Jean-Louis Asselin de Cherville

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Jean-Louis Asselin de Cherville, né à Cherbourg le 10 juillet 1772, mort au Caire (Égypte) le 25 juin 1822 , est un érudit spécialiste de l'Orient.

Il suit ses études, d'abord à Cherbourg, puis à Valognes [1]. Il se destine alors à la prêtrise et reçoit la tonsure en 1792 [1]. Enrôlé en 1793, il est nommé à l'École normale, avant de rejoindre en 1795 le ministère du Trésor public comme commis [1].

À partir de 1802, il se consacre entièrement à l'étude les langues orientales [1]. Il est élève de Silvestre de Sacy [2].

En rupture avec sa famille, il part en 1806 pour le Caire (Égypte) comme deuxième drogman au consulat de France et vice-consul au Caire (Égypte) [3], puis en 1816 à Alexandrie [4].

Il est un « agent appliqué dans ses fonctions de chancelier à l'égard des nationaux et de drogman dans les rapports entre le consulat et Méhémet Ali pacha, au surplus d'esprit ouvert, ne s'enfermant pas dans son bureau, mais voyant au-delà, et du Caire, ce carrefour des peuples, cherchant à se créer des relations dans l'oasis de Siouan, en Syrie et jusque dans l'Inde lointaine. » [3].

Il passe aussi beaucoup de temps à collecter des manuscrits orientaux originaux, notamment des feuilles du Coran en caractères cubiques sur peau de gazelle, datant des premiers siècles de l'Islamisme [3]. Au total, il réunit plus de 1 500 manuscrits dans tous les genres de la littérature orientale, constituant la collection « la plus complète que jamais particulier ait possédée » [3].

Il dit lui-même : « J'ai regardé l'Égypte comme le centre où je devais étudier les dialectes qu'on parle actuellement dans les différentes contrées arrosées par le Nil, depuis ses sources jusqu'à ses embouchures et dans les vastes déserts qui l'environnent de tous côtés. » [3].

Il voyage dans tout l’Orient, dont il est l'un des meilleurs connaisseurs de son temps. Il participe à la découverte des langues de l'Abyssinie [4]. Il est nommé membre de l'Institut de France [4].

Il est mis à la retraite le 31 décembre 1821 [1].

Il meurt au Caire en 1822, à 49 ans, sans pouvoir mener toutes ses recherches à leur terme.

Sa bibliothèque de manuscrits arrive à Marseille (Bouches-du-Rhône) en 1825, trois ans après sa mort [2]. Ses héritiers la vende en 1833 à la Bibliothèque royale à Paris [2].

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Victor Le Sens, « Jean-Louis Asselin de Cherville », Almanach de la Manche, vol. 17, 1845 (lire en ligne).
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 François Déroche, La Transmission écrites du Coran dans les débuts de l'islam, éd. Brill, 2009 (lire en ligne).
  3. 3,0, 3,1, 3,2, 3,3 et 3,4 Henri Dehérain, « Asselin de Cherville, drogman du consulat de France en Égypte et orientaliste », Journal des savants, vol. 14, n° 4, 1916, p. 176-187 (lire en ligne).
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 Alain Messaoudi, « Asselin de Cherville », Dictionnaire des orientalistes de langue française, éd. Karthala, 2008 (lire en ligne).

Lien externe