></ref>.
Ses qualités font qu'il est appelé à défendre les couleurs de l'équipe de France. Il a à son actif 15 sélections au cours desquelles il inscrit la bagatelle de 11 buts. Il est le premier Français à avoir marqué à Wembley, l'antre londonienne de l'équipe d'Angleterre, le [[26 mai]] [[1945]] <ref name="leq"></ref>.


En bleu, il joue avec Fred Aston, [[André Simonyi]] (futur entraîneur de l'[[AS Cherbourg]]), son ami André Grillon (futur entraîneur du Stade Malherbe Caen), le buteur rennais Jean Grumelon et surtout avec Larbi Ben Barek avec qui il forme l'attaque de l'équipe de France.
En bleu, il joue avec Fred Aston, [[André Simonyi]] (futur entraîneur de l'[[AS Cherbourg]]), son ami André Grillon (futur entraîneur du Stade Malherbe Caen), le buteur rennais Jean Grumelon et surtout avec Larbi Ben Barek avec qui il forme l'attaque de l'équipe de France.


==L'affaire suisse==
==L'affaire suisse==
En fin de saison [[1948]], Ernest Vaast est gravement blessé au bas-ventre par un joueur amateur au cours d'un match amical. Il est écarté des terrains plusieurs mois, doit renoncer à deux sélections en équipe de France et observer une convalescence en Haute-Savoie. Il rencontre deux internationaux suisses propriétaires d'un salon de thé qui lui proposent d'en devenir le gérant. Il accepte la proposition et, pour continuer le football, joue deux matchs amicaux avec le Servette Genève. Le Racing club de Paris y voit un complot du club suisse et relaye l'affaire dans la presse : « Vaast part en Suisse alors qu'il est sous contrat jusqu'à 35 ans. » À cette époque, les droits des footballeurs n'étaient pas ceux d'aujourd'hui et, sans le savoir, Ernest Vaast avait signé en 1942 un contrat de 15 ans avec le Racing<ref name="mir"></ref> !
En fin de saison [[1948]], Ernest Vaast est gravement blessé au bas-ventre par un joueur amateur au cours d'un match amical. Il est écarté des terrains plusieurs mois, doit renoncer à deux sélections en équipe de France et observer une convalescence en Haute-Savoie. Il rencontre deux internationaux suisses propriétaires d'un salon de thé qui lui proposent d'en devenir le gérant. Il accepte la proposition et, pour continuer le football, joue deux matchs amicaux avec le Servette Genève. Le Racing club de Paris y voit un complot du club suisse et relaye l'affaire dans la presse : « Vaast part en Suisse alors qu'il est sous contrat jusqu'à 35 ans. » À cette époque, les droits des footballeurs n'étaient pas ceux d'aujourd'hui et, sans le savoir, Ernest Vaast avait signé en 1942 un contrat de 15 ans avec le Racing <ref name="mir"></ref> !
                      
                      
Le Racing met la pression sur la Fédération française de football qui suspend le joueur à vie. Cette suspension est étendue par la FIFA (Fédération internationale de football association). Ernest Vaast perd également son travail de cafetier<ref name="mir"></ref>.
Le Racing met la pression sur la Fédération française de football qui suspend le joueur à vie. Cette suspension est étendue par la FIFA (Fédération internationale de football association). Ernest Vaast perd également son travail de cafetier <ref name="mir"></ref>.


Cette affaire marque la fin de la carrière internationale d'Ernest Vaast. Il ne sera plus jamais sélectionné en équipe de France après l'escapade suisse. Parallèlement, le joueur souffre de blessures à répétition. Une arthrose des hanches est diagnostiquée<ref name="mir"></ref>.
Cette affaire marque la fin de la carrière internationale d'Ernest Vaast. Il ne sera plus jamais sélectionné en équipe de France après l'escapade suisse. Parallèlement, le joueur souffre de blessures à répétition. Une arthrose des hanches est diagnostiquée <ref name="mir"></ref>.


