Affaire Serge Le Petit (1969)

De Wikimanche

Serge Le Petit.

L'affaire Serge Le Petit est une affaire criminelle de la Manche.

Serge Lepetit, né le 18 novembre 1952 à Vannes (Morbihan), domicilié chez ses parents avenue Delaville à Cherbourg, est élève en 1re C au lycée de Cherbourg. Le dimanche 2 novembre 1969, des pêcheurs de crevettes de retour de la plage le découvrent mort sur un sentier entre Landemer et le Castel Vendon, vêtu d'un blazer bleu marine, d'un pantalon clair, de chaussures noires[1].

La théorie de l'accident ou du suicide ne tient pas plus de 48 heures. L'autopsie révèle que la mort est due à une balle de pistolet de petit calibre tirée à bout portant derrière la nuque dans la nuit précédente[1]. Ni le projectile ni la douille ne sont retrouvés près du corps mais le lieu apparaît bien être le lieu du crime[2]. On retrouve en revanche un passeport, trois cigares hollandais, des clefs, des tennis, un sandwich et une banane, près de 240 francs, un passeport, un imperméable clair, une lampe-torche, un plan de Paris, un appareil photo Fokina Flex, un autre appareil miniature Minox, un carnet de contrôle des changes[1].

L'enquête, mené par M. Gras, juge d'instruction à Cherbourg[2], dresse un portrait d'un lycéen moyen, taciturne et secret mais apprécié, passionné par la photographie[1]. Le jour de son décès, alors qu'il est seul dans l'appartement familial, il écrit une lettre à ses parents leur indiquant qu'il part plusieurs années à l'étranger où il aura de l'argent, fait sa valise qu'il laisse sur place, reçoit une femme blonde, dîne seul deux à trois heures avant son meurtre[1].

Il aurait pu se rendre à Landemer pour s'embarquer clandestinement à bord d'un yacht ou d'une barque de pêche, pour rencontrer un passeur, mais aucun indice ne permet de privilégier une piste[2]. De même, le mystère reste entier sur les raisons du meurtre. Le voyage (scolaire) du jeune homme un an auparavant en URSS et sa passion pour la photographie, alliés à l'ouverture de l'usine d'extraction de plutonium de la Hague, où travaille le père de la victime comme technicien supérieur du Commissariat à l'énergie atomique, à la forte présence militaire et nucléaire dans la région (école atomique, arsenal de sous-marins à propulsion nucléaire...), ont aussitôt inspiré les soupçons d'espionnage, quoique écartés par la justice[2].

Dans ses affaires personnelles, on retrouve la mention régulière du prénom, Marina, ce qui alimente l'idée d'un crime passionnel. On pense aussi à un crime gratuit ou à un crime crapuleux lié à un chantage, à une affaire de proxénètes ou à ce qu'il n'aurait pas dû voir[1].

Malgré les investigations, le mobile et l'arme du crime restent introuvables. Les indices contradictoires n'aident pas à percer la personnalité complexe du lycéen, même si les enquêteurs parviennent à identifier Marina, jeune Russe rencontrée à Leningrad l'année précédente. L'énigme n'a pas trouvé de réponse[3].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 « L'amoureux de Marina », Le Nouvel observateur, 24 novembre 1969.
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 René Moirand, « Toutes les hypothèses sont envisagées sauf celle de l'espionnage », Le Monde, 7 novembre 1969.
  3. « 1969 », 120 ans en Cotentin, La Presse de la Manche, hors série, novembre 2009.

Voir aussi