Il est crédité du titre de champion de Suisse pour la saison 1949-1950 sous les couleurs du Servette FC<ref name="leq"></ref>.
Il est crédité du titre de champion de Suisse pour la saison 1949-1950 sous les couleurs du Servette FC <ref name="leq"></ref>.


En 1950, il essaie de rentrer en France et espère se faire requalifier. Convoqué au siège de la Ligue professionnelle de football, son cas est réétudié. Le président Jules Rimet déclare qu'« on ne peut pas éliminer un tel joueur ». La suspension est alors ramenée à deux matchs amicaux et le Racing récupère son joueur<ref name="mir"></ref>.  
En 1950, il essaie de rentrer en France et espère se faire requalifier. Convoqué au siège de la Ligue professionnelle de football, son cas est réétudié. Le président Jules Rimet déclare qu'« on ne peut pas éliminer un tel joueur ». La suspension est alors ramenée à deux matchs amicaux et le Racing récupère son joueur <ref name="mir"></ref>.  


Cette histoire est à l'origine de la création de l'Union des footballeurs professionnels ([[1961]], par Eugène N'Jo Léa et Just Fontaine) et du contrat à temps ([[1965]]) tant voulu par les footballeurs<ref name="mir"></ref>.
Cette histoire est à l'origine de la création de l'Union des footballeurs professionnels ([[1961]], par Eugène N'Jo Léa et Just Fontaine) et du contrat à temps ([[1965]]) tant voulu par les footballeurs <ref name="mir"></ref>.


Ernest Vaast est souvent connu pour être le premier joueur français à avoir joué à l'étranger. Il s'agit en réalité du second, le premier étant son coéquipier du Racing, le buteur Émile Bongiorni, parti pour le Torino (Italie) et tué dans un accident d'avion en 1949<ref name="mir"></ref>.
Ernest Vaast est souvent connu pour être le premier joueur français à avoir joué à l'étranger. Il s'agit en réalité du second, le premier étant son coéquipier du Racing, le buteur Émile Bongiorni, parti pour le Torino (Italie) et tué dans un accident d'avion en 1949 <ref name="mir"></ref>.


==Le retour en France==
==Le retour en France==
Après une saison et demie sous les couleurs du Racing, il quitte Paris en [[1951]] pour le Stade rennais. Il y joue deux saisons (48 matchs, 9 buts).
Après une saison et demie sous les couleurs du Racing, il quitte Paris en [[1951]] pour le Stade rennais. Il y joue deux saisons (48 matchs, 9 buts).


Il retrouve la région parisienne en [[1953]] en rejoignant le Red Star, qui évolue alors en Division 2. Il est victime d'une rupture du talon d'achille début [[1954]] et met un terme à sa carrière de joueur de haut niveau<ref name="mir"></ref>.
Il retrouve la région parisienne en [[1953]] en rejoignant le Red Star, qui évolue alors en Division 2. Il est victime d'une rupture du talon d'achille début [[1954]] et met un terme à sa carrière de joueur de haut niveau <ref name="mir"></ref>.


Il se reconvertit comme entraîneur, seule reconversion possible à ses yeux. Il passe le brevet d'entraîneur de joueurs professionnels mais termine 6{{e}} sur 400. Puisque seuls les cinq premiers obtiennent ce privilège, il n'entraînera que des équipes amateures<ref name="mir"></ref>.
Il se reconvertit comme entraîneur, seule reconversion possible à ses yeux. Il passe le brevet d'entraîneur de joueurs professionnels mais termine 6{{e}} sur 400. Puisque seuls les cinq premiers obtiennent ce privilège, il n'entraînera que des équipes amateures <ref name="mir"></ref>.


==La carrière d'entraîneur==
==La carrière d'entraîneur==
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En [[1956]], il prend les rênes de l'[[AS Cherbourg Football|AS Cherbourg]] en tant qu'entraîneur-joueur. Dès sa première saison, il remporte le championnat de Normandie de division d'honneur et fait accéder le club, pour la deuxième fois de son histoire, au championnat de France amateur (CFA). Il emmène également le club en seizièmes de finale de la Coupe de France lors de la saison 1957-58. Il reste trois saisons à l'AS Cherbourg, jusqu'en [[1959]].
En [[1956]], il prend les rênes de l'[[AS Cherbourg Football|AS Cherbourg]] en tant qu'entraîneur-joueur. Dès sa première saison, il remporte le championnat de Normandie de division d'honneur et fait accéder le club, pour la deuxième fois de son histoire, au championnat de France amateur (CFA). Il emmène également le club en seizièmes de finale de la Coupe de France lors de la saison 1957-58. Il reste trois saisons à l'AS Cherbourg, jusqu'en [[1959]].


Il est entraîneur-joueur jusqu'en [[1965]] puis entraîneur jusqu'en [[1977]]<ref name="mir"></ref>.
Il est entraîneur-joueur jusqu'en [[1965]] puis entraîneur jusqu'en [[1977]] <ref name="mir"></ref>.


En 1970, il se retire dans la station thermale de Balaruc-les-Bains (Hérault) pour soigner son arthrose.
En 1970, il se retire dans la station thermale de Balaruc-les-Bains (Hérault) pour soigner son arthrose.
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Bilan en bleu (1945-1949) : 15 matchs amicaux, 7 victoires, 1 match nul, 7 défaites<ref>[http://www.fff.fr/servfff/historique/historique_new.php?cherche_joueur=VAAST&submit=go Notice d'Ernest Vaast] sur ''fff.fr'', le site de la Fédération française de football, consulté le 11 avril 2011. Les rencontres non officielles ne sont pas comptabilisées.</ref>.
Bilan en bleu (1945-1949) : 15 matchs amicaux, 7 victoires, 1 match nul, 7 défaites <ref>[http://www.fff.fr/servfff/historique/historique_new.php?cherche_joueur=VAAST&submit=go Notice d'Ernest Vaast] sur ''fff.fr'', le site de la Fédération française de football, consulté le 11 avril 2011. Les rencontres non officielles ne sont pas comptabilisées.</ref>.


== Notes et références ==
== Notes et références ==
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*[http://www.miroirdufootball.com/article.php?a_id=165 Interview] sur ''miroirdufootball.com''.
*[http://www.miroirdufootball.com/article.php?a_id=165 Interview] sur ''miroirdufootball.com''.


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Version du 26 janvier 2019 à 19:57

Ernest Vaast, né à Paris le 28 octobre 1922, mort à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) le 10 avril 2011, est une personnalité de la Manche, footballeur puis entraîneur de son état.

Il évolue au poste d'ailier gauche.

En 2000, il fait partie de la liste des 100 meilleurs joueurs français de tous les temps élaborée par le magazine spécialisé France Football.

Les débuts

Ernest Vaast découvre le football à Gennevilliers (Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine) en jouant dans la rue. Il est minime à l'USA Clichy puis joue dans les catégories de jeunes au FC Levallois, club dans lequel il reste sept ans [1].

Il explique comment s'est effectuée sa formation : « Jusqu'à l'âge de 15 ans et plus, alors que je jouais déjà au FC Levallois, je frappais tous les jours avec force, inlassablement, du droit, du gauche, des balles de tennis contre un mur, afin d'acquérir une technique des deux pieds. Des tournois de sixte aussi, qui duraient toute la journée. C'est un très bon exercice pour apprendre à se démarquer [1]. »

Le Racing club de France

Il passe au Racing club de France en juillet 1942, dans un premier temps en tant qu'amateur[1]. Pendant la guerre, il évite le STO grâce à l'intervention du Racing club de France qui lui trouve un poste de professeur d'éducation physique au lycée Louis-le-Grand à Paris [1]. Les compétitions sportives ne sont pas organisées de manière traditionnelle pendant la Seconde Guerre mondiale. Vaast participe tout de même au championnat de France professionnel 1943-1944 mis sur pied par les autorités de Vichy au sein de l'Équipe fédérale Paris-Capitale. L'équipe termine 3e - se battant jusqu'à la dernière journée pour le titre - et atteint les quarts de finale de la Coupe de France.

En 1944, il poursuit sa carrière dans le grand Racing club de Paris où il effectue une grande partie de sa carrière de joueur (1944-1949 puis 1950-1951). Il remporte avec le club parisien deux Coupes de France (1945 et 1949) [2]. Le Racing, connu pour son jeu en mouvement, le tourbillon [1], bat Lille OSC en finale à deux reprises : 3-0 en 1945 et 5-2 en 1949 avec un but de Vaast. Le LOSC est alors la terreur des terrains français avec à son palmarès trois Coupes de France (1946, 1947 et 1948), un championnat de France en 1946 et quatre titres de vice-champion de 1948 à 1951 [3].

Ernest Vaast est un footballeur apprécié du public. Un journaliste écrit : « Tempérament + puissance + buts = Vaast[1]. »

Ses qualités font qu'il est appelé à défendre les couleurs de l'équipe de France. Il a à son actif 15 sélections au cours desquelles il inscrit la bagatelle de 11 buts. Il est le premier Français à avoir marqué à Wembley, l'antre londonienne de l'équipe d'Angleterre, le 26 mai 1945 [2].

En bleu, il joue avec Fred Aston, André Simonyi (futur entraîneur de l'AS Cherbourg), son ami André Grillon (futur entraîneur du Stade Malherbe Caen), le buteur rennais Jean Grumelon et surtout avec Larbi Ben Barek avec qui il forme l'attaque de l'équipe de France.

L'affaire suisse

En fin de saison 1948, Ernest Vaast est gravement blessé au bas-ventre par un joueur amateur au cours d'un match amical. Il est écarté des terrains plusieurs mois, doit renoncer à deux sélections en équipe de France et observer une convalescence en Haute-Savoie. Il rencontre deux internationaux suisses propriétaires d'un salon de thé qui lui proposent d'en devenir le gérant. Il accepte la proposition et, pour continuer le football, joue deux matchs amicaux avec le Servette Genève. Le Racing club de Paris y voit un complot du club suisse et relaye l'affaire dans la presse : « Vaast part en Suisse alors qu'il est sous contrat jusqu'à 35 ans. » À cette époque, les droits des footballeurs n'étaient pas ceux d'aujourd'hui et, sans le savoir, Ernest Vaast avait signé en 1942 un contrat de 15 ans avec le Racing [1] !

Le Racing met la pression sur la Fédération française de football qui suspend le joueur à vie. Cette suspension est étendue par la FIFA (Fédération internationale de football association). Ernest Vaast perd également son travail de cafetier [1].

Cette affaire marque la fin de la carrière internationale d'Ernest Vaast. Il ne sera plus jamais sélectionné en équipe de France après l'escapade suisse. Parallèlement, le joueur souffre de blessures à répétition. Une arthrose des hanches est diagnostiquée [1].

Il est crédité du titre de champion de Suisse pour la saison 1949-1950 sous les couleurs du Servette FC [2].

En 1950, il essaie de rentrer en France et espère se faire requalifier. Convoqué au siège de la Ligue professionnelle de football, son cas est réétudié. Le président Jules Rimet déclare qu'« on ne peut pas éliminer un tel joueur ». La suspension est alors ramenée à deux matchs amicaux et le Racing récupère son joueur [1].

Cette histoire est à l'origine de la création de l'Union des footballeurs professionnels (1961, par Eugène N'Jo Léa et Just Fontaine) et du contrat à temps (1965) tant voulu par les footballeurs [1].

Ernest Vaast est souvent connu pour être le premier joueur français à avoir joué à l'étranger. Il s'agit en réalité du second, le premier étant son coéquipier du Racing, le buteur Émile Bongiorni, parti pour le Torino (Italie) et tué dans un accident d'avion en 1949 [1].

Le retour en France

Après une saison et demie sous les couleurs du Racing, il quitte Paris en 1951 pour le Stade rennais. Il y joue deux saisons (48 matchs, 9 buts).

Il retrouve la région parisienne en 1953 en rejoignant le Red Star, qui évolue alors en Division 2. Il est victime d'une rupture du talon d'achille début 1954 et met un terme à sa carrière de joueur de haut niveau [1].

Il se reconvertit comme entraîneur, seule reconversion possible à ses yeux. Il passe le brevet d'entraîneur de joueurs professionnels mais termine 6e sur 400. Puisque seuls les cinq premiers obtiennent ce privilège, il n'entraînera que des équipes amateures [1].

La carrière d'entraîneur

Le Réveil de Bressuire (Deux-Sèvres) offre à Ernest Vaast sa première expérience d'entraîneur. Il reste deux saisons dans le club.

En 1956, il prend les rênes de l'AS Cherbourg en tant qu'entraîneur-joueur. Dès sa première saison, il remporte le championnat de Normandie de division d'honneur et fait accéder le club, pour la deuxième fois de son histoire, au championnat de France amateur (CFA). Il emmène également le club en seizièmes de finale de la Coupe de France lors de la saison 1957-58. Il reste trois saisons à l'AS Cherbourg, jusqu'en 1959.

Il est entraîneur-joueur jusqu'en 1965 puis entraîneur jusqu'en 1977 [1].

En 1970, il se retire dans la station thermale de Balaruc-les-Bains (Hérault) pour soigner son arthrose.

Liste des matchs joués avec l'équipe de France

Date Lieu Match Score Buts [4]
8 avril 1945 La Pontaise, Lausanne Suisse-France 1-0
26 mai 1945 Wembley, Londres Angleterre-France 2-2 *
6 décembre 1945 Prater, Vienne Autriche-France 4-1
15 décembre 1945 Molenbeek, Bruxelles Belgique-France 2-1
7 avril 1946 Colombes France-Tchécoslovaquie 3-0
14 avril 1946 Estádio Nacional, Lisbonne Portugal-France 2-1 *
5 mai 1946 Colombes France-Autriche 3-1 *
19 mai 1946 Colombes France-Angleterre 2-1 *
3 mai 1947 Highbury, Londres Angleterre-France 3-0
26 mai 1947 Colombes France-Pays-Bas 4-0
1er juin 1947 Colombes France-Belgique 4-2 **
8 juin 1947 La Pontaise, Lausanne Suisse-France 1-2
23 novembre 1947 Estádio Nacional, Lisbonne Portugal-France 2-4 ***
4 avril 1948 Colombes France-Italie 1-3
19 juin 1949 Colombes France-Espagne 1-5

Bilan en bleu (1945-1949) : 15 matchs amicaux, 7 victoires, 1 match nul, 7 défaites [5].

Notes et références

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 1,11 1,12 1,13 et 1,14 Interview d'Ernest Vaast, miroirdufootball.com, consultée le 11 avril 2011.
  2. 2,0 2,1 et 2,2 « Ernest Vaast est décédé », lequipe.fr, 11 avril 2011.
  3. Palmarès du championnat de France et Palmarès de la Coupe de France, lequipe.fr.
  4. Le site de la Fédération française de football annonce 11 buts mais nous n'en comptons que 9 en regardant les fiches de matchs dans le détail.
  5. Notice d'Ernest Vaast sur fff.fr, le site de la Fédération française de football, consulté le 11 avril 2011. Les rencontres non officielles ne sont pas comptabilisées.

Lien externe